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La métaphysique et le spirituel s'invitent dans le débat sur la fin de vie

Mis en ligne le 19/06/2007

"Aujourd'hui, soigner, c'est aussi accompagner et révéler l'humanité de toute personne." Les infirmières le soulignent. Les médecins le discutent. Mais, tel est l'enseignement du congrès que la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) organisait les 14, 15 et 16 juin. Autrement dit, la métaphysique et le spirituel, qu'il faut distinguer du religieux, s'invitent dans le débat sur la fin de vie.

La Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) organisait les 14, 15 et 16 juin, son treizième congrès, "consacré, pour la première fois de son histoire au thème : compétence clinique et dimension spirituelle", comme le rapporte le correspondant du journal La Croix, Bénévent Tosseri (18/06/2007).
"Accompagner des patients en fin de vie, c'est intégrer, au-delà d'une vision purement somatique, les inévitables questions métaphysiques qui viennent à l'esprit, tant de celui qui part que de celui qui reste.", précise Bernard Devalois, président de la Sfap. Et c'est probablement parce que la dimension spirituelle est consubstantielle à la question de la mort que le sujet est encore tabou aujourd'hui.
La religion s'inviterait-elle alors dans le milieu laïc de l'hôpital ? "Il n'est pas question, pour le personnel soignant, d'en revenir au mouvement des Hospices (…) mais de tenir compte d'une universelle quête de sens, d'une relecture de vie, aux moments les plus extrêmes de l'existence.", souligne Bénévent Tosseri. Chacun ses convictions métaphysiques, religieuses ou non…
Pour Tanguy Châtel, chercheur en sociologie des religions, "les soignants ne veulent plus se laisser enfermer par la seule technicité de l'acte médical, ils veulent lui donner de la profondeur, de l'humanité". Guibert Terlinden, prêtre au Carrefour spirituel pluraliste des cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles, précise : "Comprendre profondément ce qu'autorise cet accompagnement, dans une tradition religieuse ou non, est en soi une exigence professionnelle." Aujourd'hui, soigner, c'est aussi accompagner et révéler l'humanité de toute personne.
Il y a là un véritable défi pour les médecins. Ils ont été éduqués à apporter un progrès, un mieux et à guérir. Cette perspective explique que peu d'entre eux s'engagent en gériatrie, ou alors par défaut. En revanche, de jeunes infirmières gériatriques soulignent qu'à leurs différence, elles ont vocation à assurer "la plus belle mort possible, la plus apaisante" à leurs patients-résidents.
Beau sujet de débat sur les objectifs des soignants, la part du psychologique et du spirituel dans leur tâche.

Nolwenn Neveu

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