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France
Grand âge : Penser autrement l'habitat
Des logements adaptés pour des personnes âgées en meilleure santé
Mis en ligne le 24/11/2009
A l'occasion du 92 ème congrès des maires, une conférence sur le thème "Grand âge : Penser autrement l'habitat" s'est tenue mardi 17 novembre. Les intervenants ont ainsi mis en évidence l'importance du lien qui existe entre vieillesse et habitat.
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Sommaire de l'article
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Bien vieillir, c'est habiter dans une maison qui n'est pas dangereuse, où l'on est proche d'autres personnes, des commerces de proximité et d'au moins un établissement de soins. Pour les intervenants réunis à la conférence, le logement fait partie intégrante du bien vieillir, il s'agit maintenant de réfléchir à son amélioration. L'habitat, partie intégrante de l'intime Mme Muriel Boulmier est venue évoquer sa mission au sein du groupe de travail "Evolutions démographiques et vieillissement" de la fédération européenne du logement social. Après avoir interrogé plus de 90 personnes, elle en est venue à la conclusion qu'habitat et vieillissement font l'un et l'autre partie de l'intime. "Au cours de ces entretiens, seulement deux personnes n'ont pas abordé la sphère de l'intime en parlant de leur habitat", précise la directrice générale du groupe Ciliopée. Ce groupement a pour but de favoriser l'accès au logement au plus grand nombre. Deux tendances se sont ainsi dégagées des recherches que son groupe a effectué : 1. Une tendance démographique claire que les gouvernements font mine d'ignorer. 2. L'apparition d'un âge intermédiaire qui contraste avec les trois âges définis par le pacte social de 1945 : l'enfance, l'âge adulte et la vieillesse. "Aujourd'hui, l'âge moyen d'entrée en activité est de 22 ans, l'âge de sortie est de 58 ans, on constate donc clairement que la période d'inactivité peut être égale à la période d'activité." L'habitat est donc devenu un problème central du vieillissement de la population. La spécialiste évoque ainsi la question d'un habitat dédié qui reste difficilement envisageable. "La construction d'habitats neufs en nombre suffisant est quasiment impossible, il faut se tourner vers d'autres solutions." Deux autres moyens sont donc envisagés mais difficilement réalisables à grandes échelles : - L'habitat intergénérationnel qui consiste à faire habiter jeunes et vieux sous le même toit. Les personnes âgées étant rassurées par les plus jeunes et les plus jeunes bénéficiant de logement à moindre coût.
- L'habitat communautaire où les personnes âgées se regroupent afin de veiller les unes sur les autres.
Des exemples porteurs d'espoir Il y a beaucoup d'effervescence dans le secteur de l'habitat senior. De nombreux projets favorisent ainsi le logements intergénérationnels et sont adaptés aux besoins des personnes âgées. Benjamin Brillaud, chargé de mission pour l'Agence de développement et d'urbanisme de l'aire urbaine nancéenne (Aduan) a ainsi évoqué un exemple d'espace péri-urbain réaménagé. A Pulnoy, une petite ville proche de Nancy, un effort de la commune a été fait pour développer l'intergénération. La maison de retraite située au cœur du quartier est ainsi ouverte à toute la population. Une salle municipale y est accolée et peut aussi s'ouvrir sur l'Ephad. Une crèche a aussi été implantée de l'autre côté de la maison de retraite favorisant le contact entre enfants et personnes âgées. De la même façon, les logements sociaux côtoient les maisons individuelles, les pavillons adaptés aux personnes âgées et les résidences services. Les impasses ont été privilégiées pour favoriser la circulation piétonne ou à vélo. Des commerces de proximité ont aussi été implantés afin d'en favoriser l'accès à tous. Autour de Nancy, se sont ainsi près de trois communes qui, comme Pulnoy, ont mis en place des quartiers intergénérationnels. Pour Benjamin Brillaud, "les quartiers intergénérationnels sont les précurseurs des éco-quartiers de demain," à chaque fois, une attention toute particulière est ainsi mise sur l'écologie. Des critères bien précis Pierre-Marie Chapon, chargé de recherche médico-sociale, est revenu sur les principaux critères d'attribution du prix "Vivre ensemble, aujourd'hui et demain" organisé pas Age Village, la caisse des dépôts et Icade. Il rappelle que les questions sociales doivent être abordées dans une démarche de haute qualité du vieillissement. Ont été importants dans l'attribution de ces prix : - La dimension intergénérationnelle et de mixité sociale des territoires.
- Les critères d'implantation qui doivent être centraux. "Dans l'école du nouvel urbanisme, l'idée est que les habitations ne sont jamais éloignées de plus de 500 m des commerces de proximité," précise t-il.
- La question du lien social avec la possibilité de réciprocité. Les jeunes rendent services aux plus âgées et réciproquement. Pierre-Marie Chapon cite ainsi l'exemple des gestionnaires, animateurs, sorte de supers concierges qui, dans un immeuble peuvent rendre service à toutes les classes d'âge.
- Le respect des normes environnementales qui respectent les générations futures.
Mathilde Fenestraz
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