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Ressources humaines
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Etats-Unis
Les organisations sans but lucratif affrontent un problème générationnel pour leur développement

Mis en ligne le 10/03/2008

Les baby-boomers posent de multiples problèmes aux organisations sans but lucratif : ils bloquent les postes qui offriraient les évolutions de carrière nécessaires pour attirer les jeunes. Ils n'investissent pas suffisamment dans le recrutement et la formation des jeunes équipes. Ils oeuvrent souvent de manière routinière. Les donateurs de la même génération ne voient pas toujours la nécessité d'investir dans l'amélioration de la productivité et préfèrent que tous les fonds soient, à courte vue, affectés aux programmes.

L'étude "Prêts à diriger ? Leaders de la nouvelle génération, exprimez-vous !" ("Ready to lead ? Next generation leaders speak out") met en évidence la difficulté de renouvellement de personnel et de concepts qu'affrontent les organisations caritatives et sans but lucratif telles que les banques alimentaires, les hébergements d'urgence, les activités post scolaires. Ces organisations fonctionnent souvent selon des méthodes anciennes et n'offrent pas de vrai stimulant à un personnel pourtant motivé. Aujourd'hui, pour se développer, les associations sans but lucratif doivent davantage se rapprocher du secteur commercial en termes de modes de pensée.
Le problème du renouvellement de leurs dirigeants, qu'elles affrontent avec la perspective de départ à la retraite des boomers, est compliquée par le désir de maintien en poste de certains d'entre eux. Pourtant, une part d'entre eux témoigne d'un esprit de routine affirmé et offrent peu de perspectives aux jeunes, tant en matière de formation que d'évolution de carrière. Les postes de dirigeants connaissent des niveaux de salaires élevés. En revanche, on fait souvent appel à l'adage "dans la vertu réside sa propre récompense" pour inciter le personnel subalterne à se contenter de rémunérations médiocres.
Les associations et organisations à but non lucratif n'investissent pas suffisamment dans la formation ni dans les études car les donateurs veulent voir l'essentiel de leur argent investi dans l'action et non dans les frais d'organisation.
Ils n'ont pas en tête le coût du développement et de l'amélioration de la productivité. Les directeurs actuels, souvent en poste de longue date, bloquent l'évolution des organisations, excepté pour la création d'un site Internet. Il en résulte un "turn-over" important de jeunes diplômés frustrés de ne pas pouvoir progresser. Cette question du baby-boom est une donnée qui affecte tout le pays et toutes les organisations, en raison du recul de l'âge de la retraite à 67 ans. Le désir des boomers de travailler plus longtemps en raison de la baisse des retraites crée une sorte de bouchon, surtout dans les petites organisations.
Pour résoudre ces questions qui se posent aussi au gouvernement fédéral, il faudrait réunir un sommet des organisations d'employeurs. Un effort de professionnalisation doit être fait pour aborder le futur. Il faut aussi impulser un nouveau recrutement des cadres d'associations en puisant dans la diversité ethnique. Mais, il faut avant tout motiver les personnels. Mais il n'y aura pas de vrai futur aussi longtemps que les donneurs se refuseront à assurer financièrement le développement des organisations. Il y a aussi une question de succession chez les donneurs et des conflits de générations latents. Il est difficile pour un jeune de dire à son baby-boomer de patron qu'il faut changer de manière de travailler s'il veut garder son emploi. Mais l'évolution doit se faire en passant de l'organisation à but non lucratif traditionnelle à l'organisation socialement responsable et profitable. Une nouvelle forme de philanthropie des organisations s'organise et certaines s'orientent vers l'entrepreunariat social.
Il reste des points à examiner comme les disparités de salaires entre femmes et hommes dans le secteur, l'évolution du volontariat et du bénévolat, l'effet incitatif ou répulsif que le bénévolat des parents a sur leurs enfants.

(Washington Post.com, 03/03/2008 : "Nonprofits in Trouble ; Struggling to Recruit and Retain Talented Employees")

Jean-Yves Ruaux

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