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Retraite
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Les Français ne veulent pas travailler au-delà de 60 ans mais préparent peu leur retraite

Mis en ligne le 31/03/2008

Les Français demeurent peu préoccupés de la préparation de leurs retraites (Image source)

Plusieurs sondages récents montrent que les Français préparent peu leur retraite, mais refusent souvent de prolonger leur carrière au-delà de 60 ans. Ils sont favorables au prélèvement de cotisations sociales sur les stock-options, mais rejettent tout ce qui peut ressembler à un sacrifice ou à une diminution du niveau des retraites. A la différence des Européens du Nord, ils se projettent peu dans un type de retraite qui ferait aussi appel à l'épargne personnelle.

38% seulement des Français interrogés par l'Ifop (963 personnes de 18 ans et plus interrogées par téléphone les 27 et 28 mars) pour Dimanche Ouest-France souhaitent prolonger leur activité professionnelle au-delà de 60 ans. Sur cette question, le clivage droite-gauche est net : 51% des sympathisants de droite y sont favorables contre seulement 25% des sympathisants de gauche.

Favorables aux cotisations sociales sur les stock-options
Mais c'est la majorité des Français qui n'a pas envie de continuer à travailler au-delà de son soixantième anniversaire.
Ils ne songent pas non plus vraiment à conforter l'avenir des retraites : "Deux mesures seulement bénéficient de l'adhésion d'une majorité de Français : le prélèvement de cotisations sociales sur les stocks-options (67% des personnes interrogées s'y déclarent favorables) et la mise en place de fonds de pensions pour compléter le système de retraites par répartition (57%). Seules 25% des personnes interrogées estiment qu'il faut augmenter les cotisations sociales, 44% d'entre elles se déclarent favorables à l'allongement de la durée de cotisation et 38% au recul de l'âge de la retraite. Enfin, l'idée d'une diminution du niveau des retraites ne séduit qu'une très faible part des interviewés (8%)".
Donc pas question de sacrifices qui remettraient en cause le cadre actuel de la retraite française dont la pension de Sécurité sociale et les complémentaires constituent la base.
Les Français actifs se disaient pourtant inquiets (72%) dans un sondage réalisé les 23 et 24 janvier 2008 en face à face auprès d'un échantillon de 1 000 personnes par TNS Sofres pour Nexity.
Mais le paradoxe est qu'ils ne souhaitent pas que des mesures contraignantes soient prises pour éviter la catastrophe. Leur réflexion sur le sujet évolue peu selon l'Ifop : "Le classement des solutions privilégiées demeure inchangé en dépit de quelques fluctuations. L'idée de compléter le système de retraites par répartition au moyen de fonds de pension, après un effritement de 10 points entre avril 2003 et octobre 2007 (respectivement 61% et 51%), connaît une progression de 6 points entre octobre 2007 et mars 2008 pour s'établir à 57%".
Cependant, pédagogie Fillon aidant, l'allongement de la durée de cotisations, "semble progresser dans l'opinion comme une solution pertinente dans la mesure où seuls 36% des interviewés se déclaraient favorables à une telle mesure en avril 2003, ce taux atteignant 44% en mars 2008 (soit une progression de 8 points). C'est désormais plus de 40% des Français qui soutiennent cette mesure d'ailleurs prévue par la loi Fillon de 2003 (un passage à 41 années de cotisations étant programmé pour 2012)".

Les retraités pour l'allongement des carrières
Les Français refusent l'augmentation des cotisations et la baisse des pensions, plus encore que par le passé. Mais le sondage fait apparaître trois lignes de fracture : "Un premier clivage selon le statut de l'interviewé fait apparaître une volonté davantage partagée par les salariés du privé de compléter l'actuel système de retraites au moyen de fonds de pension, 57% de ces derniers se déclarant favorables à cette possibilité contre 50% des salariés du secteur du public".
Les clivages passent aussi entre gauche et droite : "Des écarts importants se dégagent quant aux solutions visant à reculer l'âge de la retraite. Ainsi, les sympathisants de gauche s'avèrent moins favorables à l'allongement de la durée de cotisation (29% contre 58% pour les proches de la droite, soit un différentiel de 29 points) et au recul de l'âge de départ à la retraite (25% contre 51%, soit un différentiel de 26 points)".
Seuls les actuels retraités sont favorables à l'allongement de la durée de cotisation et au recul de l'âge de la retraite : "Les personnes âgées (notamment celles déjà en retraite) soutiennent l'allongement de la durée de cotisation (57% d'adhésion parmi les 65 ans et plus, contre seulement 43% parmi les 25-34 ans et 36% parmi les 35-49 ans) et le recul de l'âge de la retraite (respectivement 56% contre 28% et 32%).

Les Français les moins concernés des Européens
Une enquête européenne réalisée par TNS Sofres pour Fidelity en janvier 2008 situe la France parmi les pays du sud de l'Europe que la préparation de la retraite ne passionne pas. 70 à 80% des salariés de l'Europe du Nord ont déjà commencé à préparer leur retraite de manière active contre un tiers en France ou au Portugal. Ceci montre une situation équivalente à celle d'octobre 2006, même si les Italiens et Portugais semblent se réveiller.
De longue date, les Suédois appuient personnellement leurs perspectives de retraite sur un plan employeur et un plan individuel. La proportion des "fourmis" a atteint le tiers des Allemands et des Suisses en 2007. En France, selon l'enquête, aucune évolution significative, en termes de plan d'épargne d'entreprise, n'a été enregistrée en 2007 contrairement à l'Italie et au Portugal.
L'Allemagne et l'Autriche figurent parmi les pays européens où la population semble la plus concernée par la préparation de sa retraite. Cette préoccupation est beaucoup plus faible en France et en Italie, même si la réforme des retraites de 2003 a sensibilisé la population au sujet.
Le niveau d'information, révélé par l'enquête, est plus important dans les pays du Nord. Les habitants des pays du Sud de l'Europe ont souvent un degré de connaissance beaucoup plus réduit du sujet. Toutefois, il a progressé dans des pays comme l'Italie et l'Espagne, dont les habitants ont commencé à s'emparer de la question, en raison du désengagement de la puissance publique. Une perspective qui guette les Français à moyen terme.

Jean-Yves Ruaux

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