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Démographie
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France
Nombreuses migrations vers l'Ouest et le Sud au détriment du Nord et de l'Est

Mis en ligne le 15/07/2009

Entre 2004 et 2008, plus de cinq millions de personnes ont changé de département. Une nouvelle carte démographique se dessine avec le renforcement de certains départements ruraux et un sérieux déficit pour le Nord et l'Est. L'Auvergne vieillit. Des conséquences sur l'immobilier sont possibles.

Sommaire Sommaire de l'article
Plus L'attraction de la ruralité
Plus Les retraités quittent la région parisienne

Comme plusieurs études de l'Insee l'on déjà montré, l'Ouest et le Sud attirent, contrairement au Nord et au Nord Est de la France. Les conséquences de migrations peuvent contribuer à remodeler le paysage immobilier. Les migrations, repérées par l'Insee entre 2004 et 2008, privilégient des départements ruraux au détriment des départements urbanisés. Elles privilégient aussi les villes-centres de province.

L'attraction de la ruralité
Celles-ci exercent aussi leur attrait sur les 18-24 ans, vu l'implantation des universités, et les jeunes cadres. En revanche, les départements les plus urbains du Sud manquent désormais d'attrait. Plus de 5 millions de personnes ont changé de département entre 2004 et 2008. Soit 10% de la population métropolitaine. Les soldes positifs des migrations sont enregistrés essentiellement dans des départements situés au sud d'une ligne Finistère/Haute-Savoie. Soldes négatifs en revanche dans le Nord, le Nord-Est et les départements franciliens, notamment la Seine-Saint-Denis et Paris. En perte aussi la Seine-maritime. Cette migration privilégie les départements plutôt ruraux du littoral ouest (Côtes d'Armor, Vendée, Morbihan) du Sud-Ouest (Tarn-et-Garonne, Tarn, Landes, Aude, Ariège... ), et du Massif central (Corrèze, Creuse... ). Ces départements confirment leur attractivité alors que d'autres zones rurales la retrouvent, telles le Cantal, les Deux-Sèvres, la Saône-et-Loire... Des départements, auparavant attractifs, perdent une part de leur capacité d'aspiration. Ce sont l'Hérault et la Haute-Garonne. La région parisienne, dans son ensemble, perd du terrain.

L'Insee s'est attaché à déterminer une typologie des départements attractifs.

  • Ce sont principalement ceux dont plus de 50% de la population résident dans un espace à dominante rurale, comme les Landes, les Alpes-de-Haute-Provence, la Vendée, les Hautes-Alpes, la Lozère.
  • Les villes-centres de l'Ouest et du Sud-Ouest captent beaucoup d'arrivées. Il s'agit de départements où la part rurale est importante mais où les villes concentrent les mouvements de population. C'est notamment le cas des départements bretons.
  • C'est dans l'espace rural que se fixent les populations pour les Hautes-Alpes, les Alpes-de-Haute-Provence, la Drôme, l'Ardèche, la Lozère et ceux de Corse.
  • Les flux de population touchent essentiellement des départements voisins, les moins peuplés s'étoffant au détriment des plus peuplés.

On peut y voir une relation avec le coût de l'immobilier puisque la migration observée touche beaucoup les jeunes et les cadres qui sont les plus mobiles. 20% des cadres ont bougé. En revanche, seuls 4% des retraités ont changé de résidence. Les champions sont les 18-24 ans (21%) dont leur destination études ou emploi pilote le déplacement.
L'étude note que "à partir de 40 ans, la mobilité baisse fortement : 6,5 % des 40-59 ans et 4% des 60 ans et plus ont changé de département en cinq ans. 73% des migrants sont âgés de moins de 40 ans, alors qu'ils représentent 47% de la population totale." On peut imaginer que ces migrations sont largement reliées à la sphère professionnelle puisqu'elles touchent beaucoup les 25-39 ans. Cette hypothèse est confortée par les mouvements de la catégorie cadre dans la plupart des zones. Ils jugent particulièrement attractifs le Morbihan, la Vendée, la Charente-Maritime, les Landes, l'Ariège, le Gard, l'Ardèche, le Var, les Alpes-de-Haute-Provence... Le manque de dynamisme des échanges frappe en revanche le Nord, la Marne, la Meurthe-et-Moselle, le Doubs, le Calvados...

Les retraités quittent la région parisienne
L'attractivité économique des Hauts-de-Seine, de Paris ou des Yvelines se maintient en revanche pour cette catégorie. "Dans ces départements d'Ile-de-France, c'est pour les retraités que le déficit est le plus marqué. Les départs de personnes âgées y sont beaucoup plus nombreux que les arrivées." L'installation des cadres à l'Ouest ou au Sud s'accompagne donc d'un départ de retraités vers ces destinations. Les Antilles demeurent attirantes pour les plus de 40 ans.
Cette étude générale demande à être affinée au regard de la situation des régions. L'Auvergne affiche une spécificité intéressante. Elle a gagné 47 375 nouveaux logements entre 1999 et 2006 et parallèlement 27 290 nouveaux habitants seulement, selon l'étude régionale de l'Insee. Ceci signifie à la fois que la taille des foyers a rétréci et que le nombre de résidences secondaires a augmenté. Le focus réalisé par l'Insee sur l'Auvergne montre encore une mue des résidences secondaires qui deviennent domicile principal à l'heure de la retraite.
Le vieillissement de la région est également attesté par l'augmentation du nombre de logements vacants, libérés par le départ de personnes en maisons de retraite. C'est la région où l'on compte le plus grand nombre de résidences secondaires avec Paca, Languedoc-Roussillon et Basse-Normandie. Mais c'est surtout une région où les 50-74 ans sont le plus souvent propriétaires de leur domicile qui est une maison individuelle.

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