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Internet et professionnalisation : les bases d'une solidarité efficace

Mis en ligne le 07/01/2008

La bonne volonté n'est pas la qualité de base requise pour l'exercice des soins à la personne. Electronique (précision, réponse rapide) et professionnalisation (réponse adéquate, prestations normalisées) forment aujourd'hui le socle d'une solidarité efficace.

La table ronde intitulée "Solidarité et services à la personne" aura moins été tissée de bons sentiments que de recommandations en vue de la technicisation et de la professionnalisation des services à la personne.
L'accès de chacun à l'Internet, y compris parmi les personnes en perte d'autonomie, est la vraie garantie d'un égal accès aux soins et services, quel que soit le point du territoire.

La flèche de la télécommande sur le menu repas
Département le plus âgé de France, les Alpes-Maritimes ont ainsi misé sur le numérique, installé des écrans et webcams chez les personnes âgées. Celles-ci, en pointant simplement la flèche de la télécommande TV sur la zone concernée de l'écran peuvent avoir accès à leur correspondant du centre social, aux menus des repas portés, aux services sociaux... De la même façon, le référent voit la personne âgée. Cette opportunité de rendez-vous peut être la bonne pour faire un point. L'outil, avec des capteurs, peut permettre la transmission d'analyses et d'informations pour le médecin traitant ou le gériatre, selon le professeur Benchimol, doyen de la Faculté de médecine de Nice.
La visiophonie est avant tout un excellent support pour le maintien des relations familiales. Elle permet aussi d'échanger des informations en temps réel, sans que la technique soit désormais un handicap pour l'aîné. Elle est même un excellent support pour la coordination, notamment lors d'un retour d'hôpital.
Mais l'importance du facteur humain demeure. Impossible de restaurer la part d'autonomie d'une personne sans implication d'un personnel compétent. Mais, la compétence à développer est une compétence à caractéristiques variables, même dans les métiers les plus modestes. On ne déplace pas les objets chez un aveugle sous peine de le priver de ses repères. On ne répond pas de la même manière à un cas d'Alzheimer de 58 ans ou de 98 ans.

Des procédures de conventionnement privilégiant la formation
La Caisse nationale pour la solidarité et l'autonomie a donc mis en place des procédures de conventionnement privilégiant la formation, la professionnalisation, la contractualisation des objectifs, les outils d'évaluation des prestations. Cette professionnalisation n'est pas forcément aisée à établir en dépit du doublement du nombre de structures agrées depuis 2005.
Le premier frein, pour le secteur public, est l'absence de formation dédiée au sein des centres d'enseignement de la fonction publique.
Le second est souvent caractérisé par le salaire. Il est difficile d'être exigeant avec un personnel non formé, pauvre, aux horaires de travail éclatés.
Les orateurs du colloque se seront montrés attentifs à l'ensemble des problématiques relatives à la solidarité. La première exigence consiste à simplifier l'accès aux prestations pour le destinataire.
"Il faut éviter de faire gérer la complexité au client", répète-t-on. Le Cesu est un bel outil car il favorise la simplicité d'usage des services par le client, de la même manière. Comme il ne peut être attribué que pour un service et non comme une allocation, il en résulte une diminution des dépenses issues de l'Apa.
On aura constaté qu'institutions et associations travaillent en permanence à livrer des prestations de meilleure qualité en dépit des entraves.
Mais, selon le directeur de l'Action sociale, Jean-Jacques Trégoat, il faut désormais capitaliser les expériences éparses. C'est cela qui fera progresser d'un même pas une solidarité désormais fondée sur les nouvelles technologies et la gestion fine des ressources humaines.

Jean-Yves Ruaux

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