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Corée du Sud
Guerre de compétences et d'image entre dermatologues et esthéticiens sur les injections cutanées
Mis en ligne le 13/05/2008
Les dermatologues, unis à des associations de consommateurs, contestent l'autorisation donnée aux esthéticiens de réaliser certaines opérations de médecine esthétique. Ils soulignent les dangers de la formation insuffisante des esthéticiens et esthéticiennes pour le patient. Le développement du marché accroît l'offre de services et la tension entre les professionnels. Les dermatologues veulent une révision de la loi et une restriction du rôle des esthéticiens.
La Corée du Sud est célèbre pour son nombre de cliniques et d'instituts esthétiques, souvent incorporés aux zones commerciales fréquentées aussi bien par les jeunes filles qui se font débrider les yeux que par leurs mères qui se font injecter des toxines botuliques dans les rides. Les dermatologues qui, une fois n'est pas coutume, se sont associés à une union de consommateurs, invoquent le danger d'opérations (ablation de grains de beauté, peeling mécanique, ultrasons, injections...) pratiquées par des esthéticiens incompétents, pour réclamer la révision de la loi. Selon l'association des dermatologues coréens(KDA), le nombre de dommages provoqués par les esthéticien(ne)s est passé de 139 en 1995 à 1863 en 2005 : une multiplication par treize ! Le rapprochement avec les consommateurs, qui visent souvent les erreurs médicales, pourrait surprendre si les dermatologues ne souhaitaient bénéficier de leur crédibilité et de leur image de marque désintéressée pour faire passer leur message. "Un traitement médical ne doit être administré que par un médecin", proclament-ils. Or 40% des instituts d'esthétique de Séoul pratiquent les ultrasons et 16% les peelings mécaniques, normalement réservés à la compétence des chirurgiens. La loi en vigueur autorise les esthéticiens à effectuer un diagnostic sur la peau de leurs clients et à appliquer le traitement, l'abrasion, ou le maquillage "appropriés" ! Les esthéticiens devraient avoir suivi un cours d'au moins 1 000 heures avant de pouvoir être officiellement qualifiés, selon le corps médical. L'Italie requiert 1 800 heures et le Canada 1 500 pour les esthéticiens, insistent les médecins. "Nous n'avons jamais affirmé que nous pouvions supplanter les médecins", rétorquent les esthéticiens qui espèrent que le gouvernement coréen ne donnera pas gain de cause à la position corporatiste des médecins. (The Korea Times, 10/04/2008 : "Turf War Brewing Between Beauticians, Dermatologists")
Jean-Yves Ruaux
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