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France
Le sondage "Le Bénévolat et vous" de Notretemps.com montre une évolution des aspirations des bénévoles retraités
Mis en ligne le 29/10/2007
Les seniornautes retraités, engagés dans l'associatif, veulent y œuvrer sur des bases contractuelles, car ils veulent se garder du temps, éviter de perdre leur liberté au profit d'un embrigadement ou leur temps du fait d'une mauvaise organisation de l'association. Ils veulent être socialement utiles et trouvent du plaisir à rendre service comme le révèle le sondage "Le bénévolat et vous" réalisé par Notretemps.com. Mais gare à ne pas décevoir leurs attentes, sans compter qu'ils sont de plus en plus attentifs à l'éthique des associations où ils s'engagent.
Un sondage administré aux internautes de Notretemps.com en octobre 2007 montre l'appétit des retraités pour le bénévolat (plus de 4 500 réponses). Il montre aussi l'obligation d'en lire les résultats avec prudence puisque 73% des répondants de ce sondage non sexué étaient engagés dans une ou plusieurs associations contrairement à une moyenne nationale de 27%. La volonté d'utilité sociale vient en tête Une fois cette distorsion de fiabilité mise en évidence, on tirera du sondage des indications intéressantes pour un panorama de l'associatif. La volonté d'utilité sociale vient en tête des motivations (46%) devant le culturel (34%) et le sportif (29%). Cette prépondérance est même accrue par un engagement important dans le caritatif (27%) ou le religieux (15%). Il serait intéressant d'observer l'évolution de ces niveaux de réponses au cours de la prochaine décennie puisque le religieux caractérise plus souvent les aînés. Les cadets de la retraite y sont moins reliés. Pourquoi s'engage-t-on dans le bénévolat ? Pour défendre une cause ou un centre d'intérêt à 71%. Ensuite, les uns et les autres évoquent le besoin de rester actif dans la société (53%), de meubler le temps disponible après la cessation d'activité (42%), la présence d'amis au sein de l'association (21%). Que vient-on chercher en s'engageant ? D'abord la possibilité de se faire plaisir en rendant service aux autres (65%), un sentiment d'utilité sociale (53%), un renouvellement ou le développement du cercle d'amis avec qui partager valeurs et centres d'intérêt (46%), de nouvelles découvertes élargissant l'horizon personnel (39%). L'enquête est également révélatrice des degrés de satisfaction et d'insatisfaction à l'égard de la vie associative qui n'est pas toujours pavée de roses. Des réticences croissantes à s'engager 62% des répondants ont l'intention de poursuivre leur engagement au sein de la même association. En revanche, près de 40% manifestent le désir de poursuivre dans le même domaine mais dans une autre association, de changer de domaine d'activité associative ou d'arrêter toute activité. Rappelons qu'un quart des répondants n'étaient pas engagés. Leurs réticences à s'engager dans la vie associative est révélatrice des difficultés ou des a priori qui seront à lever pour améliorer la capacité de recrutement des associations, mais aussi leur fonctionnement et l'information les concernant. 26% des retraités non engagés estiment que l'associatif leur prendrait trop de temps. La même proportion estime ne pas avoir trouvé l'association qui conviendrait à ses attentes. La peur d'être "embrigadé" atteint 29% des non engagés. 26% d'entre eux nourrissent des doutes sur l'éthique des associations dont certains scandales publics ont entamé l'image. 21% ne se résolvent pas à choisir. Qu'est-ce qui pourrait inciter un non-adhérent à s'engager ? Il souhaite majoritairement (48%) une contractualisation de l'engagement car il ne tient pas à se sentir aspiré comme il l'a été par l'univers du travail. Il veut aussi (33%) être correctement informé. Mais c'est le relationnel qui fera la différence. En effet, le contact personnel (31%) peut attirer une personne dans une association si elle dispose de plus de temps libre. Le manque de temps déclaré est un frein pour 27% des non-adhérents. Les déçus des associations confirment cette même tendance. Avoir du temps pour soi est, à la retraite, une véritable exigence pour 47% des personnes. L'association doit aussi veiller à ne pas mal utiliser la compétence du bénévole. La mauvaise utilisation peut entraîner une lassitude perçue dans 30% des désengagements, ou une déception (37% des cas). Cette déception proviendrait essentiellement des divergences entre personnes (48%). Questions de pouvoir : les vieux mâles dirigeants reproduisent les hiérarchies de la vie professionnelle dans le cadre associatif. Les bisbilles sont la plaie de la vie associative, avec le manque de dynamisme (34%), une éthique douteuse (32%) ou des positions publiques auxquelles le bénévole n'adhère pas (11%).
Jean-Yves Ruaux
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