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Etats-Unis
Les aînés et retraités modestes piégés par l'augmentation brutale du prix des denrées alimentaires
Mis en ligne le 06/05/2008
Un aîné sur cinq, résidant dans la région de Miami, vit en dessous du seuil de pauvreté. Une proportion appelée à croître puisque le prix des denrées alimentaires ne cesse d'augmenter. Le budget alimentation des aînés affronte la double pression de la demande en énergie, et donc en biocarburants, comme en produits de bouche, par les pays en plein développement tels que la Chine.
Lorsqu'on a plus de 90 ans en Floride, le prix de la nourriture est aujourd'hui devenue un sujet de conversation, avec le bingo et la météorologie. L'augmentation de prix des denrées alimentaires de base (lait, farine, huile, viande...) a poussé bien des aînés à revoir leur système d'alimentation. Désormais, ils utilisent moins de produits prêts à l'emploi et cuisinent davantage. Par ailleurs, ils limitent le nombre de repas et se rabattent des grandes marques vers des concurrents moins chers. Les "restaurants du cœur" locaux augmentent leur activité et ne nourrissent pas seulement les plus pauvres, mais aussi la classe moyenne. 22% des seniors de Miami vivent désormais en dessous du seuil de pauvreté. Le coût moyen de la nourriture a augmenté de 6% en Floride depuis un an. Les retraités, qui se croyaient à l'abri du besoin du fait de pensions convenables, sont aujourd'hui inquiets car certaines denrées voient leur prix croître très brutalement. L'augmentation du prix de l'énergie a eu une incidence sur le transport de l'alimentaire et donc son prix final. Les cours du maïs et du soja, étiquetés biocarburants, sont soumis à une double pression dont le consommateur final fait les frais. De ce fait, les grandes marques alimentaires perdent du terrain auprès des seniors au profit de concurrents moins renommés et moins chers de 10 à 30%. Reste que les prévisionnistes envisagent une augmentation de 14 à 15% du prix de la viande, l'année prochaine. Le pain a cru de 16% depuis l'an dernier, les œufs de 35%, le riz de 50%. Les magasins ont même parfois établi des quotas afin de pouvoir servir équitablement leurs clients. La crise n'est pas à son terme puisque la demande augmente plus vite que le volume de la production, la Chine étant demandeuse d'énergie mais aussi de nourriture. (The Miami Herald, 29/04/2008 : "Seniors feel the pinch of rising food prices")
Jean-Yves Ruaux
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