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Positiver
Mis en ligne le 06/05/2008
Qui penserait que prévoir et traiter le vieillissement de la France (emploi des seniors, usages matures des nouvelles technologies, développement des services) est en fait innover ? Sans doute pas les pouvoirs publics, malgré leurs gestes médiatiques. Pour eux, la vieillesse est souvent assimilée à une maladie, ses soins à un poste de coûts croissants, l'emploi des vieux à une contrainte comptable. C'est aussi le cas de conseillers qui suggèrent les lignes de l'action officielle en coulisse, et, parfois, de certains groupes considérant leur action comme un loisir altruiste gratifiant pour son émetteur ! Reste à savoir si ce divorce senior entre action-ronron et prospective-anticipation représente un cas isolé dans l'océan de l'activité économique française. Le président hyperactif donne une image trépidante. Son gouvernement, ivre de réformes, livre une impression d'omniprésence sur les fronts où le futur se joue. Mais qu'en est-il de l'effet de leur action ? Le mauvais sort fait aux Français matures constitue-t-il une exception ? Las, le palmarès compilé par Eric Le Boucher ("L'histoire repasse les plats de l'innovation", Le Monde, 04-05/05/2008), l'intraitable chroniqueur économique du Monde, noircit l'ensemble du tableau de manière particulièrement cruelle. Part française dans la valeur ajoutée industrielle de l'Europe : France, 4e (11%), derrière l'Allemagne (23%), le Royaume-Uni (14,9%), l'Italie (13%). Dynamisme technologique des nations : France, 12e sur 27. Connectivité et infrastructures : France, 13e sur 27. La question du vieillissement n'est donc pas singulière. On tentera pourtant de positiver et de se réjouir. En effet, avec un taux d'emploi des 55-64 ans de 38%, la France ne démérite pas puisque l'on trouve une flopée de grands pays derrière elle : l'Autriche, la Belgique, la Grèce, la Pologne, le Luxembourg, la Slovaquie, la Slovénie, la Hongrie ! On est 17e sur 25 au sein de l'UE. Un résultat nettement supérieur à celui que la France obtient dans le domaine de l'adoption des technologies par les consommateurs ; la France y termine au 23e rang sur 27 dans l'Europe élargie. Tout ne va donc pas si mal.
Jean-Yves Ruaux
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