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France
Ouverture d'un master 2 sur le bien vieillir
Une formation professionnalisante pour répondre aux attentes du secteur

Mis en ligne le 24/06/2009

L'université d'Aix-en-Provence ouvre à la rentrée 2009 une filière intitulée "Politiques comparées des âges en Europe". Ce projet innovant a été lancé par Hélène Thomas, professeur de science politique. Il a pour objectif de dispenser une formation sur les problématiques sociétales et économiques en France et en Europe. Interview de l'initiatrice et responsable du master.

 

D'où vous est venue l'idée d'un master sur la politique comparée des âges en Europe ?
En France, à la différence de nombreux pays de l'Union européenne, il n'existe aucun diplôme de niveau bac+5 dispensant un enseignement sur cette question. Pourtant, la gestion des âges est une sujet auquel les autorités gouvernementales commencent à accorder une place importante, il fallait que des professionnels soient formés pour y répondre. La région Paca apparaît aussi comme un lieu d'expérimentation particulier. D'un côté, l'on constate que les jeunes ont beaucoup de mal à rentrer sur le marché du travail, de l'autre, il y a un réel problème sur la prise en charge des personnes vieillissantes.

Avez-vous sondé le terrain avant de vous lancer dans cette création ?
Non, les universitaires ne font pas d'études de marché, de toute façon nous n'en avions pas besoin. Cela fait 25 ans que je travaille sur ces questions de gestion des âges et j'ai pu constater qu'il y avait un réel déficit de chercheurs. Au niveau national, nous ne sommes qu'une centaine alors que la France compte plus de 12 millions de plus de 60 ans et en comptera plus de 21 millions à l'horizon 2030. La question de gestion des âges est et sera primordiale dans les années à venir.

La formation se veut professionnalisante, qu'est-ce qui la différencie des autres ?
Dans ce master, nous avons choisi de ne pas différencier la filière professionnelle de la filière de recherche. Chaque unité d'enseignement est encadrée par un professionnel et un chercheur. De la même façon, l'année scolaire est répartie en six sessions de quatre jours entre la mi-septembre et la fin janvier. Cela permet aux étudiants de faire des stages au cours de l'année. De toute façon, un stage de quatre mois minimum est obligatoire pour valider le master.

Avez-vous conclu des partenariats avec le monde du travail ?
La Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Bouches-du Rhône est un partenaire important de notre formation. Nous avons aussi développé des liens forts avec divers secteurs comme le sanitaire et le social ou l'urbanisme avec les collectivités territoriales (région, Conseil général, ville de Marseille et d'Aix en Provence) et des fondations. La prochaine étape qui se met en place est la collaboration avec de grandes entreprises privées.

Proposez-vous de la formation continue ?
Oui, nous l'encourageons même. Notre objectif est de favoriser la mixité entre les professionnels et les étudiants. Chacun à des choses à apprendre des autres. Nous nous adressons par exemple à des personnes qui travaillent déjà dans le secteur ou à celles en reconversion professionnelle, en fait, à tous ceux qui rencontrent cette problématique de gestion des âges dans l'exercice de leur activité. A ce titre, nous proposons des validations d'acquis de l'expérience (VAE). Le cursus peut aussi s'inscrire dans le cadre du droit individuel à la formation (Dif). Cette dernière possibilité est importante car elle permet aux candidats de bénéficier d'une participation non négligeable. Ainsi le Dif prend en charge 120 heures de formation sur les 200h que comptent le cursus. Sans ces aides, le coût d'une formation continue est de 3 000 euros contre 450 pour le cursus initial.

Sur quels métiers débouchera ce cursus ?
De nombreux secteurs sont ciblés. Ainsi, un détenteur de ce diplôme pourra aussi bien devenir directeur d'établissement que travailler dans les collectivités locales comme chargé de mission évaluation ou prospective ou directeur de programme antidiscriminations. La formation se veut un prisme d'entrée pour les politiques publiques. Mais elle peut concerner des pharmaciens, des médecins ou des infirmières qui se retrouvent face à des populations qu'ils ne savent plus gérer. Notre but est aussi d'envoyer des jeunes vers des thèses financées afin qu'ils deviennent cadres dans des instances nationales ou des ministères. Le secteur privé est aussi visé, les cabinets d'audits ou des groupes de lobbying et d'assurance pourraient être concernés.

Mathilde Fenestraz

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