27 heures de télé hebdomadaires pour les 65+
87 % des personnes regardent tous les jours la télévision en 2008 contre 77% en 1997. La multiplication des chaînes thématiques et l'accès à l'Internet haut débit ont diminué le nombre de réfractaires qui se recrutent en particulier dans un public de célibataires jeunes et urbains, cultivés.
La consommation quotidienne de télévision des 45-54 ans, analogue à celle des 35-44 ans, concernait 73 % de l'effectif et désormais 88 %. L'audience des 55-64 ans a grimpé de 86 à 92 %, celle des 65+ de 88 à 96 %.
La durée moyenne de présence face à l'écran croît avec l'âge mais elle s'est tassée. Elle est de 19 heures pour les 25-44 ans. Elles est passée de 19 à 21 heures pour les 45-54 ans. Elle est stable à 23 heures hebdomadaires pour les 55-64 ans et a légèrement progressé de 26 à 27 heures pour les 65+.
Les anciens cadres proches des actifs cultivés
Le temps accordé à la télévision a peu augmenté en raison de la concurrence des autres écrans. Il ne se renforce désormais plus que dans la dernière partie de la vie. Les modes de consommation de la télévision varient avec les situations et les âges. On regarde la télévision à 49% en compagnie de quelqu'un chez les 35-44 ans et à 60% chez les couples de 62 ans et plus. Une importante minorité augmente avec l'usage de consommations différenciées et différées en raison de la possession de plusieurs récepteurs au domicile et de la possibilité de stockage d'émissions.
La consommation de télévision la plus forte se situe avec plus de 30 heures chez les plus de 65 ans (35%), les anciens ouvriers (45%) et employés (42%). Les anciens cadres, en revanche, regardant la télévision plus de 30 heures hebdomadaires sont seulement 17%. Leurs pratiques se rapprochent le plus de celles des actifs cultivés. La consommation de TV augmente avec l'âge. Mais, elle diminue avec la croissance du niveau d'études. Elle est de plus de 20 heures hebdomadaires pour des moins de 40 ans sans diplôme et de 15 heures pour des bac+4.
L'usage d'Arte augmente avec l'âge
Plus on est un gros consommateur de télévision, plus on regarde TF1 (31%). La grande chaîne privée vient loin devant France 2 qui est passé de 18 a 12 % au profit d'Arte et des chaînes thématiques. L'audience de France 2 et France 3 est largement corrélée avec l'âge. 38 % des personnes de 65 + citent l'une ou l'autre de ces deux chaînes contre 13% des 35-44 ans et seulement 4% des 15-19 ans.
A l'inverse, M6 est citée par 34% des 15-19 ans et 29% des 20-24 ans. L'usage d'Arte augmente avec l'âge (50% des anciens cadres) et des diplômes. Mais son audience est faible chez les lycéens et étudiants. Certaines émissions, telles que Capital et Thalassa ont un caractère consensuel et sont regardées aussi bien par les cadres que par les ouvriers. Mais, elles sont précédées par les feuilletons. Cadres et intellectuels de tous âges ont peu d'intérêt pour les émissions au spectre purement distractif. Plus belle la vie fédère quels que soient les âges. Mais Les Experts et NCIS sont moins regardés par les aînés dont les préférences vont toujours à Dallas. Sept des huit séries préférées sont le fait de femmes. Les Feux de l'amour et Plus belle la vie sont regardés par des gros consommateurs de télévision. Mais Desperate Housewives y a ramené un public de gens distanciés à l'égard des fictions traditionnelles du petit écran.
Le retour des seniors au cinéma
Quid du cinéma et des DVD ? En 1997, 72% des Français disposaient d'un magnétoscope. Aujourd'hui, ils sont 90% à avoir un magnétoscope ou un lecteur de DVD. 65% regardaient alors des films sur leur engin. Ils sont 74% aujourd'hui. 49% étaient allés au cinéma. Ils sont 57% désormais. 18% des Français regardent des films qu'ils téléchargent. La croissance de la fréquentation des salles de cinéma a été particulièrement remarquable à tous les âges, mais entre autres aux âges moyens et élevés, puisque 45% des 45-54 ans allaient au cinéma contre 56% aujourd'hui. C'était le cas de 34% des 55-64 ans contre 44 % aujourd'hui. Les 65+ qui allaient au cinéma pour 18 % d'entre eux sont désormais 26% à le fréquenter. Cette proportion diminue chez les moins de 35 ans mais les seniors compensent. Aller au cinéma plus d'une fois par mois devient rare chez les moins de 35 ans et fréquent chez les seniors qui retrouvent le chemin des salles au départ des enfants du domicile. Ce phénomène est nouveau au regard des générations précédentes.
