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Jean-Yves Ruaux (Seniorscopie.com)
La France a le choix entre se suicider et devenir scandinave

Mis en ligne le 19/12/2007

A l'avenir, la France peut choisir de se suicider en cédant face aux traditionnelles résistances au changement qui l'assiègent et au triomphe des corporatismes. La France du sursaut n'est pas celle qui applique de façon méticuleuse le catalogue des bonnes mesures et des bonnes pratiques, mais celle qui optera pour la retraite à date choisie à la mode scandinave.

Les solutions, les bonnes pratiques destinées à améliorer le taux d'emploi des 55-64 ans français sont connues. Silverlife y a ajouté quelques suggestions : valoriser les potentiels sans préjugé d'âge, favoriser les parcours professionnels, le droit à la réorientation, appliquer enfin le droit individuel à la formation... Majorer les indemnités pour favoriser la création d'entreprises par des seniors.
On peut aussi développer le tutorat croisé entre générations pour combler les lacunes des jeunes et des vieux.

Retrouver le bonheur au travail
Il est encore possible de majorer les indemnités de fin de carrière pour favoriser la création d'entreprises par les seniors. Il est avantageux de promouvoir la flexibilité de l'organisation de l'emploi, s'adaptant aux itinéraires de vie pour assurer le bonheur au travail. Cette condition est indispensable à l'acceptation de la prolongation des carrières.
Ajoutons que la solvabilisation des services à la personne serait une grande aide à leur développement harmonieux. L'idée est lancée d'un site Internet destiné à capitaliser les compétences seniors, de se doter d'une base de données sur les pratiques qui marchent, les modes d'apprentissages et de transmission reconnues, les exemples reproductibles de réussites.
En revanche, la France de 2007 est face à trois options pour l'avenir.

  1. Elle peut choisir de ne pas choisir et agir mollement sur le cours de l'économie et de l'emploi, au risque d'une vraie récession-déprime partagée.
    Le "choisir de ne pas choisir" évoque un pays devenu arthritique en 2035 (pas seulement ses nombreux seniors !), un pays sans conscience de lui-même et des enjeux.
    Parmi les écueils actuels à un progrès de l'emploi seniors figure la multiplicité des régimes et dispositifs cloisonnés. Ce cloisonnement témoigne d'une vision analytique et compartimentée de la gestion des questions.
    Elle s'identifie à la traditionnelle économie administrée et à la politique gaullo-bonapartiste ou socialiste-paperassière alternant les coups de menton volontaristes et l'empilement de textes de lois formant des corpus inextricables et inapplicables.
    C'est la France de la retraite avec calculs de trimestres et de pénalités pour carrières incomplètes, défavorables aux femmes, aux jeunes, aux vieux et aux personnes changeant de statut.
  2. La France peut aussi choisir de se suicider en cédant face aux traditionnelles résistances au changement qui l'assiègent et au triomphe des corporatismes allié au trotskisme sur le réalisme pragmatique. Les attitudes de la gauche du PS, de l'ultra-gauche, des syndicats corporatistes témoigne de cette attitude. Cette hypothèse annonce une France poujadiste déchirée par la guerre des égoïsmes, des générations et sa dégradation rapide.
  3. La France du sursaut n'est pas celle qui applique de façon méticuleuse le catalogue des bonnes mesures et des bonnes pratiques. C'est plutôt le pays qui a opté pour la retraite à date choisie à la mode scandinave, fondée sur une retraite calculée par points. La France qui effectue ce sursaut est un pays où la réhabilitation du travail - au détriment de l'exclusion, même assistée - favorise l'initiative, l'effort, l'épanouissement professionnel de l'individu.

Le développement durable inclut le maintien de la ressource humaine et ne se limite pas à l'économie des énergies fossiles. La protection sociale doit équilibrer la sollicitation du salarié par le travail, selon le mode nord européen.
Reste que pour y parvenir la France doit accomplir une révolution des mentalités.
Il lui faut oublier "l'exception française" et passer d'une vision analytique et latine à une approche synthétique, systémique et pour dire scandinave de son développement.
Et c'est ce qui sera le moins aisé.
"Il est plus difficile de désagréger un préjugé qu'un atome", expliquait Einstein.

www.silverlife-institute.com

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