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Australie
Papycrash en vue à l'horizon 2020 avec la retraite des boomers et la diminution de la population active
Mis en ligne le 07/04/2008
Le départ des boomers à la retraite a pour contrepartie négative l'entrée en moins grand nombre de nouvelles générations sur le marché du travail. Un ralentissement de l'économie est en vue, de même qu'une diminution des recettes fiscales, une baisse de régime du commerce de détail et, à terme, un papycrash...
Les années 2010 verront moins de jeunes entrer sur le marché du travail que de boomers le quitter. Ce que nous vivons est la conséquence de la réduction du nombre de naissances dans les années soixante. Lorsque les boomers sont entrés sur le marché du travail, dans les années 60-70, celui-ci enregistrait 150 000 à 200 000 nouveaux talents chaque année. De surcroît, cette force de travail était confortée par l'immigration. En revanche, au début des années 2010, la population active augmentera d'à peine 100 000 personnes annuellement. Il y aura donc une pénurie de compétences. Les salariés pourront davantage discuter les conditions de leur emploi puisque les employeurs auront moins de choix. La nouvelle main d'œuvre disponible pourrait même tomber à 50 000 par an autour de 2020. Ceci peut avoir pour conséquence un ralentissement de l'économie, en raison même de la diminution des dépenses de consommation et des recettes fiscales. Le marché de l'immobilier décroîtra ainsi que la valeur de la propriété foncière ou immobilière. Ceci va poser de monstrueux problèmes aux gouvernants qui devront arbitrer et mener un pays en récession. La situation est moins dramatique en Australie qu'au Japon où la population active diminue depuis 1995, alors même que le pays n'a jamais voulu accueillir l'immigration et que les naissances y chutent depuis quarante ans. La même situation va apparaître en Chine où la population active décroîtra dès 2016. Ce sera la fin du modèle de l'essor chinois favorisé par des salaires peu élevés. Après 2016, le pays enregistrera ses premiers ralentissements économiques. Ceci peut compromettre les stratégies de développement chinoises. En Inde, en revanche, 14 à 15 millions de personnes entrent chaque année sur le marché du travail. Cette situation pourrait durer encore quarante ans. Elle pourrait favoriser l'essor du pays, et, de la même façon, celui du Vietnam. Il y aura donc compétition entre les pays pour accueillir les talents car les pays du Moyen-Orient ou de l'Amérique latine mettront sur le marché de nombreux jeunes peu qualifiés. Le départ des boomers à la retraite est anticipé par les trentenaires. Ils y voient une aubaine pour leur progression de carrière. Mais la récession en vue représente une mauvaise nouvelle pour tout le monde. En effet, la demande va baisser en termes de consommation, de même que les ventes de détail et les recettes fiscales. Tout ceci surviendra à un moment où les boomers survivants seront des demandeurs de services. La diminution de la population active en Australie est juste le signe avant-coureur de ce qui dans les années 20 pourrait être un papycrash. (The Australian, 20/03/2008 : "Skills crunch, slow labour market growth signal end of good times")
Jean-Yves Ruaux
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