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Recette
Mis en ligne le 10/06/2008
Prenez un boomeur, une boomeuse, voire les deux. Choisissez-les de préférence prospères, joviaux, paisibles, assurés de leurs lendemains. Juste relevés de quelques doux soucis, type prochaine croisière, achat d'une nouvelle voiture, d'un moïse pour leur premier petit-fils, voire d'un camping-car. Confrontez-les, d'abord à feu très doux puis avec davantage d'intensité, à un conseiller financier. Avant de les faire frémir, le banquier les passera brièvement sur le gril - un aller et retour suffit - afin de leur montrer qu'ils se bercent d'illusions s'ils pensent que leur affiliation à l'assurance maladie et à une mutuelle couvriront leurs dépenses de santé sans entamer leur pécule. Ensuite, il les fera rissoler dans le stress et l'inquiétude que ses questions susciteront. Il leur montrera que s'ils se contentent de chercher à se maintenir en bonne santé sans agir sur un plan financier... ils risquent d'être fortement pris au dépourvu par les dépenses résultant de la perte d'autonomie. L'entretien sera mené à feu vif. L'objectif est de faire fondre les belles certitudes dont les boomers sont parés. Ceux-ci doivent en fin de chauffe présenter une parfaite adhésion aux attentions de la banque. Normalement, ils sont faits à point pour souscrire aux plans d'épargne retraite, santé, ou autonomie. Cette recette est signée de la Lincoln Financial qui a embauché les meilleurs spécialistes en recettes de marketing. La compagnie financière a mis au point les ustensiles - sondages, enquêtes, communication - propres à mortifier le quinqua le plus optimiste afin de le couler dans la gamme de préparations correspondante. Mercatique aux petits oignons et cuisine intégrée. Rien de mieux pour une recette... profitable !
Jean-Yves Ruaux
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