Seniorscopie.com, la lettre d'informations professionnelles de Notre Temps
Inscrivez-vous à la
Newsletter Seniorscopie:

Le dossier
Back Retour | Send  Envoyer à un ami | Print Imprimer cet article

David Anglaret (ministère du Travail)
Emploi des seniors : il y a du travail !

Mis en ligne le 19/12/2007

La France est un homme malade, intoxiqué aux préretraites et aux mesures éliminant précocement les seniors des circuits économiques ! David Anglaret, expert du ministère du Travail et de la Cohésion sociale, explique que le diagnostic pour remédier à cette maladie sénile de l'organisation sociale est parfaitement établi. Les remèdes - législatifs et autres - sont connus. On sait aussi que les "mesures-phares", telles le CDD senior, annoncé dans le plan Borloo, ont un caractère plus médiatique qu'effectif.

"La France est une personne malade, un toxico shooté aux préretraites qu'il faut aujourd'hui désintoxiquer", selon le professeur Serge Guérin (ESG, CNAM) qui animait le colloque. Justement, le statisticien, économiste et géographe, David Anglaret explique que le diagnostic a été effectué. Les institutions, telles que le Conseil d'orientation des retraites, des experts, tel Bernard Quintreau (président de section au Conseil économique et social), ont depuis longtemps posé leur diagnostic.

La faiblesse du taux officiel des seniors hors service est fallacieux
Les démographes précisent que la France connaît un manque à gagner de 800 000 talents sur la tranche des 55-64 ans pour que son taux d'emploi des seniors coïncide avec les directives européennes. Ils devraient être 3,25 millions. Ils ne sont que 2,4 millions. Et ne parlons pas de la situation suédoise où près de 70% de la tranche d'âge œuvrent toujours ! Ce qui pour la France porterait l'effectif à 4 millions.
On sait aussi très bien que la faiblesse du taux officiel des seniors hors service est fallacieux. Beaucoup bénéficient de préretraites publiques (100 000) ou de dispenses de recherche d'emploi (390 000). Le taux d'emploi féminin senior contrebalance un taux masculin désastreux. En effet, les femmes sont parfois contraintes à des reprises ou des prolongations de carrière afin de compenser leurs années d'absence du marché.

Un faible niveau de qualification ?
Au nombre des éléments diagnostiqués figure encore la mention du faible niveau de qualification initiale des seniors. Ajoutons qu'ils ont toujours peu accès à la formation.
Ainsi, l'on comprendra mieux pourquoi leurs candidatures ne peuvent être présentées sous le meilleur jour. Ainsi, battent-ils des records de chômage de longue durée.
La discrimination à l'embauche apparaît dès 47-48 ans. Les seniors représentent 5,9% des embauches, 15% des chômeurs, mais 23% de la population active. Tout est connu de la culture du départ anticipé en vigueur depuis les années 70 et les plans massifs de préretraite de la sidérurgie.
Reste aujourd'hui à agir sur l'ensemble des causes du sous-emploi des seniors.
Un arsenal législatif a été institué depuis la loi Fillon de 2003 et l'accord interprofessionnel de 2005. Mais son entrée dans les faits reste problématique. L'intérêt du plan emploi senior Borloo a été occulté par l'échec d'une mesure phare, "le CDD senior", qui a échoué. Mais la campagne de communication a fait connaître le problème du grand public, moins des entreprises qui seront ciblées par de nouvelles actions en 2008.

La France, à la traîne pour la pratique
La France, à la traîne pour la pratique, a pourtant été félicitée par l'OCDE pour son degré de connaissance du problème. Reste à convaincre salariés, patrons et syndicats du bien-fondé de la prolongation de carrière.
Des règles (gestion prévisionnelle de l'emploi, taxation des préretraites et des indemnités de mise à la retraite...) ont été instaurées pour rendre les départs précoces moins attractifs dans la gestion RH des entreprises.
Vingt-et-une actions, répondant à cinq objectifs, sont préconisées pour favoriser le maintien dans l'emploi, le retour à l'emploi, aménager les fins de carrière...Pourtant, il reste à donner une véritable efficience aux mesures positives comme les contrats de professionnalisation, le cumul emploi-retraite, la retraite progressive, le tutorat croisé.
Mais, est-ce possible sans une révolution des mentalités ?

Jean-Yves Ruaux

Back Retour

Haut de page  Retour en haut de page


Newsletter Envoyer cet article
Votre nom* :
Votre adresse e-mail* :
Adresse e-mail du destinataire* :
Votre message :
* = champs obligatoires