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Economie
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France
Plan d'épargne retraite populaire :
Jean–Pierre Raffarin ouvre la voie aux fonds de pension "à la française"

Mis en ligne le 26/04/2004

En paraphant‚ le décret d'application du Plan d'épargne retraite populaire (Perp)‚ Jean–Pierre Raffarin signe l'acte de naissance des fonds de pension "à la française". Individuel et facultatif‚ le Perp s'adresse avant tout aux 9‚2 millions d'actifs imposables. Il risque surtout de séduire les plus aisés‚ au grand bonheur des établissements chargés de commercialiser ce nouveau dispositif. Selon l'Association professionnelle d'épargne–retraite‚ un tiers des 24 millions d'actifs pourrait cependant se laisser séduire d'ici cinq ans.

Le plan d'épargne retraite populaire (Perp) a officiellement fait son entrée dans la gamme des produits financiers de préparation à la retraite. Jean–Pierre Raffarin a signé‚ mercredi 21 avril un décret (publié le 22 avril au Journal Officiel) mettant en place ce nouveau dispositif ouvrant la voie aux "fonds de pensions à la française". Car c'est bien un troisième pilier de l'assurance vieillesse qui apparaît aux côtés des régimes de base et complémentaire.
Dans un communiqué diffusé par Matignon‚ Jean–Pierre Raffarin s'est félicité de la mise en place de cet instrument financier "moderne et solide". "Avec la création du Perp‚ le gouvernement traduit l'engagement qu'il avait pris d'offrir davantage de liberté aux personnes actives pour mieux préparer leur retraite‚ tout en préservant le régime par répartition"‚ estime le Premier ministre.

Un nouveau marché d'un milliard d'euros dès la première année
Créé par la loi du 21 août 2003‚ le Perp permet à chaque ménage de se constituer‚ en effectuant des versements sur un plan‚ une épargne qui lui est reversée pendant sa retraite sous la forme d'une rente à vie. Mais s'il est proposé à tous les épargnants‚ il s'adresse en priorité aux 9‚2 millions de salariés du privé imposables‚ comme le note Le Monde (24/04/2004). Les fonctionnaires disposent déjà de la Préfon (régime complémentaire‚ facultatif‚ géré en capitalisation qui existe depuis 1968)‚ les travailleurs indépendants et les exploitants agricoles bénéficient respectivement de la loi Madelin et du contrat Coreva qui se présentent sous la forme d'une assurance vie.
Ce contrat individuel est obligatoirement souscrit auprès d'une société d'assurance‚ d'une institution de prévoyance ou d'une mutuelle. Les établissements financiers sont d'ailleurs intéressés mais seules les catégories socioprofessionnelles les plus aisées‚ en quête de produits défiscalisés sont susceptibles de se laisser tenter par ce nouveau produit. Ce qui n'est pas négligeable‚ cependant. Selon Le Monde‚ le nouveau marché pourrait atteindre un milliard d'euros cette année‚ alors que 7‚3 milliards ont été collectés en 2003 par les différents contrats déjà existants.

30 000 clients intéressés à la Caisse d'épargne
L'Association professionnelle d'épargne–retraite (Afpen‚ www.afpen.tm.fr) estime qu'au bout de cinq ans‚ un tiers des actifs (24 millions de personnes) pourrait être "couvert" par ce nouveau produit. Ceux–ci consacreraient un tiers de leur capacité d’épargne financière – actuellement de 7‚9% de leurs revenus – à la retraite par capitalisation. "On pense en effet que‚ vers 2020‚ celle–ci devrait représenter un tiers des contributions‚ la répartition comptant pour les deux tiers" peut–on lire sur le site de l'association.
L'enjeu est de taille‚ comme le notait La Tribune en décembre dernier (11/12/2003) : "Baudoin Prot‚ le directeur de BNP Paribas‚ espère en effet se tailler une part de 10% à 15% de ce marché qui devrait atteindre un volume total d'encours de 180 à 200 milliards d'euros d'ici une quinzaine d'années". Preuve à l'appui : la BNP a dépensé deux millions d'euros dans une campagne de pub diffusée à la fin 2003‚ avant même la parution du décret.
A l'instar de la BNP‚ la plupart des établissements financiers proposaient déjà à leurs clients de réserver leur plan‚ avant même que le décret d'application ne soit publié (voir aussi l'édition du 22/12/2003). Cette politique de commercialisation a eu du succès : fin mars‚ 30 000 clients des Caisse d'épargne se montraient déjà intéressés... sur le papier.

BM

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