Spécial Seniors et technologies/Internet, portables, tablettes…les seniors en cours de rattrapage

Publié le 28 janvier 2013 par Jean Yves Ruaux.

L'ordinateur est un média intergénérationnel que les seniors, même les plus âgés, aiment à s'approprier, telle la gamme Ordissimo
Les seniors ne boudent pas le net, ni les ordinateurs qui permettent d'échanger avec les enfants qui demeurent parfois à l'autre bout de la planète. Ils ne l'ont pas toujours connu au travail et sont en voie de rattrapage. Mais, les seniors lettrés, les visiteurs des sites dédiés sont aussi des seniors branchés. La preuve avec NotreTemps.com

L'ordinateur est un média intergénérationnel que les seniors, même les plus âgés, aiment à s'approprier, telle la gamme Ordissimo

« Ma fille est charmante, je vais garder sa petite Mona mercredi. Mais, ce ne sera pas tous les mercredis. »
Avant de l’éteindre, Gabrielle rentre soigneusement sa prochaine séance de baby-sitting dans l’agenda de son smartphone. C’est avec un vrai plaisir qu’elle évoque son expérience des nouvelles technologies.Cette brune élégante coiffée à la Louise Brooks a 61 ans. Elle connaît les atouts de sa séduction et les usages de la modernité. Comme 84% des 50-64 ans (Simm-TGI-Kantar Média) elle possède un ordinateur. Elle a un fixe comme 66% des boomers, mais aussi un portable comme 51% d’entre eux.

34% de portables en plus chez les boomers en trois ans
Mais elle est un peu une pionnière aussi. Comme 10% de la population française, et un peu moins de seniors, elle possède aussi une tablette. « Téléphone, tablette, ordinateur portable, ordinateur fixe, télévision…Ma maison est désormais une maison à cinq écrans, six même puisque j’ai deux télévisions, une pour Jacques, une pour moi ».
Bref, cette comptable, qui prendra sa retraite dans un mois est une technophile.
Elle s’arrêtera dès que la « charrette » du début d’année sera achevée dans le cabinet dont elle seconde le patron depuis trente ans.
Elle-même avait débuté des études de sciences économiques, puis les enfants sont venus et elle a renoncé à achever son diplôme. Mais sans regret, car elle continuera encore à travailler pendant deux ou trois ans à raison de trois jours par semaine. « Je préfère décélérer plutôt que d’arrêter d’un coup brusque. Je ne me vois pas non plus changer de train de vie. »
L’écran plasma qui trône dans le vaste salon traduit le désir partagé par l’essentiel des boomers de ne pas se laisser dépasser, ni par la technologie, ni par le plaisir de consommer à sa guise.
Aujourd’hui, les 50+ continuent leur rattrapage en éléments technologiques. On a enregistré une progression de 34% en trois ans de leur taux de possession d’ordinateurs portables. 80% des 50-64 ans sont aussi des internautes, quasiment à égalité avec leurs cadets (moyenne nationale 82%).

Du temps, des moyens, de l’appétit !
Les études américaines le montrent : les boomers prenant leur retraite sont une bénédiction pour les industries des nouvelles technologies. Ils ont du temps, des moyens et l’appétit de la découverte. Gabrielle gardera donc Mona mercredi, mais elle n’oubliera pas d’emporter son portable afin de pouvoir travailler pendant la sieste de son unique petite-fille. Obsédée par le travail et la technique ? « Je ne cacherai pas que j’aime les chiffres. Quand j’ai commencé, il y a presque quarante ans, il n’était pas question de logiciel ; on s’y est mis et on y a trouvé un certain confort de travail. Donc, je crois que je ne pourrai plus me passer notamment d’Internet et évidemment pas de gérer mes comptes ou mes voyages en ligne. Mon beau-frère est pire !»lâche-t-elle en souriant.
Justement, son beau-frère, Henri, 64 ans, a créé sa société depuis que la télévision locale où il avait oeuvré durant une vingtaine d’années a réduit la voilure. Aujourd’hui, il anime des conventions professionnelles et réalise des films d’entreprise. Technophile ? « Le mot n’a pas beaucoup de sens pour moi puisque j’ai avancé avec les techniques. En radio, j’ai connu l’analogique puis le numérique. Et après avoir collé des films à la table de montage, je me suis initié au montage virtuel. »

98% de possesseurs d’ordinateurs parmi les internautes de Notretemps.com !
Difficile de séparer dans son usage des technologies ce qui relève du professionnel et du plaisir personnel. Il est clair en revanche que cet ancien séminariste qui a conservé son attachement à La Croix répond au profil des « early adopters » en matière de techniques. Il reçoit l’édition papier du journal, mais il aime aussi pouvoir prendre connaissance de l’actualité quelles que soient les circonstances sur son Ipad. « Ca ne se plie pas mais ça prend moins de place qu’un journal lorsque je suis en déplacement. En plus, je peux me documenter sur un sujet ou consulter ma situation bancaire au moment où j’en ai besoin. » Comme le public de Notretemps.com (98% de possesseurs d’ordinateurs) ou celui de La Croix.com (90% de mobiles), il a un usage des écrans biens supérieur à la moyenne nationale (84%). Dans les deux cas, il s’agit de publics éduqués, disposant de revenus disponibles importants et qui affichent des appétits d’innovation qui reflètent des envies plutôt qu’un âge défini. Quand on aime, on compte moins !

Un septuagénaire sur deux sur le net !
Quoiqu’il en soit, il faut ranger dans la bonnetière l’image de la grand-mère tricotant à la chaîne des cardigans pour ses gendres et des écharpes pour leurs petits-enfants. A 77 ans, Françoise, qui a d’abord été psychologue avant de devenir kinésithérapeute, consacre plus de temps aux expositions des grands musées et à la bourse qu’à faire tapisserie. «Ca ne se dit pas en France, mais j’aime l’argent. Je n’en ai pas beaucoup mais j’adore suivre les cours, vendre, acheter. Alors, la tablette m’a changé la vie car je peux même la glisser dans mon sac lorsque je vais chez une amie. » Les 50-65 ans sont aujourd’hui quasiment au niveau de la population française en matière d’équipement. Mais, les 65+ effectuent leur rattrapage à grande vitesse. En trois ans, leur taux de possession d’ordinateurs portables a bondi de 48%. Désormais, 7 sur 10 d’entre eux ont un téléphone mobile (+13%) et plus d’un sur deux est devenu un internaute (+31%).
« Mais je ne me vois pas ouvrir une page Facebook ou raconter des petites bêtises sur Tweeter », assène Françoise. En fait, c’est l’éloignement de ses enfants et petits-enfants qui l’a plongée avec délices dans l’univers des écrans. « Je n’avais pas l’intention de me laisser dépasser donc je m’y suis mise. En plus, mon Gérard, mon fils, avait besoin de moi pour relire ses textes. » Gérard travaille pour l’édition en indépendant. Il écrit des recettes de cuisine et des reportages touristiques pour le web et pour la presse écrite. Des livres aussi, parfois, que Françoise corrige avec gourmandise.Sur son écran !

 

 

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