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France
"Vivre plus longtemps, un défi pour innover sur les territoires"
Un colloque FING met en évidence la sophistication du marché du vieillissement
Mis en ligne le 24/06/2009
Albums photo, testaments virtuels, dossiers médicaux (Etherna, Memoree...), conception-maîtrise d'ouvrage pour appartements évolutifs au fil de l'avancée en âge (Arelia, Ida,...), ordinateurs tactiles ou à lecteurs RFID (E-Sidor, Web Napperon...), nouvelles convivialités interâges (La maison ouverte)...Le fourmillement des expériences partagées lors de "Vivre plus longtemps, un défi pour innover sur les territoires", le colloque FING de Laval, le 11 juin 2009, montre que le vieillissement est l'enjeu d'un marché diversifié et en pleine structuration
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Sommaire de l'article
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Mémoire des villes et dossier du résident Recueillir la mémoire des familles, des villes ou des entreprises aurait pu paraître, il y a peu d'années, comme une affaire de vieux messieurs aimant mettre le nez dans la poussière des archives et des vieux papiers s'effritant à la lumière. Or, Memoree-mémoires du monde est une start-up basée dans le cadre champêtre et high-tech de la technopole de Laval qui a réussi à intéresser plusieurs entreprises privées et institutions publiques à son développement. L'objectif est celui de la transmission de la mémoire, celle des individus, des villes, des entreprises, des savoir-faire et du patrimoine immatériel des entreprises. Memoree travaille aussi avec les maisons de retraite sur le dossier du résident qui sert de support aux aidants. Cette jeune société, qui compte quatre collaborateurs actuellement, est le type même des entreprises qui actuellement travaillent dans le domaine du vieillissement. Lors du colloque de Laval, plus d'une vingtaine de laboratoires et de sociétés et d'institutions ont ainsi partagé innovations, questionnements, avancées qui s'inscriront dans une redéfinition de l'économie senior avec l'avancée en âge. L'innovation technologique alliée au service Au regard des expériences présentées, il ne s'agira pas d'une économie du "tout-technologie" substituant l'électronique à l'humain mais alliant les deux éléments. Il ne s'agira pas non plus d'une économie publique en concurrence avec le privé mais d'une symbiose ayant pour objectif d'adapter l'environnement à l'avancée en âge de la personne. Aujourd'hui, les Etats-Unis, qui comptent plus de dix millions de malades chroniques et de dépendants à des degrés divers, redoutent le triplement de ce nombre à l'orée de 2030, lorsque les boomers seront devenus des octogénaires. Beaucoup d'entreprises et de collectivités françaises ont compris que l'avenir de l'économie du vieillissement était une économie mixte avec des initiatives partagées. Citons par exemple le département du Rhône avec son laboratoire Erasme, la région Pays de Loire avec des cybercentres qui ne visent plus seulement les jeunes mais une coordination locale entre les générations, les Yvelines, avec la promotion d'un dossier médical électronique partagé évitant la ressaisie et la manipulation de gros dossiers papiers pour les personnes âgées et patients. Parcours virtuels en supermarché Un laboratoire de psychologie cognitive (université Laval-Angers-Arts et métiers) utilise des parcours virtuels en supermarché pour la rééducation mémorielle et réflexe après des accidents vasculaires cérébraux. Demain, ces parcours virtuels pourraient aussi être utilisés pour redéfinir les espaces d'achats en fonction d'une évolution de la population. Globalement, l'idée japonaise de ne pas penser l'individu comme handicapé mais l'environnement comme handicapant et de penser l'autonomie comme la relation réciproque de la personne à son environnement et aux espace publics fait son chemin. Il s'agit d'un défi pour les territoires, les entreprises et les collectivités. Ce défi ouvre de nouveaux marchés aussi bien aux équipes d'aménageurs, architectes, transporteurs, économistes et ergonomes et sociologues, mais aussi à un chaînage des métiers. Des appartements adaptés au maintien à domicile On prendra pour exemple le projet Innovation Domicile Autonomie (IDA) que pilotent conjointement la communauté d'agglomération de Rennes, le bailleur social Archipel Habitat, le laboratoire universitaire Loustic, spécialisé notamment dans l'évaluation d'usage de l'ergonomie des outils informatiques et interactifs, la société Arelia. Le projet, selon la déclaration d'intention de ses concepteurs, consiste à "expérimenter dans un appartement témoin une série de services technologiques (téléassistance, communication...) dédiés au maintien à domicile avec tests d'usage, d'ergonomie, d'acceptabilité, auprès de personnes âgées locataires du bailleur..." Maxime Tachon, et la société de conseil Arelia, accompagnent l'association de soins et services à domicile qui pilote le projet sous l'égide d'un comité stratégique. Le bailleur social a mis à disposition un appartement test avant que l'expérience ne soit déployée dans deux appartements témoins. Au bout de l'ensemble des tests, une mise en service aura lieu avec plusieurs appartements adaptés, compte tenu du vieillissement des locataires du bailleur. Allier innovation et services dans une économie inédite Les appartements sont des socles techniques qui permettent de déployer des prototypes à usage de la personne comme des intervenants au domicile. Les études montrent en effet que la question de la sécurité est importante avec l'intervention de dix à quinze personnes par semaine au domicile d'une personne dépendante. Par ailleurs, l'évolution de la dépendance peut amener à modifier l'équipement alors qu'un handicap adulte est davantage fixé. Les appartements tests et témoins permettent d'observer ce qui fonctionne et ce qui est rejeté, tant par l'occupant que par les intervenants. Ceux-ci auront à disposition un cahier électronique de suivi commun qui évite les pertes de documents ou les absences de mise à jour. 18 mois d'expérimentation Plusieurs sociétés innovantes participent au projet (E-Sidor, Ordimemo, Communicartes...). L'objectif est de définir une acceptabilité des produits qui varie selon les degrés de dépendance et la culture des personnes. Il n'est pas prévu de type standard d'appartement équipé mais des logements adaptés au cas par cas en fonction des demandes, des atouts ou difficultés constatés à partir d'une gamme d'innovations alliés aux services. Au bout de 18 mois, l'opération entre dans sa phase de fonctionnement de croisière avec les dispositions économiques en rapport. L'engagement d'Archipel Habitat témoigne, aux côtés des autres intervenants, d'un mode d'innovation qui ne concerne pas seulement la technologie mais tout autant les services avec pour volonté le maintien maximal de l'autonomie de la personne. Il y a là la base d'un type inédit d'économie où l'associatif trouve lui aussi sa place au sein d'une configuration sophistiquée, avec des donneurs d'ordre et acteurs qui relèvent tout autant du privé que du public. La réflexion initiée lors du Barcamp de Laval trouvera son prolongement lors d'un colloque à Cerisy-la-Salle du 12 au 14 octobre 2009. Contacts:
Jean-Yves Ruaux
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