|
Michèle Debonneuil, inspectrice générale des finances
Les services à la personne pourraient nous guérir du chômage
Mis en ligne le 07/01/2008
La productivité s'évalue aujourd'hui en termes de qualité et non plus en termes de quantité. C'est ce qui a permis, selon Michèle Debonneuil, inspectrice générale des finances, l'essor des services à la personne. Mais même si l'argent est toujours au cœur des problèmes, les services pourraient être une solution pour remédier au chômage.
L'éclairage économique sur les services à la personne Pour assurer l'essor de l'économie de services, il a fallu accepter, selon Michèle Debonneuil, inspectrice générale des finances, de privilégier la qualité et non plus la quantité pour définir la productivité. "On a assisté au début à l'idée que les services improductifs pouvaient exister grâce aux gains des biens productifs. Les services étant bien sûr improductifs puisque non mesurables. C'était l'école, la médecine... C'était aussi les services à temps complet aux familles aisées et les services minimaux à destination des publics fragilisés, des enfants, des personnes âgées ou handicapées." Mais une nouvelle économie a dû apparaître rendant alors productifs les services, la productivité étant qualifiée par rapport à la qualité. "Cela a été difficile à faire comprendre et ça l'est encore. Mais cette évolution touche toute l'économie. On voit par exemple qu'il faut ouvrir la technologie de l'information, connecter les distributeurs, les producteurs et les consommateurs." "On pense que pour nous sauver, il faut baisser les salaires. Mais non, il faut les augmenter si l'on veut plus de qualité. Pensez à Ford ! Bien sûr, il ne faut pas augmenter les salaires comme ça mais il faut bien payer les salariés pour avoir plus de qualité de leur part." Les services, remède contre le chômage ? Selon Fabrice Druelle, rédacteur en chef adjoint à France Inter et animateur du débat, "neuf Français sur dix seraient demandeurs de services". Pourtant, il est encore compliqué d'y avoir recours. "Plus l'offre va se développer, plus le besoin va se faire sentir. On a vu avec le portable ! Aujourd'hui, on ne peut plus s'en passer", rappelle Bruno Arbouet, directeur général de l'ANSP. "Il nous faut réussir à construire cette nouvelle offre face à ces nouvelles demandes." Le problème, pour Michèle Debonneuil, "c'est le paiement. Lorsque le particulier paie 1h, l'Etat paie deux fois cette heure pour la structure, l'encadrement... Et ça, on a encore du mal à le comprendre. Bien sûr, il suffit de l'essayer pour l'adopter mais encore faut-il pouvoir l'essayer. C'est compliqué. Et puis nous devons travailler sur les conditions de travail, les relations entre employé et particulier." "Pour développer les SAP, il faudrait payer l'heure à 25/30€ or les personnes sont prêtes aujourd'hui à mettre 10/13€, pas plus... C'est là notre problème. Et ça le restera tant que nous vivrons dans une société de consommation où ce sont les produits qui priment. Aujourd'hui, on est en difficulté à cause de la mondialisation. On s'entête à fabriquer des choses que les autres pays font 30 fois moins chères. Et bien entendu, nos salaires régressent... Si tous les foyers pouvaient consommer 1h de SAP par semaine, ça représenterait deux millions d'emplois. Ca pourrait régler le problème du chômage."
Nolwenn Neveu
|