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France
Logement, pension, transition-travail retraite...
Le casse-tête irrésolu des handicapés vieillissants
Mis en ligne le 15/09/2009
Réussir la prise en charge des 635 000 personnes handicapées vieillissantes était un enjeu pour le gouvernement Raffarin. Ca l'est encore pour ses successeurs de même que pour les villes, comme Paris. Celle-ci organisait sa première conférence gérontologique le 9 septembre. Elle a mis en évidence la persistance de difficultés que pourrait lever l'institution d'un cinquième risque couvrant handicapés et dépendants.
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Sommaire de l'article
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Quatre ans après, le problème subsiste. Pourtant, le 15 février 2005, Marie-Anne Montchamp, la secrétaire d'Etat aux Handicapés du gouvernement Raffarin, avait donné une conférence au titre prometteur : "Réussir la prise en charge des personnes handicapées vieillissantes . Enjeux et nouvelles solutions". 55 mois plus tard, le sujet demeure d'actualité car le problème n'est toujours pas résolu. Selon l'Insee, la France comptait en 2005, 635 000 handicapés vieillissants dont 260 000 âgés de plus de 60 ans. Un nombre croissant de handicapés arrive à la retraite Leur nombre n'a pas diminué. Mais Olga Piou, directrice du Centre de liaison, d'étude, d'information et de recherche sur les problèmes des personnes âgées (CLEIRPPA), a fait remarquer, lors de la première conférence gérontologique de la ville de Paris, le 9 septembre, que le problème s'était en fait amplifié. Avec les effets du baby-boom, un nombre croissant de handicapés âgés va arriver à la retraite. Moteurs ou psychiques, les handicaps sont multiples. Pour les handicapés mentaux, les symptômes du vieillissement apparaissent dès 45 ans. Ceux qui ont pu travailler vivent la rupture travail-retraite avec la perte d'une partie de leurs liens sociaux lorsqu'ils quittent la vie active. Un logement parfois couplé au travail Mais reste à savoir s'il faut considérer les handicapés comme des salariés ordinaires ayant droit d'aspirer au repos ou s'il faut continuer à les "occuper", une fois à la retraite. Reste aussi à savoir comment faire pour éviter d'ajouter le changement de domicile au changement de statut qui peut les déstabiliser. En effet, leur logement en foyer est souvent couplé avec leur activité au sein d'un Etablissement et services d'aide par le travail (ESAT). Histoire de noircir encore un peu le dossier, on ajoutera que les ESAT connaissent des difficultés économiques croissantes avec la crise. Et, comme les entreprises de droit commun, ils peuvent être tentés d'utiliser les seniors comme variable d'ajustement RH. En fait, la liste des difficultés auxquelles sont confrontés les handicapés vieillissants n'est pas limitative. Ceux qui vivent en foyer sont connus, repérés, suivis. Mais il y a aussi ceux qui vivent au domicile de leurs parents, devenus très âgés qui décèdent, et qu'il faut donc placer dans l'urgence. Or, ils sont moins bien connus, donc servis. La situation varie avec la politique des collectivités L'énoncé des problèmes affrontés pour solutionner leurs difficultés montre que la question bute toujours. Selon les capacité et volonté d'accueil des villes et conseils généraux, selon le degré de solidarité de leur politique sociale et de leurs choix budgétaires, la situation varie énormément. Parfois, on vise au maintien du travailleur handicapé vieillissant dans le logement où il est depuis des décennies s'il s'agit d'un foyer. Parfois, on essaie de le reloger au mieux. Parfois, on l'envoie en maison de retraite vivre au milieu de personnes âgées d'au moins 85 ans alors qu'il en a 25 ou 30 de moins ! Parfois, son entourage doit se battre avec les institutions. Les logiques divergentes des structures nuisent à l'efficacité de l'aide Parfois, ce sont les structures d'aide qui doivent aussi se battre contre les carcans des différences d'appréciation ou de règles des différents financeurs. Ainsi, a-t-on entendu, lors de ce colloque placé sous la présidence des adjointes au maire de Paris Liliane Capelle (intergénération) et Véronique Dubary (handicapés), Catherine Auguste qui est en charge du Pacte. Le Pacte est l'organisme chargé de trouver des financements pour l'adaptation des logements au vieillissement de leurs occupants, propriétaires ou locataires. La paupérisation des propriétaires âgés, qui ne peuvent plus entretenir leur bien, les différences entre secteur public et privé ne lui facilitent pas la tâche, alors qu'elle a 4 000 dossiers en cours. Les personnes âgées représentent 70% de son activité. Des délais empêchant le traitement des urgences La plupart du temps, la demande porte en premier lieu sur une adaptation de la salle de bains et le remplacement pour un budget de 3 000 à 4 000 euros de la baignoire par une douche. Il lui faudrait parfois, notamment dans le cas de handicapés invités à quitter leur foyer, pouvoir œuvrer dans l'urgence. Mais l'appel à des financeurs aux contraintes différentes (ANAH, Cnav regions CAS, caisses de retraite complémentaire... ) l'en empêche. Monter un dossier est une procédure prenant au moins un an pour une somme assez modeste. Donc pas question de traiter l'urgence. Impossible. La dispersion, limite des politiques innovantes Les exposés des divers intervenants, Sébastien Faure, chef du service d'accompagnement pour personnes handicapées mentales âgées (SAPHMA) géré par l'association Vie et avenir (15e), Edith Hasebrouck, responsable des projets à destination des personnes handicapées vieillissantes auprès de l'Association des parents d'enfants inadaptés (APEI) de Lille, Céline Giordano, service des établissements sociaux et médico-sociaux au sein de la direction des personnes âgées et handicapées du Conseil général de l'Essonne (91) ont illustré des politiques et des initiatives innovantes pour venir en aide à cette population particulièrement vulnérable. Ces heureuses initiatives sont parcellaires, dispersées, et tiennent souvent, pour partie, à la volonté de leurs concepteurs ou promoteurs. L'Essonne s'est dotée d'un hébergement intelligent, mariant le collectif et le sur-mesure. Le 15 ème arrondissement de Paris possède un hébergement et un service veillant à accompagner la prise de retraite progressive du handicapé, évitant aussi qu'il ne vive sa retraite dans la misère. Substituer un guichet unique à la cacophonie Ayant eu des salaires modestes et ne possédant pas tous les trimestres leur donnant droit à pension, les handicapés sont souvent réduits au minimum vieillesse. La conclusion de la réunion revient aux deux élues de la ville de Paris, Liliane Capelle et Véronique Dubary, pour qui l'essentiel réside dans l'institution véritable d'un cinquième risque. Ce cinquième risque, couvrant handicapés et dépendants, pourrait se substituer à l'empilement présent de règles, lois et cacophonie d'interlocuteurs aux logiques et modes de fonctionnement disparates. L'ensemble des intervenants au colloque mentionne la bonne volonté qui les pousse à se "coordonner". Mais les guichets uniques aux prestations construites en fonction des besoins évolutifs de l'usager valent toujours mieux que toute coordination fondée sur des logiques de métier.
Jean-Yves Ruaux
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