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Un nouveau modèle de développement local avec les offres de service
Mis en ligne le 07/01/2008
Réseaux d'épiceries rurales, espaces départementaux dédiés aux services à la personne, résurgence des coopératives artisanales, cohabitation des associations et des entreprises à but lucratif... Le développement des services à la personne annonce un bouleversement des modèles économiques. 160 000 créations d'emplois en 2007 dans ce secteur montrent qu'il est le théâtre de mouvements pionniers vers la structuration de l'offre et la création de coopérations inédites entre privé et public. Avec la proximité pour maître-mot.
Réseau ADMR de soutien à domicile pour familles comprenant un handicapé (Dordogne), création d'emplois évolutifs visant à la prise en charge locale de petits travaux de rénovation de l'habitat (Loiret), transport de personnes isolées (Doubs), conversion de salariés Seb-Tefal aux métiers de service (Jura), franchises coopératives permettant le développement des prestations (Hauts-de-Seine)... Les réseaux et entreprises de services à la personne sont en plein développement avec des visées et des modèles très variables. Profiter d'une vague lancée par le plan Borloo Chaque corps de métier ou association tente de se positionner sur un marché que chacun juge prometteur. En effet, ce secteur qui emploie 1,8 million de personnes pour un chiffre d'affaires 2006 de 12,3 milliards d'euros a créé 120 000 emplois en 2006 et 160 000 en 2007. Il compte aujourd'hui 12 400 entreprises et associations pour qui l'enjeu est de profiter d'une vague lancée par le plan Borloo. Ce développement en appelle à des règles précises. Sa rapidité est génératrice de tensions. L'atelier "les offres de service, facteur de développement local" illustre parfaitement un mode de structuration s'apparentant à un puzzle, se construisant en vrac. Les coopératives artisanales reflètent la crainte de ne pas profiter du courant si elles ne se conforment pas aux règles. Ainsi, ont-elles mis en place des plate-formes qui maintiennent l'autonomie de l'artisan, font profiter son client de la TVA à taux réduit à 5,5% et fédèrent l'offre afin d'en écarter la mainmise des grosses entreprises et les sous-traitants. Les artisans se positionnent aussi bien sur l'entretien de jardin que sur celui de l'informatique domestique. Objectif : une vraie couverture du territoire qui favorisera le recours à leurs œuvres, comme l'explique Alain Bonamy, secrétaire général de la Fédération française des coopératives et groupements d'artisans. Epiciers ruraux sur le web Jean-Paul Maisonnial de l'Union des chambres de commerce et d'industrie du Massif central, évoque "le réseau des épiciers du Massif central". Il fédère 750 détaillants ruraux (bourgs de moins de 2 000 habitants) dans la région française la moins dense (45 hab/km2) mais la plus étendue. Elle leur donne plus de force face à la grande distribution, ajoute le service à la fourniture de denrées, s'est équipée pour recevoir des commandes par voie électronique. Elle fait vivre ses ressortissants par leur pénétration au cœur des zones les plus écartées et maintient le peuplement de ces zones par le service qu'elle y apporte. Les Espérades sont des espaces locaux de services à la personne résultant de la mise en coïncidence d'une vocation associative et d'exigences professionnelles afin de répondre à la demande, comme l'explique Michel Gate, président de "A Domicile Services". L'association a dû intégrer la démarche qualité à ses prestations et les construire en partant du local, avec le concours des acteurs institutionnels de la proximité, tels que les conseils généraux. Elle doit aussi intégrer la "nouvelle monnaie" qui, via le Chèque emploi service universel (le Cesu) conduit à la dématérialisation des paiements. Ces mutations peuvent engendrer de véritables débats puisque les institutions et associations ont une histoire et des modes de fonctionnement que la nouvelle donne bouscule. Trésorier de Rea Domicile, Jean-Pierre Rohart a fait de la continuité des services entre hôpital et domicile son cheval de bataille. L'ambition est que cette continuité soit assurée dans les zones rurales moins denses en relais professionnels. Mais, il redoute pour le milieu associatif la concurrence avec les entreprises, qu'il ne crédite pas, sans examen, d'une exigence éthique aussi marquée. Celle qui anime son association est fondée sur le respect et l'attention portés à la personne. Cette exigence éthique appelle à l'établissement de modes de contrôle pour que les destinataires ne soient pas lésés sur la prestation fournie, ni la qualification du prestataire. En même temps, le service à domicile soulève la question de la couverture sociale des personnels, de leur formation, de la valorisation de leur travail, et de son organisation, du déploiement d'une batterie d'avantages destinés à les fidéliser.
Jean-Yves Ruaux
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