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Royaume-Uni
Un risque : focaliser le marché financier sur les boomers en négligeant les trentenaires
Mis en ligne le 10/07/2007
L'appauvrissement programmé, mais non anticipé, des boomers pourrait avoir de lourdes répercussions sur les marchés financiers. Les gestionnaires d'actifs ne tiendraient pas suffisamment compte de la génération Y (les 20-30 ans), appelée à devenir la nouvelle génération riche. Seule une infime minorité leur proposerait quelques produits appropriés.
Le secteur de la gestion de fonds court le risque d'un séisme démographique qui pourrait affecter même les plus grands noms, à moins qu'ils ne se préparent aux changements. Le vieillissement des boomers a pour conséquence une diminution du groupe des 40-59 ans en Europe. Cette diminution devrait également toucher les Etats-Unis dans la décennie à venir. Et il s'agit précisément de la tranche d'âge qui accumulait jusqu'ici le plus de richesses. Les baby-boomers devraient certainement passer d'une accumulation de richesses à un appauvrissement progressif, mais peu de sociétés de gestion d'actifs sont prêtes à se tourner vers la génération des 20-30 ans. Pourtant, d'après une étude réalisée par Bernard Salt pour KPMG, leur apport sera vital. En cas d'absence de mesure stratégique, ces sociétés pourraient se retrouver coincées avec une clientèle qui vivrait de plus en plus sur ses pensions et allocations, explique-t-il. Les boomers ont fait les beaux jours de la gestion de fonds depuis vingt ans, mais dès la prochaine décennie, ils auront tous atteint l'âge de la retraite. De plus, il n'y aura pas de nouveaux "accumulateurs de richesses" pour prendre le relais. La population de 40-59 ans est passé à 83 millions de personnes en 2005, en Europe, soit un bond de 51% en 15 ans. Mais les prévisions annoncent une chute d'ici 2020. Et ce schéma serait le même partout. Des pays tels que la France, la Suisse, les Pays-Bas et la Finlande verront même probablement une contraction de cette tranche d'âge. L'étude menée par KPMG dans 17 pays, auprès de 125 entreprises, cumulant 3 800 milliards de dollars (2 800 milliards d'euros), a révélé, entre autres, que la moitié des sondés ne portaient aucun intérêt à la génération des 20-30 ans. Et même ceux qui se concentrent sur cette population ne parviennent pas à lui proposer des produits appropriés. Les habitudes du secteur orienteraient ces jeunes investisseurs vers des placements à haut risques tels que les actions ordinaires. Mais les recherches de KPMG ont montré que la génération jeune cherche des produits peu risqués, contrôlables jour après jour. D'après Salt, il y a un décalage entre l'industrie de la gestion d'actifs et sa clientèle. Cette industrie connaîtrait mieux ses produits que sa future clientèle et, donc, ignore comment l'attirer. Elle commence cependant à en prendre conscience et à adapter ses produits en conséquence. HSBC, par exemple, propose maintenant à ses clients de Hong Kong de vérifier le solde de leur retraite à partir d'une carte bancaire. Toutefois, Peter Hicks, de Fidelity International, rappelle le désenchantement, particulièrement profond au Royaume-Uni, des jeunes investisseurs, lassés des fausses promesses faites autour des fonds communs de placement. (Financial Times, 02/07/ 2007 : "Industry must target new group")
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