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France
L'aïeule politiquement proprette des services à la personne
Mis en ligne le 23/02/2010
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La conjonction des deux sourires, qui ne se regardent pas, est l'affirmation frontale qu'une autre France, politiquement correcte et intégratrice est possible. Crédit : ANSP.
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L'aïeule des services à la personne est politiquement correcte puisque s'appuyant sur l'aide d'une Méditerranéenne. Elle est aussi avenante et nette, proprette. Mais l'image n'est-elle pas discriminante, en dédiant les jeunes issus de la diversité aux emplois de service face à une grand-mère "caucasienne"?
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Sommaire de l'article
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La fragilité, caractéristique de la personne âgée L'aïeule en cardigan de laine claire porté sur un chemisier de coton simple, stylé, décontracté, à col ouvert a appuyé sa main sur le bras de la jeune femme brune vêtue de blanc qui incarne à ses côtés l'image des services à la personnes. L'une est une aïeule "caucasienne" bourgeoise, assumée, et non plus une grand-mètre active et/ou transgressive. Elle a les cheveux gris-blancs, un collier de rides à plusieurs rangs - mais sans perles- qui lui enserre le bas du visage et parchemine son cou. La main est tavelée, affirmant que l'ancienne conquérante à la mâchoire volontaire, est devenue une personne fragile - en dépit de son sourire - qui a besoin de s'appuyer sur la compétence et l'assistance d'autrui. La jeune fille, en blanc, comme les codes représentent souvent les personnels sanitaires et sociaux, affiche elle-même un beau sourire lisse, qui n'est pas celui d'un top modèle mais d'un idéal d'aide à domicile, avec visage avenant et régulier, casque de cheveux noirs et traits méditerranéens. L'appui émouvant Expression de l'importance du rôle des enfants de la diversité dans la France de demain auprès de personnes d'origine aussi différente que cette dame chic au menton volontaire, dont on supposerait qu'elle a pu diriger sa maisonnée avec la fermeté de valeurs intangibles ? Veuve de général ? L'aveu de sa fragilité, l'appui qu'elle sollicite, est plus émouvant que les signes de son âge accepté. Le service aux personnes âgées, qui en est le pourvoyeur essentiel, est ici la représentation symbolique de l'ensemble des services offerts. La conjonction des deux sourires, qui ne se regardent pas, est l'affirmation frontale qu'une autre France, politiquement correcte et intégratrice est possible. Reste toutefois à s'interroger sur une distribution des rôles. L'image n'affirme-t-elle pas de façon parfaitement classique la sujétion des personnes issues de l'immigration aux Français de souche ? Seraient-elles comme dédiées aux emplois de service ? Un renversement d'image ne serait-il pas plus propice à frapper l'opinion : une souriante blondinette en blanc s'affichant au service d'une grand-mère méditerranéenne ? Le message aurait davantage percuté, au lieu d'apparaître juste consensuel et conventionnel. Mais ne serait-il pas difficile de concevoir que ce ne soit pas l'orientation du marché du service qui en guide la représentation ?
Jean-Yves Ruaux
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