Les ménages détiennent en moyenne 40 DVD mais 62 lorsqu'ils ont des enfants. Ce nombre descend, passé 65 ans. Regarder des DVD dépend plus de l'âge et de la situation familiale que du milieu social. 57% des Français en regardent chaque mois, 25% chaque semaine, 27% épisodiquement. L'achat est massif (63% contre 30 % pour la location) chez les moins de 45 ans surtout s'il y a des enfants au foyer. L'enregistrement est une activité d'homme retraité.
Les sorties n'ont pas souffert du numérique
Ce sont la TV et la radio, la lecture, pas les sorties qui ont souffert du numérique. Le cinéma a étendu sa clientèle vers les plus âgés. On assiste donc au vieillissement du public des spectacles, des concerts notamment. Le cinéma en tire une valeur positive: "Quant aux retraités, qui sont, dans l'ensemble, moins nombreux à fréquenter les salles, une minorité d'entre eux se montrent des spectateurs assidus dont le rythme de fréquentation est même supérieur à la moyenne nationale "(p 105). Les westerns sont appréciés des hommes âgés mais rejetés jeunes femmes "On peut dire que les moins de 35 ans préfèrent les films américains tandis que les 45 ans+ penchent nettement du côté des films français, les 35-44 ans étant pour leur part dans une position intermédiaire"(p 111).
La radio en recul sauf chez les seniors
Le recul de la radio est très marqué chez les 15-24 ans (56% en 2008 contre 71% en 1997). Elle a aussi diminué sa part dans les autres catégories sauf chez les 55-64 ans et les 65 + chez qui elle s'est accrue.
L'écoute quotidienne de musique a progressé de 50% chez les 45-54 ans , passant de 15 à 23 à 23 % et doublé chez les 55-64 ans passant de 8 à 15 %. Elle est aussi passée de 4 à 10 % chez les 65+.
"Le boom musical amorcé dans les années 70 n'est donc pas achevé : ses ondes de choc continuent de se propager dans la société française à mesure que les générations qui l'ont porté avancent en âge. Ce mouvement de fond, qui alimente la progression de l'écoute fréquente de la musique se traduit aussi par un profond renouvellement des préférences musicales du fait de l'émergence régulière de modes d'expression jeunes que les générations n'abandonnent pas en vieillissant." (p 121). L'écoute de la musique française croît avec l'âge au détriment de la musique anglo-saxonne. Elle se situe à 22% à 15-19 ans et à 56% au delà de 55 ans.
La musique classique malmenée
Mais, "les musiques étiquetées comme jeunes comptent de plus en plus d'amateurs parmi les adultes" (p 122). On mesure aussi sur les seniors les premiers effets du boom musical des seventies. Mais, "plus les adultes restent fidèles en vieillissant aux genres musicaux de leur jeunesse, plus la musique classique peine à renouveler son public." (p122)
L'usage des radios diffère fondamentalement entre les très jeunes et les publics de la maturité.
"Les radios généralistes ( Rtl, Europe I, France Inter) ou d'information en continu comme France Info sont plus écoutées par les auditeurs âgés, avec des nuances qui tiennent au niveau de diplôme et au milieu social : France Info, France Inter, et dans une moindre mesure Europe I, sont privilégiées par les milieux diplômés, alors que RTL est plus fréquemment cité par les indépendants et les retraités de milieu populaire." (p 125)
Ecouter quotidiennement de la musique demeure le fait de la jeunesse même si les adultes en écoutent plus qu'avant . On connaît l'hostilité des plus de 45 ans aux musiques électroniques et rap mais
" La musique rock et pop a cessé depuis longtemps d'être l'apanage de la population juvénile : elle est aujourd'hui autant écoutée par les 35-44 ans que par les 15-19 ans et ce n'est qu'à partir de 55 ans que ses amateurs deviennent plus rares, au moment ou ceux de la musique classique augmentent" (p135)