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Hausse des cotisations, aménagement des prestations, le Régime social des indépendants (RSI) anticipe les risques
Mis en ligne le 24/06/2008
La retraite complémentaire des artisans a une belle santé et des réserves. Mais elle subit aujourd'hui l'épreuve d'une démographie défavorable. La réforme qu'elle met en place montre le chemin pour les institutions de retraite tenaillées entre la diminution du nombre de cotisants et la pression du nombre des bénéficiaires. Dès lors, tout doit être révisé : les niveaux de cotisations, de prestations, l'âge de départ, l'organisation des dispositions financières. Question : comment assurer l'avenir du régime ? Une réforme a été annoncée par Gérard Quevillon, président du régime social des indépendants (RSI) et Dominique Liger, directeur général, vendredi 20 juin 2008. Cette réforme porte à la fois sur les cotisations revues à la hausse et les prestations, réaménagées, afin de prolonger l'existence du régime.
Le président du Régime social des indépendants, Gérard Quevillon, a affirmé vendredi 20 juin 2008 la force de ce régime créé en 1979. Ce régime perçoit en retraite de base et complémentaire les cotisations de 1,2 millions d'individus et redistribue des prestations en direction de 2 millions de personnes. Si l'on ne veut pénaliser ni les générations à venir, ni mettre en danger la pérennité du régime, celui-ci devait subir des aménagements afin de perdurer. Les administrateurs du RSI ont donc choisi de prendre des mesures portant à la fois sur les cotisations et les prestations pour ne pas faire porter le poids de la réforme uniquement sur une seule catégorie d'assurés et sur la seule génération à venir. Mais, les chiffres expliquent la nécessité des réformes entreprises : nombre d'artisans actifs cotisant à la retraite complémentaire : 645 289, nombre d'artisans retraités bénéficiaires d'une retraite complémentaire : 834 408. Les cotisations perçues au titre de la retraite complémentaire (925 millions d'euros) restent actuellement supérieures aux prestations versées (710 millions d'euros). Mais l'évolution démographique et le niveau de prestations faisaient courir un risque de dépérissement au régime dans les années à venir. Un régime longtemps généreux Longtemps, doté de réserves abondantes, le régime s'est montré généreux. C'était possible avec des générations de retraités peu populeuses et des cotisants en grand nombre, prenant leur retraite tardivement. Or, aujourd'hui, les artisans partent à la retraite très tôt (avant 61 ans) ce qui est avantageux pour eux, mais très coûteux pour le régime. La mise en place d'un matelas de réserve a été nécessaire pour pallier la diminution des recettes provenant des cotisations avec les abondants départs à la retraite du baby-boom. "C'est notre responsabilité de créer un matelas financier pour favoriser le pilotage à moyen-long terme. Si la réforme n'avait pas eu lieu, les artisans cotiseraient pour rien", explique Dominique Ligier, directeur général. La collecte des cotisations permet des placements financiers qui alimentent une réserve. Celle-ci s'élève aujourd'hui à 7 milliards d'euros (ce qui correspond à dix années de prestations). C'est cette réserve qui peut permettre d'amortir durant un temps le différentiel négatif entre la croissance des versements au titre des pensions et la diminution des rentrées au titre des cotisations. On a constaté en 2007 que si aucune disposition n'était prise, cette réserve allait s'épuiser (échéance prévue pour 2032). Les dirigeants du RSI ont donc décidé de mesures draconiennes pour assurer la survie de leur caisse. Ils ont touché à la fois aux prestations versées et au montant des cotisations. L'effort sur les prestations est conséquent mais il sera progressif : le taux de rendement devrait passer à 6,8 % en 2009 et à 6,6 % en 2010. "C'est un taux de rendement encore tout à fait satisfaisant (le régime de l'ARRCO étant fixé à 5,5 %), ce qui donne de la marge pour le long terme", assurent les dirigeants. La hausse des cotisations est liée à des mesures qui sécurisent l'avenir de la caisse. Mais, elles n'ont pas exclusivement un effet négatif. Certaines hausses permettent également une augmentation des droits acquis par les cotisants actuels ou futurs. Ainsi, une hausse de cotisations spécifique de 0,4 % pour les revenus supérieurs au plafond de la caisse augmentera les droits des assurés aux revenus élevés, tout en accroissant leur contribution à l'équilibre du régime. Les réserves doivent progresser plus vite que les prestations François Lenormand, responsable études, prospective et gestion financière des risques, a souligné les points positifs du bilan : "le solde technique est à peu près équilibré et le régime fonctionne avec une dynamique de cotisations très forte". Mais il n'a pas caché non plus les faiblesses : "comme le régime fonctionne justement en répartition, la date à laquelle la réserve sera consumée est incontournable. La réserve devrait continuer à augmenter faiblement jusqu'à 2012, date du début de son tarissement." Le problème étant qu'au moment où la réserve sera épuisée, l'état des prestations sera beaucoup plus important qu'aujourd'hui. En effet, beaucoup de boomers vont prendre leur retraite au début des années 2010 Or, pour assurer la pérennité du régime, les réserves doivent progresser plus vite que les prestations. Les financiers de la caisse devront être particulièrement attentifs à la qualité de leurs placements pour favoriser la pérennité de l'établissement. En effet, elle repose majoritairement sur les cotisations mais aussi sur la qualité du placements financiers de la réserve. Cette réserve en terme d'actions est placée sur les secteurs les plus dynamiques dans trois zones : l'Europe, les États-Unis et le Japon. Le RSI s'est donc fixé comme objectif de repousser de cinq ans l'échéance d'épuisement des réserves. Mais il ne s'agit pas simplement de retarder le moment fatidique. C'est la pérennisation du régime qui est l'enjeu. Pour y parvenir, les niveaux de cotisations et prestations seront revus tous les six ans et un bilan d'étape, réalisé tous les trois ans. Les concepteurs de la réforme précisent également que "ces règles seront déterminées de telle sorte que le délai prévisionnel d'épuisement des réserves ne puisse être inférieur à l'espérance de vie de la génération atteignant l'âge légal de départ en retraite au moment de l'élaboration de ces règles". Contacts presse RSI :
Jean-Yves Ruaux et Patrick Idoux
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