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La ménopause n'a pas que des inconvénients, selon les écrivains Judy Gerstel et Antonia Zerbisias
Mis en ligne le 14/04/2008
La ménopause a longtemps été un sujet tabou avant de devenir l'objet d'une discussion ouverte depuis que les boomeuses sont les cibles des traitements hormonaux et des médias. La ménopause n'a pas que des inconvénients, selon les écrivains Judy Gerstel et Antonia Zerbisias, si l'on décide de ne pas se priver des plaisirs de la vie.
La ménopause était un sujet que l'on abordait seulement côté humour, il y a vingt ans, avant de se focaliser sur les controverses relatives à son traitement médicamenteux. L'industrie de la ménopause et l'agroalimentaire en ont tiré leur parti, de même que les éditeurs et la médecine alternative. Les femmes ont pu en tirer avantage, ne serait-ce que de ne pas risquer de tomber enceinte, selon Antonia Zerbisias. C'est même une libération pour la femme désormais détachée de sa fonction de reproduction et des fluctuations de son système hormonal. Elle peut même y voir un retour aux temps qui précédaient la puberté, avec l'impression de détenir un certain pouvoir, complète Judy. Celle-ci avoue avoir eu de la chance lors de ce passage, alors qu'une femme sur dix doit prendre des médicaments. En revanche, être considérée comme une vieille femme est irritant car cela signifie même ne plus être considérée du tout. La ménopause dégage de l'espace sur les étagères de la salle de bains, note Antonia. Mais, je ne me sentirai pas dans la peau d'une vieille aussi longtemps que je prends soin de moi. Les hommes autour de moi le perçoivent. Et ce n'est pas forcément une affection filiale que les jeunes hommes me vouent. Les choses changent, heureusement. Mais est-ce qu'être baptisée prédatrice doit être pris pour un compliment ou une insulte ? Ce sont les jeunes femmes qui dictent la norme du "marché". Et, "dès que vous avez passé l'âge des call-girls, vous êtes mise au rencard, voire moquées", rétorque Judy. Selon Antonia, l'objectif n'est pas de se muer en chasseresse mais de se sentir à l'aise dans sa peau et suffisamment bien pour se passer de l'appréciation d'un homme pour garder confiance en soi. Je ne suis pas sûre que les femmes mûres soient plus ridicules que les hommes de leur âge qui achètent des voitures de sport, des motos puissantes ou courent après des gamines. Les femmes mûres n'ont pas forcément la cote dans les films. Mais, la démographie fait bouger les choses car maintenant, ce sont les boomers qui remplissent les cinémas. "Il n'y a rien de plaisant à être pris pour une vieille", rétorque Judy. La ménopause, intérieurement, c'est bien. C'est moins positif pour l'apparence, le cou en particulier. C'est là où l'on pense que l'attention se concentre. Ainsi, pour ne pas paraître vieille, on se teint les cheveux. Le business de l'anti-rides est devenu une grosse affaire. Car, ménopausées ou pas, les femmes veulent rester dans la course. Le hommes eux-mêmes achètent ces produits. Ils aident les femmes à se maintenir jeunes et attractives. "Ce n'est pas cela qui nous fera triompher de l'inévitable, note Antonia. Mais, en attendant, on ne se sera pas privées côté plaisir de vivre". (The Toronto Star, 01/04/2008 : "Or is it menopause ? It's hot; Star writers Judy Gerstel and Antonia Zerbisias fan the flames with their very honest discussion")
Jean-Yves Ruaux
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