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Sex and the seniors

Mis en ligne le 02/06/2008

Quel rapport existe-t-il entre les pétulantes interprètes du feuilleton Sex and the City devenu film et les employés seniors de plus de 55 ans de l'Insee stagnant dans une même fonction et un même grade, sans avancement ni promotion possibles, jusqu'à leur retraite ? Aucun. Sauf que Charlotte, Miranda, Carrie et Samantha jouent depuis dix ans le même rôle de célibattantes newyorkaises, gérant à l'écran leur vie professionnelle, leurs amants, avec un entrain qui confond l'entendement. En effet, non seulement, les producteurs les ont maintenues dans la même fonction de pestes à la fois séduisantes et imbuvables, de croqueuses d'hommes insatiables, mais, après 94 épisodes télévisés, ils sont parvenus à les faire rempiler pour le long métrage. On se perd en conjecture sur les moyens de séduction ou de coercition qu'ils ont dû déployer pour prolonger dans leur activité, ces seniors du rôle prêtes à jouer à vie les trentenaires espiègles sans donner le sentiment d'être punies. On est d'autant plus perplexe sur la gestion des ressources humaines à l'Insee. Si l'on en croit la lettre adressée par l'intersyndicale à la direction (cf. Seniorscopie, 26/05/2008), on utilise la barrière d'âge pour éviter de promouvoir les aînés, tout en les obligeant à prolonger leur carrière afin de bénéficier d'une pension à taux plein. Une situation inextricable et torturante digne du rocher que Sisyphe devait constamment ramener au sommet de la montagne, tout en se faisant dévorer les tripes par un oiseau de proie. On se perd donc encore en conjecture, mais cette fois sur les objectifs de la gouvernance à la française. Le plaisir au travail serait-il l'ennemi de l'efficacité ? La désespérance organisée est-elle un outil de management ? Le patron de l'Insee envisage-t-il de présenter au prochain festival de Cannes un long métrage sado-masochiste, avec en toile de fond une histoire de seniors devant travailler tout en subissant des vexations imméritées ?

Jean-Yves Ruaux

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