Les centres naturistes américains ciblent aujourd'hui les "vingtenaires" et les trentenaires afin de renouveler leur clientèle. Car elle compte surtout des boomers et des seniors. La réalité de cette fréquentation replète diffère donc de façon notable de l'image de naïades et d'éphèbes, bronzés, minces, souriants et sportifs dont le physique attrayant sert d'argument publicitaire. Décalage normal car le naturisme yankee a largement recruté dans les cohortes des hippies et des jeunes étudiants des années soixante. Avec l'austère pruderie de leurs pères qui avaient libéré l'Europe du joug nazi, ils ont abandonné les cols amidonnés et leurs contraintes textiles pour un effeuillage estival. Reste que les centres ne voudraient pas devenir prisonniers d'une image vieillissante, ni d'un ghetto d'âge. Ils offrent donc des tarifs avantageux, des primes, des séjours gratuits et de bonnes raisons d'adhérer aux jeunes qui les rejoignent. Une forme de discrimination générationnelle positive. Les politiques de maintien des seniors au travail échoueront aussi longtemps qu'ils ne bénéficieront pas d'un principe semblable. Car il leur faut de bonnes raisons, autres que la menace de la diminution de leurs pensions pour accepter de poursuivre leur carrière alors que les dirigeants d'entreprise ne leur vouent pas un amour sans borne. Séduire les seniors pour les retenir à l'oeuvre servira d'apprentissage aux patrons de boîtes pour attirer les jeunes et les fidéliser. Car jeunes ou boomers, les talents vont manquer ; et les gestionnaires de ressources humaines imprévoyants, se retrouver à nu. Choquant, non ?
Abattement,
capitalisation, Préfon, répartition, taux de remplacement... ne
sont pas encore devenus des noms communs, mais des termes-clés,
pas toujours explicités, du débat sur la réforme des retraites
qui va animer la France et sa vie politique durant les six prochains
mois. En 70 mots, le lexique Seniorscopie des notions et des enjeux.