Etats-Unis
Le film "Loin d'elle" fait de la maladie d'Alzheimer une fiction romanesque
Mis en ligne le 01/05/2007
(DR)
Alzheimer se pose comme le nouveau contexte romanesque dans "Loin d'elle" une comédie romantique de Sarah Polley (28 ans) avec Julie Christie. Après les différences d'âge et de condition sociale les scénaristes explorent avec succès et tact les arcanes de la mémoire et de la maladie. "Loin d'Elle" sera sur les écrans le mercredi 2 mai.
Avec "Loin d'elle" l'actrice-réalisatrice Sarah Polley (28 ans) fait d'Alzheimer la contrainte nourrissant l'intrigue romanesque de son film. Les différences de statuts sociaux (un milliardaire et une prostituée dans "Pretty Woman" un libraire londonien et une star hollywoodienne dans "Coup de foudre à Notting Hill") figurent parmi les constantes motrices des comédies romanesques. Parmi ce que les scénaristes appellent les contraintes productives il y a aussi la différence d'âge ("Harold et Maude") ou le revirement d'un personnage sous l'effet d'un événement extérieur. Dans "Tout peut arriver" Jack Nicholson qui ne drague que des jeunes filles se trouve bloqué chez Diane Keaton à la bienveillance de qui il doit de ne pas rester hospitalisé. Le film de Sarah Polley (son premier long métrage) est inspiré de la nouvelle "L'ours traversa la montagne" d'Alice Munro (Rivages poche). La réalisatrice-scénariste a réussi à en tirer un chassé-croisé entre les détresses et les émotions de quatre personnages. Il y a Grant l'ancien professeur d'université autrefois volage qui a bénéficié de la patience de Fiona ensoleillant l'automne de leurs 43 ans de mariage. Mais la séduisante Fiona (Julie Christie) perd la mémoire et son mari l'institutionnalise à contrecœur. Sous ses yeux il verra se défaire jour après jour les traces de la complicité qu'ils avaient patiemment établie. Fiona l'oubliera jusqu'à trouver de l'intérêt à un autre résident Aubrey qui est atteint de mutisme. Grant assiste impuissant à la destruction de la mémoire de son épouse qui les transforment progressivement en étrangers irrémédiables. Parallèlement il trouvera réconfort auprès de Marian la femme d'Aubrey. Cette comédie dramatique parie donc sur la résilience celle des couples qui trouvent avec l'âge de nouvelles raisons de s'aimer et celle que les accidents de la vie suscitent. La mémoire – et l'amnésie – ont toujours représenté pour les cinéastes un outil narratif de premier ordre. Que l'on se souvienne de la révélation des obsessions de l'héroïne dans "Pas de printemps pour Marnie" (Hitchcock). On observera ici que le film ne focalise pas sur la maladie elle-même en dépit des préoccupations de la réalisatrice qui a observé sa grand mère avant de passer à l'écriture et d'Olympia Dukakis l'interprète du personnage de Marian qui est la porte-parole de l'Association Alzheimer américaine. Depuis quelques années un petit courant de films prend la maladie pour contexte ou argument narratif. On citera seulement "N'oublie jamais" un film de Nick Cassavetes interprété par Geena Rowlands. Son compagnon lui relit l'histoire de leur vie qu'elle a écrite afin qu'elle n'en perde mémoire que le plus tard possible.
Abattement,
capitalisation, Préfon, répartition, taux de remplacement... ne
sont pas encore devenus des noms communs, mais des termes-clés,
pas toujours explicités, du débat sur la réforme des retraites
qui va animer la France et sa vie politique durant les six prochains
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