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Caroline Laporthe, directrice de Prendre Soin Domicile
SAP : la nécessité d'une information spécialisée
Mis en ligne le 27/11/2007
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Caroline Laporthe, directrice de Prendre Soin Domicile (Nolwenn Neveu)
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Le secteur des services à la personne évolue vite mais il se confronte aujourd'hui à des paradoxes. Comment valoriser sans moyens ? Comment faire du maintien à domicile un acte spécialisé quand de nombreux acteurs se lancent ? Dans ce contexte, une information spécialisée accessible est essentielle. Prendre Soin se donne cet objectif.
Le maintien à domicile est le thème du magazine Prendre Soin Domicile mais cela ne représente qu'une partie des services à la personne. Il s'agit cependant d'un des segments les plus importants et dynamiques car les seniors sont globalement une catégorie à la fois aisée et concernée par l'aide aux personnes fragilisées voire dépendantes, soit directement, soit pour leurs parents devenus très âgés. Il a été créé en 2005. En tant que témoin sur le secteur des services à la personne, que pouvez-vous constater ? Depuis quatre ans, on voit bien l'évolution du secteur et plus spécialement depuis le Plan Borloo qui a donné ses lettres de noblesse au secteur. Au départ, quand j'ai lancé le magazine, on m'a dit que ce n'était pas la peine, que les gens dans ce secteur ne savent pas lire. Aujourd'hui, on ne pourrait plus tenir ce discours. La profession évolue très vite, notamment grâce à la création de l'ANSP (Agence nationale des services à la personne) qui a contribué à développer l'offre, à élargir la cible des services à la personne plus rapidement que prévu. Il y a maintenant des offres pour tous. Y compris pour les seniors ? Tout à fait. Je voudrais dire que cet accès aux services est particulièrement crucial pour les seniors qui cumulent un fort pouvoir d'achat et un début de fragilisation, car la dépendance n'arrive pas brutalement dans la plupart des cas. Le secteur s'est peu à peu transformé : les réseaux spécialisés dans le maintien à domicile (UNA, ADMR, ADESSA, ...) ont voulu sortir de leur ghetto pour aborder d'autres marchés. Et inversement : les nouveaux acteurs visent maintenant les personnes dépendantes, grosses consommatrices d'aide à domicile. La preuve en est le Salon des services à la personne. Il n'en reste pas moins qu'il existe une vraie spécialité du maintien à domicile au sein des services à la personne. Le secteur appartient au champ du social. Il ne s'apparente pas à de la pure logistique. Il est vraiment à la frontière du monde de la santé. C'est en tout cas ce que défend le magazine Prendre Soin. L'évolution est-elle donc positive pour tous ? Pas forcément parce que cette évolution est paradoxale... Nous qui faisons un magazine pour les auxiliaires de vie, on voit bien que d'un côté il y a eu des conventions collectives qui ont prévu des augmentations de salaire (25% en 3/5 ans) et de l'autre on a augmenté les contrats aidés. On voit aussi qu'il y a des plans de formation mais très peu les suivent parce que leurs employeurs refusent de les augmenter ensuite en rapport avec leur qualification. La logique économique est étonnante : on veut s'appuyer sur l'Etat, valoriser les métiers mais on n'a pas les moyens pour. Il n'y a pas nécessairement de convergence entre les envies et les moyens. Il y a donc besoin d'informer... Oui. Jusqu'à présent, l'information restait assez technique voire aride. Aujourd'hui, elle devient accessible au grand public. Tous les grands magazines font des dossiers complets sur les services à la personne. Il y a une profusion d'informations qui va aboutir à la spécialisation des supports de presse : il devient difficile de suivre toutes les nouveautés ou changements réglementaires sur le maintien à domicile, on en prend conscience quand nous faisons notre newsletter hebdomadaire (revue de l'actualité pour les dirigeants de service d'aide ou de soins à domicile). Dans ce contexte, le magazine Prendre Soin se positionne comme le magazine de référence pour le maintien à domicile. Il va réaliser début 2008 un virage stratégique en passant d'une cible principalement professionnelle à une cible grand public. Aujourd'hui, Prendre Soin, c'est 3 000 exemplaires, 90% de lecteurs professionnels. Notre objectif est d'arriver à 10 000 exemplaires, et à un lectorat constitué de familles à 50%. Prendre Soin devient partenaire de réseaux associatifs, notamment de l'Association française des aidants familiaux pour devenir le magazine de tous les aidants, familiaux ou professionnels.
Propos recueillis par Nolwenn Neveu
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