Seniorscopie.com, la lettre d'informations professionnelles de Notre Temps
Inscrivez-vous à la
Newsletter Seniorscopie:


Livres clés  > Notice

 Retour au sommaire des livres |  Imprimer cette notice
 

Alzheimer, vie d'un médecin, histoire d'une maladie

Maurer Konrad et Ulrike

Alzheimer, vie d'un médecin, histoire d'une maladie

Tout le monde prononce aujourd'hui le nom d'Alzheimer mais qui connaît l'homme qui décela le premier la maladie ? Les Editions Michalon viennent de republier sa biographie écrite par Konrad et Ulrike Maurer, éclairant la vie de ce médecin savant, Alois Alzheimer, qui a su détecter la démence sénile et se battre contre l'indifférence de ses collègues.

Tout le monde ou presque parle de la maladie d'Alzheimer qui touche aujourd'hui 850 000 Français. Pourtant, qui connaît Alois Alzheimer, l'homme qui lui donna son nom ? Et qui connaît le dossier d'Auguste D. qui fut la première malade examinée par le docteur Alois Alzheimer en 1901 à l'asile d'aliénés de Francfort-sur-le-Main ? Le dialogue étonnant qui suit en constitue les premières lignes :
"– Comment vous appelez-vous ?
– Auguste.
– Votre nom de famille ?
– Auguste.
– Comment s'appelle votre mari ?
– Auguste, je crois.
– Votre mari ?
– Ah bon, mon mari… "
"C'est la découverte de ce document qui a donné à Konrad et Ulrike Maurer l'idée de nous brosser le portrait de cette personnalité remarquable par son intelligence et son humanisme, un médecin dont l'histoire demeure méconnue alors que le nom est prononcé par tous."
Professeur à l'université de Francfort, Konrad Maurer est aussi neurologue, psychiatre et psychothérapeute. Sa femme s'est occupée, quant à elle, de la rénovation de la maison natale d'Alzheimer, transformée en musée et centre de congrès.
Alors que la maladie d'Alzheimer est reconnue "Grande cause nationale 2007", les Editions Michalon ont décidé de republier cette biographie (traduite de l'allemand par Odette et Regina Langer), épuisée depuis plusieurs années pour "restituer l'histoire et les travaux de celui qui tenta d'alerter le monde médical sur une tragédie sanitaire".
A mi-chemin entre la vie professionnelle et la vie privée d'Alois Alzheimer, la biographie s'accompagne d'un glossaire médical souvent utile et d'un état des lieux de la situation en France aujourd'hui.

Alzheimer, "le médecin des fous vus au microscope"
Petit-fils de maître d'école et fils de notaire, Alois Alzheimer a deux passions : les sciences naturelles et les contacts humains. En 1884, âgé de vingt ans, il choisit de suivre des études de médecine aux côtés des plus grands médecins à Berlin. Ces études lui vaudront en 1888, une mention très bien à son diplôme d'état mais surtout un poste de médecin-assistant à l'asile d'aliénés et d'épileptiques de la ville de Francfort-sur-le-Main.
Lorsque Alzheimer pose sa candidature, le Dr Sioli est seul pour s'occuper des 254 malades du "Château des fous", "un imposant complexe très bien conçu, très étendu et qui ne se cache pas derrière des hauts murs" (espaces verts, promenades, jardins, vaste, bien éclairé). Le Dr Nissl arrivera trois mois plus tard.
Alois Alzheimer conduira la refonte de l'organisation de l'asile notamment par le principe de non-restraint (traitement en liberté des malades) et le traitement par les bains prolongés qui calment les malades. Il poursuivra simultanément ses nombreuses recherches sur la paralysie et sera nommé médecin-chef en 1895.
A une époque où la psychanalyse naissante veut expliquer les maladies par des traumatismes psychologiques, Alzheimer est "convaincu que les maladies mentales sont dues à des affections du cerveau" et lance en cela la controverse.
En 1901, alors que sa femme Cecilie Simonette Nathalie Wallerstein meurt et le laisse seul avec ses trois enfants, Alois Alzheimer examine Auguste D., âgée de 51 ans, qui présente des symptômes de démence. Ce dossier, dont les premières lignes sont retranscrites ci-dessus, fera le tour du monde.
Ses travaux au microscope sur les maladies du cerveau le distinguent de ses collègues et lui offrent la possibilité de devenir l'assistant scientifique du psychiatre Emil Kraepelin à la clinique de Munich. Il a alors en charge d'animer le laboratoire d'anatomie cérébrale où il reçoit régulièrement des étudiants pour leur enseigner ses découvertes (1903).
En 1905, Alzheimer présente pour la première fois, à ses collègues, la démence présénile lors d'une conférence "A propos d'une curieuse maladie du cortex cérébral". Mais il se heurte à l'indifférence générale. Cela ne l'empêchera pas de poursuivre ses recherches et de prendre le temps d'examiner individuellement ses patients.

La démence sénile devient "la maladie d'Alzheimer" pour la première fois en 1910
C'est Emil Kraepelin qui, pour la première fois, a donné à la maladie, ce nom de "maladie d'Alzheimer" en 1910 dans son "Traité de psychiatrie".
Cela vaudra à Alzheimer d'être nommé en 1912 à la "chaire de psychiatrie de l'université Friedrich-Wilhelm de Breslau et au poste de directeur de la clinique psychiatrique universitaire de la ville". Il mourra trois ans plus tard d'une insuffisance rénale.
Après sa mort, le concept de la maladie fait son chemin, même si peu de revues et peu de médecins en parlent.
"Il semble qu'on réserve l'appellation d'Alzheimer aux démences précoces, les autres étant qualifiées d'imbécillité ou de faiblesse mentale séniles. Il faudra attendre encore quelque temps avant qu'on attache le qualificatif d'Alzheimer à des démences observées chez des personnes âgées."
Aujourd'hui, la maladie d'Alzheimer est reconnue. Des associations, comme par exemple l'association France Alzheimer, tentent d'aider les malades et leurs proches. L'accueil de jour et les instituts spécialisés se développent, la prévention et les traitements aussi.
"Il y a une soixantaine d'années, la Danoise Ellen Jey, écrivain, qualifiait le XXe siècle de "siècle de l'enfant". Maintenant que nous atteignons son terme, il nous faut reconnaître qu'il est devenu celui des personnes âgées, voire des vieillards."

Nolwenn Neveu

Editions Michalon


 


 Rechercher un livre
Rechercher un nom/mot-clé :
Rechercher dans (facultatif) :