Seniorscopie.com, la lettre d'informations professionnelles de Notre Temps
Inscrivez-vous à la
Newsletter Seniorscopie:

Marketing
Back Retour | Send  Envoyer à un ami | Print Imprimer cet article

Etats-Unis
Les plus de 50 ans oubliés par la pub en dépit de leur appétit de consommation

Mis en ligne le 19/08/2008

Les meilleurs consommateurs, les plus riches, les plus dépensiers, ont plus de 50 ans. Les publicitaires ont souvent moins de 30 ans. Focalisée sur les 18-49 ans, la pub manque souvent sa cible. Cherchez l'erreur.

La centaine de millions ou presque de consommateurs américains de plus de 50 ans possèdent plus de 5 500 milliards d'euros de bien et 70% du revenu disponible dans le pays. Un détail que les publicitaires n'ont pas forcément remarqué ! Pourtant les seniors dépensent des millions d'euros chaque année en voyages, électronique, automobiles et appareils de toutes sortes. Pourtant, le marketing reste invariablement focalisé sur les 18-49 ans. En fait, cette obsession a débuté dans les années soixante, lorsque les boomers étaient des gamins. Depuis, ils n'ont pas cessé de consommer mais la pub les a oubliés. Plus de la moitié des voitures neuves sont vendues aux plus de 50 ans. Mais, 10% seulement des budgets de pub auto ciblent ce segment. Le quart des Vespa est acheté par les seniors, mais pas un centime de pub ne s'adresse à eux. Ils possèdent plus de 19% des iPods, mais la pub concernant ce produit ignore les plus de 35 ans. Pour leur défense, les pubards disent que s'ils ciblent les 18-49 ans, c'est qu'ils ne sont pas fidèles aux marques. Une bonne analyse les conduirait à mieux répartir les budgets car les plus de 50 ans ont des comportements qui sont proches de ceux de leurs cadets. La consommation est plus affaire de besoins que d'âge. Avec la confusion des générations, les besoins des quinquas peuvent ressembler à ceux de jeunes pères. Une étude comparative de Focalyst consacrée aux 18-44 ans et aux 44-62 ans montre que 62% des premiers et 61% des seconds sont infidèles aux marques. La versatilité est donc partagée à degré égal par les générations. Autre exemple d'erreur : en parlant d'un "dortoir sur roues" pour vendre son Element, Honda a ciblé les jeunes. Quand la compagnie a constaté qu'elle en vendait plus que prévu, elle a analysé ses ventes. Les observateurs ont constaté que l'âge moyen de ses clients était de 44,7 ans. La compagnie s'est donc demandé où elle s'était trompée, raconte Chuck Nyren auteur de "Advertising to the Boomers". Ses responsables se sont juste dit qu'ils avaient commis une erreur, sans en chercher la nature. Or, insiste Nyren, être efficace c'est adresser le bon message à la bonne cible. Ce qui n'est pas souvent le cas. "Les jeunes sont plus faciles à convaincre. Pour s'attacher un consommateur de plus de 50 ans, il faut travailler davantage et avec plus de finesse, mais le retour sur investissement peut être extraordinaire. Or, les salariés des agences, surtout les créatifs, ont majoritairement entre vingt et trente ans. Ils ne nourrissent aucun intérêt pour des campagnes visant les seniors. Cela ne les intéresse pas. Ils ne savent pas comment s'y prendre. Ceci explique que leur pub ne marche pas ! ". Réponse du pubard Bernstein : "S'il s'agit de créatifs de talent, l'âge n'est pas un problème". Son agence accorde de moins en moins d'importance aux études de population et davantage aux études de personnalité, aux valeurs, aux styles de vie. "Un quinquagénaire d'aujourd'hui peut vivre, ses enfants partis, dans un nid vide ou être un jeune père. Ce qui change tout ! Un boomer peut ainsi être plus proche d'un trentenaire que de quelqu'un qui a un an de moins que lui". Il ne faut donc négliger aucun groupe d'âge, ne pas en privilégier un au détriment des autres car chaque segment a ses besoins. Il faut surtout savoir que la vie ne s'arrête pas à cinquante ans. Le marché des plus de cinquante ans ne se limite ni aux produits de dentisterie, ni au funéraire. On doit aussi tenir compte du fait que de plus en plus d'étudiants réintègrent le domicile parental, où ils vivotent, après leurs études. Donc un publicitaire ou un marketeur doit se souvenir que les quinquas ne vivent pas comme les 20-30 ans d'allocations ou d'aides mais de revenus substantiels. Ils méritent donc toute l'attention.
Le succès de  la marque de chaussures New Balance dont la part de marché est passée entre 1999 et 2001 de 3 à 10% ne vient pas de la pub mais du fait qu'elle offre cinq largeurs différentes de chaussures pour satisfaire l'éventail le plus important possible de clients. Pendant ce temps, les parts de marché de Nike et de Reebok's sont tombées respectivement de 48 à 43% et de 15 à 12%.

(McClatchy Newspapers, 07/08/2008 : "Forgotten consumers, marketers ignore baby boomers who have more money")

Back Retour

Haut de page  Retour en haut de page


Newsletter Envoyer cet article
Votre nom* :
Votre adresse e-mail* :
Adresse e-mail du destinataire* :
Votre message :
* = champs obligatoires