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Australie
La "boomerose" est une polypathologie affectant les boomers vieillissants

Mis en ligne le 14/04/2008

Les baby-boomers, qui se pensent éternels, souffrent d'une multitude de pathologies qui accompagnent leur vieillissement. Affectant leur corps aussi bien que leur psychologie, elles traduisent l'écart entre la représentation que les boomers ont d'eux-mêmes et la réalité. La pathologie du boomer, c'est la "boomerose", selon un chroniqueur australien. Elle n'est pas mortelle.

Les maux dont souffrent les boomers, exempts d'autres pathologies, s'apparentent à la "boomerose". Les blessures, qu'ils se font au sport, devraient pourtant leur rappeler que leur corps n'a parfois plus la force, ni la résistance, voulues pour le kayak ou l'alpinisme et qu'il pourrait se révéler plus compétitif pour la marche ou le scrabble. Vieillir, c'est accepter des pertes et des gains. Moins de sport et de sexe, moins de cheveux, plus de Botox ! Toutefois, les boomers ne voient pas de raison de quitter le centre de la galaxie ou de ne plus être le point focal des médias. Ils jugent que leur génération et leur vie représentent une expérience valable pour les autres. Ils peuvent en parler à perte de vue et ne songent pas un instant à s'arrêter. Pour eux, les 60 ans d'aujourd'hui sont la nouvelle quarantaine et rien ne doit pouvoir les empêcher de vivre comme leurs petits-enfants. Ce qui, autrefois, ressemblait à des excentricités individuelles, apparaît aujourd'hui comme une pathologie de groupe qui n'atteint pas seulement les corps. La "boomerose du train de vie" est celle qui atteint les retraités n'ayant pas suffisamment de revenus pour maintenir leur standing. Les boomers n'ont, en effet, pas toujours épargné pour leur retraite. Autre maladie, la "boomerose" de l'image. Elle se produit lorsqu'un boomer soupçonne qu'il n'est plus le centre de toutes les attentions et que des jeunes peuvent être éventuellement plus intelligents, plus sexy... Les boomers essaient d'évacuer le problème en fréquentant leur groupe d'âge afin de ne pas accuser l'effet de contraste de leur vieillissement. Des acteurs, comme Sean Connery ou Michael Douglas, dont l'attractivité s'exerce sur des actrices qui ont le tiers de leur âge, sont une source d'inspirations pour le boomer mâle victime de la dégradation relative de son image. Le meilleur remède pour les femmes est de lire les articles à propos du sex-appeal de la sexagénaire Helen Mirren. Un autre syndrome existe, la "boomerose de l'autruche" qui consiste à penser que le vieillissement n'existe pas dans la mesure où l'on se plaît à l'ignorer. Mais le seul vrai traitement face à ce mal est de s'infliger une bonne dose de réalité.

(The Australian, 02/04/2008 : "Growing old a pain ? A bribed boomer is a happy hipster")

Jean-Yves Ruaux

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