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La Maison ouverte, un projet intergénérationnel obéissant au design global
Mis en ligne le 10/06/2008
Gisèle Bessac, fondatrice de la Maison ouverte (XIIe et XIVe), se refuse à considérer la vieillesse comme un ghetto ou une maladie. Ses "Maison ouverte" ont vocation à accueillir tous les âges dans un cadre illustrant le design global.
L'allongement de l'espérance de vie a modifié la perspective de l'existence. Elle donne le temps de poser les valeurs de la vieillesse. Le manque d'autonomie de l'enfant ou de l'adolescent est accueilli comme une promesse de devenir, une promesse d'espoir. Il n'en va pas de même du vieux. Mais, même si les représentations dictées par le jeunisme prévalent, l'aîné, comme tout un chacun, doit pouvoir vivre selon ses valeurs jusqu'au terme de son existence. L'ambition de la création des Maisons ouvertes était de réinviter la vie dans le vieillissement et de donner une valeur au présent puisque l'on a conscience de sa finitude. La connaissance de cette finitude vient du fait qu'auprès de soi, des proches ont disparu. Même en perte d'autonomie, chacun doit pouvoir être respecté dans sa singularité. La cinquantaine fait que l'on est plus dans un fantasme d'éternité. On aura peut-être plus le temps d'accomplir ce que l'on souhaitait. On apprend donc à se situer dans la succession des générations. La créativité pour modifier le rapport à la vieillesse L'étude qualitative préludant à l'ouverture de la Maison ouverte a montré que la crainte du vieillissement résidait dans le handicap et la démence, non plus dans la mort. La Maison ouverte est un micro-laboratoire, un banc d'essai pour travailler sur le vieillissement, y ancrer les questions qu'il soulève. Comment faire pour que les générations vivent les unes avec les autres ? Comment faire pour éviter que la vieillesse ne soit pas en permanence considérée sous l'angle médico-social, que les aînés ne soient pas traités comme des supposés malades ? Il s'agit d'un espace de vie relevant du "design global". Café, salon, table d'hôte... Un espace libre. Si quelqu'un a un questionnement, il l'évoque, mais cela ne fait pas automatiquement de lui un assisté. A l'intérieur de la maison, on peut cultiver les outils qui permettent à chacun de développer son propre épanouissement. La Maison ouverte est un lieu insérant la créativité dans le projet social. C'est ainsi que l'on peut modifier le rapport à la vieillesse. La créativité ne relève pas uniquement du monde de l'art. Ici, elle s'insère dans une vie de quartier, dans une structure où des gens de tous les âges peuvent se retrouver autour d'un projet commun pour réfléchir à leur devenir. "Dépendant" prend alors un autre sens : nous sommes tous finalement dépendants les uns des autres. Et c'est bien.
Jean-Yves Ruaux
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