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Etats-Unis
Développer les transports dédiés seniors pour favoriser le maintien à domicile
Mis en ligne le 05/01/2010
Avec le vieillissement de la population, les Etats se retrouvent face à une question épineuse. Faut-il ou non interdire aux personnes âgées de conduire après un certain âge ? La législation n'est cependant pas la seule solution. Des services adaptés aux besoins des personnes âgées pourraient parfaitement répondre à ce besoin. Un marché à prendre ?
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Sommaire de l'article
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Depuis 60 ans, Mary Schaaf possède un permis de conduire. Aujourd'hui, à 86 ans, elle estime qu'elle n'a jamais autant utilisé sa voiture car ses amis ne conduisent plus. Un par un, ils ont ainsi rendu leurs clés de voiture à cause de la diminution de leur vue, de leurs réflexes ou de leurs rhumatismes. Une génération banlieue qui vieillit et se sent coincée C'est ainsi au tour de la génération qui a donné naissance aux banlieues d'atteindre l'âge auquel, pour beaucoup, il devient difficile de conduire. A mesure que la population vieillit, la banlieue perd ses atouts. Habiter loin de toutes commodités devient même un handicap. Pour Stewart Schwartz, directeur d'une association pour un meilleur développement urbain, "ce problème est très préoccupant, il faut y réfléchir très sérieusement. Il n'y a même plus de passages piétons dans les banlieues, les personnes âgées ne peuvent plus se promener. Elles deviennent alors complètement dépendantes de leurs proches." Ce problème est d'autant plus préoccupant que les banlieues sont des lieux où se concentrent les personnes âgées. En 2009, 69% des personnes âgées de 65 ans et plus vivaient dans des banlieues. D'autant plus qu'elles ne prévoient pas d'en partir. Selon une étude menée par l'Aarp, 85% des personnes âgées de plus de 50 ans habitant en banlieue prévoient d'y rester le plus longtemps possible. Néanmoins, il ne s'agit pas pour ces habitants de conduire comme avant. La moitié des plus de 75 ans affirment éviter de conduire la nuit ou par mauvais temps et 40% restent chez eux en cas de fort trafic. Jeunes, vieux : le plus fort taux d'accidents Aux Etats-Unis, dans de nombreux Etats, le gouvernement a mis en place certaines mesures visant à limiter la conduite des personnes âgées handicapées. A partir de 40 ans, dans l'Etat du Maryland, un examen des yeux est demandé pour chaque renouvellement de permis. En Virginie, c'est à partir de 80 ans que cet examen est demandé. Au Japon, une campagne de prévention a été lancée pour que les "gray drivers" abandonnent le volant passé un certain âge. Cette campagne de prévention avait ainsi été lancée après qu'en 2008, la mortalité des personnes âgées de 70 ans et plus ait augmenté de 30% en six ans. Pour John B. Townsend, porte-parole de l'association américaine d'automobile (AAA) : "Les seniors détiennent un des plus forts taux d'accident, ils sont juste derrière les jeunes conducteurs. On légifère pour les jeunes conducteurs et on ne fait rien pour les plus vieux, c'est absurde." Le spécialiste souligne aussi qu'il est parfois difficile pour les conducteurs âgés de se rendre compte de leurs difficultés. Ainsi, une enquête menée par le MIT Age Lab a prouvé que plus on vieillissait, plus on était confiant sur la route. Ainsi, les conducteurs âgés de 75 ans et plus sont deux fois plus enclins à affirmer qu'ils conduiront jusqu'à leurs 90 ans que ceux qui ont entre 65 et 74 ans. Le marché du transport de personnes âgées : un secteur à développer La meilleure des solutions reste encore de proposer des services de transport adaptés aux besoins des personnes âgées. Les résultats d'une étude menée par l'Aarp ont montré que les personnes âgées préféraient se déplacer dans des cars réservés plutôt que d'utiliser les transports publics. Sue Dollins, directrice de Senior Connexion confirme ces résultats : "Il est très difficile de monter dans un bus public avec un déambulateur et des sacs de course. Quant aux taxis, ils ne sont pas tous bien équipés. Les chauffeurs de taxi ne parlent pas tous anglais ou conduisent comme des brutes. Les personnes âgées ne sont souvent pas à l'aise." Pourtant, même lorsque tout est mis en œuvre pour faciliter les déplacements des seniors, certains ont encore du mal à laisser leurs clés de voiture. Sue Dollins précise : "Ils sont effrayés, même s'ils ne conduisent plus, la voiture reste le dernier bastion de leur indépendance." (The Washington Post, 30/12/2009 : "Older drivers face choice between safety and mobility")
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