Spécial Epargne/Seniors et dépendance: Six questions à Philippe Marini, président de la Commission des finances du Sénat

Publié le 28 mai 2012 par Jean Yves Ruaux.

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Président de la commission des finances du Sénat depuis 2011, le sénateur-maire de Compiègne, Philippe Marini, a auparavant (2008) présidé une mission commune d'information sur la dépendance et la mise en place éventuelle d'un « cinquième risque ». Un point qui peut remettre en question l'affectation actuelle de l'épargne des seniors.

Le travail que vous aviez mené visait à créer un cinquième risque. Qu’est ce qui motivait cette démarche ?
Elle résultait de la prise de conscience du fait que les « reste à charge » pour personnes dépendantes et familles deviennent bien souvent insupportables. La perte d’autonomie doit être organisée en tant que telle car elle représente une vrai risque social s’apparentant au risque maladie et au risque retraite-vieillesse. Elle tient des deux. Nous sommes partis d’une réflexion lancée par le président Sarkozy. Une mission commune d’information préfigurait le débat à venir sur le sujet et le rapport de la mission fait l’état de la question.

Quelles options aviez-vous retenues ?
Nous étions hostiles à la création d’une branche supplémentaire de la Sécurité sociale car une nouvelle cotisation aurait pesé sur le coût du travail. Elle aurait handicapé un peu plus la compétitivité des entreprises françaises. Nous avons donc fait le choix de l’assurance, d’une part, et du maintien d’un dispositif de solidarité d’autre part.

Vous aviez aussi envisagé la création de nouvelles ressources publiques !
Pour que le dispositif soit viable, il fallait des ressources supplémentaires. Nous avions pensé à une seconde journée de solidarité et à un recours sur les successions, ce à quoi les socialistes sont hostiles.

Cela suffisait-il ?
Il fallait que les Francais se préparent à ce risque et le fassent en même temps qu’ils épargnent pour leur retraite, avec le PERP ou le PERCO dont l’intérêt est progressivement reconnu. Pour y parvenir, il fallait une dose d’incitation fiscale.

C’était pour vous un cercle vertueux ?
Oui, parce que cet argent aurait été investi à long terme, à travers des fonds spécialisés, dans les entreprises qui en ont besoin pour se développer. Elles peinent parfois à se financer. En fonction des normes européennes et de leur règles prudentielles moins contraignantes, ces fonds leur auraient été plus aisément accessibles que par le système classique des banques.

Pourquoi inciter les Français à épargner pour la dépendance ?
Beaucoup de choses sont faites par les départements. Ils assurent les deux-tiers des financements de la dépendance hors assurance maladie mais ce n’est pas suffisant. Les financements évoluent mais moins vite que les besoins qui croissent rapidement. Il n’y a pas de solution miracle. Il faut donc associer plusieurs méthodes, y compris la solidarité intergénérationnelle pour parvenir à un résultat satisfaisant.

 

 

 

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