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"Dites Ouïe !" ou comment dédramatiser la malentendance

Mis en ligne le 14/04/2008

Un comédien tente de cacher son appareil auditif avec un chapeau. Il aborde ainsi la question de l'équipement et de son acceptation.

Alors que la malentendance concerne près de cinq millions de personnes en France, le groupe Médéric et la troupe Etincelle-Théâtre proposent une pièce interactive, "Dites Ouïe !", pour s'informer, apprendre à diagnostiquer les symptômes apparents, consulter un spécialiste, ou apprendre à vivre avec ses problèmes d'audition.

Médéric, l'un des premiers acteurs de la protection sociale complémentaire en France, poursuit son engagement, dans la prévention des problèmes liés à la malentendance. Fidèle à son action sociale de proximité, c'est avec la troupe Etincelle-Théâtre que le groupe a choisi de mettre en place une rencontre avec ses retraités pour aborder la malentendance. Elle avait, l'année dernière, choisie de traiter la maladie d'Alzheimer.
Fondée en 1998 par Karim Houfaïd, Etincelle-Théâtre a l'habitude d'accompagner des structures dans des démarches sociales et de prévention sous forme de théâtre-forum. Ce concept original permet d'aborder toutes sortes de problèmes à travers la représentation de situations où le public a son mot à dire.

Un public à la fois spectateur, acteur et metteur en scène
Une quarantaine de retraités Médéric, munis ou non d'appareils auditifs, a fait le déplacement le lundi 7 avril, à Aubervilliers, pour participer à la représentation de "Dites Ouïe !" Sous l'œil attentif du docteur Dejardin, gériatre, Catherine Faudemay, déléguée action sociale et deux autres représentantes du groupe Médéric, le spectacle, fil conducteur de la rencontre, a laissé peu à peu place au débat, comme le prévoit le concept du théâtre-forum.
En effet, le concept laisse le soin aux comédiens de développer des petites scènes du quotidien. Mais celles-ci peuvent être interrompues à tout moment par les spectateurs. "Chaque scène se termine mal. C'est à vous de faire en sorte qu'elle se finisse bien", explique Karim Houfaïd, animateur de la rencontre.
Première scène. "Florence se rend dans un club au cours de java-tango. Lorsque les gens lui parlent, elle répond complètement à côté : de même lorsque David le pianiste se met gentiment à la courtiser, il reçoit une grande claque en retour. Le quiproquo continue lorsqu'il la retrouve à l'extérieur jusqu'au moment où il évoque son problème de handicap auditif : Florence le prend mal et lui répond qu'elle est en parfaite santé."
Comment convaincre en effet une personne de consulter ? Un spectateur s'y essaie, puis un second. Mais attention, Florence est susceptible... Elle accepte finalement d'aller voir un médecin.
Le docteur Dejardin entre alors en scène et explique dans une première intervention que les troubles auditifs ne peuvent pas être dépistés sans une consultation chez un spécialiste. Les premiers symptômes ne sont en effet pas toujours perceptibles, et peuvent être dus à plusieurs causes, comme un simple bouchon de cérumen, ou plus grave, la destruction des cellules de l'oreille, de façon irréversible. Les problèmes d'audition restent un sujet très tabou et difficile à faire admettre. Mais le dialogue apparaît bien être la meilleure solution : "Il faut se mettre en face de la personne, l'interpeller, parler avec son corps", conseille-t-il.

Scènes pour rire et scènes de colère
Mais dédramatiser, c'est aussi utiliser la caricature pour souligner certains comportements : le rejet du malentendant par son entourage, l'isolement de celui-ci ou son refus d'admettre ses troubles auditifs.
Deuxième scène. "Elisabeth est envoyée par son médecin généraliste chez un spécialiste ORL qui lui fait passer des tests auditifs. A la demande de celui-ci, elle se rend chez un audioprothésiste qui lui place un appareil auditif."
La scène est alors interrompue par l'annonce de la facture. Le public réagit promptement : pourquoi les appareils auditifs sont-ils si chers ?
Un appareil peut en effet coûter plus de 1 500€, et souvent, il faut en essayer plusieurs avant de trouver celui qui nous convient : les sons ne sont plus entendus de la même manière, et il faut réhabituer le cerveau à filtrer certains bruits parasites, comme les battements du cœur ou le bruit de ses pas. Pas facile... Pas facile non plus d'en parler à son entourage et pourtant mieux vivre avec sa malentendance pourrait améliorer la vie, comme l'a montré le public...
Le groupe Médéric, au vu du succès de cette représentation, a pour projet de proposer d'autres dates à ses retraités, partout en France.

Contact presse :
Odile Leblanc
01 56 03 42 48
oleblanc@mederic.fr

Patrick Idoux

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