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C'est encore mieux à cinquante ans !
Laborde Françoise
Dans son huitième ouvrage, "C'est encore mieux à cinquante ans !" (aux éditions Fayard), Françoise Laborde, journaliste à France 2, parle du bonheur d'avoir 50 ans, de la force des baby-boomeuses, génération qui "a appris à tout faire en même temps". Passé les premières inquiétudes face au vieillissement, la sérénité acquise par une expérience sur tous les fronts s'esquisse… Entre journal personnel et roman à clés. Au point de faire envier aux jeunes générations cette capacité à faire face sans jamais s'essoufler… "Je vais tenir une sorte de journal qui pourrait s'appeler Journal de la mère de Bridget Jones, sous-titré "La plus rigolote des deux !" tissé d'expériences vécues, de conseils pratiques et de résolutions – forcément bonnes – à consommer sans modération !" Dans "C'est encore mieux à cinquante ans !" (aux éditions Fayard), Françoise Laborde, présentatrice du journal de France 2, parle du bonheur d'avoir 50 ans, de la force des baby-boomeuses, entre chronique et roman à clés. A chaque jour de la semaine correspond donc, dans son ouvrage, une foultitude d'anecdotes racontant le bonheur d'avoir 50 ans… Amour, enfants, travail et compétences, joies et fous rires entre copines qu'on croirait adolescentes. Mais plus question de parler de rire à "en faire pipi dans sa culotte" au risque, sinon, de se faire traiter d'incontinentes ! Autrement dit, avoir 50 ans, c'est être bien dans sa tête… Et enfin savoir qui l'on est vraiment… "Puisque je dois m'en accommoder, je vais oublier mon âge. Ou plus fort encore, m'en faire un allié, un atout supplémentaire… " Avoir 50 ans, "Je trouve ça… Comment dire… Dégoûtant… " En pleine période de jeunisme, avoir cinquante ans n'est pourtant pas si simple. Et le bonheur de cet âge ne saute pas immédiatement aux yeux ! "J'ai 50 ans… Je n'arrive pas à le croire ! (… ) J'ai encore en tête les préjugés de mes 20 ans : une femme de 50 ans c'est une vieille ! (… ) Longtemps je fus une adolescente attardée… J'ai à peine eu le temps de devenir une grande personne, et me voici déjà en train de passer sur le versant descendant de la colline… Le côté soleil couchant." Le verdict ? Diète, abstinence, sport : il ne faut pas plaisanter avec sa santé. Et "C'est trop injuste… ". Mais quand on est quinquagénaire et qu'on veut vivre "le plus longtemps possible", pas de doute ! Il faut prendre soin de soi (mais le faut-il seulement à partir de 50 ans ?). "Je ne me sens même pas quinquagénaire." Quinquagénaire, quinqua, "Quinqua-quoi ? Quinquamarre ? Quinqualerte ? Oui, c'est d'accord : "Alerte aux quinquas" (il en sort de partout, comme des Gremlins) et "quinquas toujours alertes". Parce que cinquante ans, de nos jours, c'est… à peine le début de l'âge mûr !" "A la cinquantaine, on peut se défendre simultanément sur le fond et sur l'image" Victor Hugo disait "Quarante ans, c'est la vieillesse de la jeunesse, mais cinquante ans, c'est la jeunesse de la vieillesse". Et ce n'est pas pour rien que Françoise Laborde a choisi cette affirmation pour exergue. A travers son héroïne Isabelle, l'auteur dessine le tableau humoristique (mais terriblement réaliste) de la vie d'une femme quinqua, active, mère et épouse. Tout y passe… Les emplois du temps surchargés, les réunions de travail à n'en plus finir, les rendez-vous empiétant sur la vie privée… Sans oublier les impératifs personnels, les enfants, la vie amoureuse, les copines, les courses… Et tous les imprévus qui pimentent le tout encore davantage : accidents (l'épisode du scooter où malgré une fracture, elle se débrouille pour se rendre à son rendez-vous), accrochages en voiture (histoire de rappeler que si les femmes ont davantage d'accrochages, c'est parce qu'elles doivent tout faire, sont toujours pressées). Le message ? C'est l'expérience qui nous apprend à gérer le tout… Françoise Laborde, baby-boomeuse, appartient "à cette génération de femmes qui a appris à tout faire en même temps", une génération qui a commencé à faire des "métiers d'homme" tout en respectant "les contraintes qui s'imposent aux jolies femmes : apparaître à l'antenne toujours bien coiffée et habillée". La nouvelle démone de midi Inégalités entre hommes et femmes ? Forcément mais les femmes se laissent aussi aller aux plaisirs autrefois réservés aux hommes : "Je ne sais pas ce qu'elles ont mes copines mais elles sont toutes en crise de "Je trompe mon mari et je m'éclate". Sans doute que ce cap des 50 ans, ce que l'on appelait autrefois "le démon de midi" s'est aujourd'hui transmis aux femmes." Pour en revenir au métier d'homme, une de ses héroïnes, Marie, journaliste TV, se lance dans un discours contre les nouvelles générations de journalistes "qui ne font pas le même métier", sont recrutées pour leurs seins siliconés, leurs silhouettes parfaites et non leurs compétences… Elle, qui était journaliste de terrain, qui a vu Bagdad ou la chute du mur de Berlin (ce qui n'est pas sans rappeler le parcours de Françoise Laborde), voit débarquer des présentateurs, pas des journalistes. "Je vais leur prouver, moi, à ces greluches de 30 ans toujours démoralisées, angoissées, inquiètes pour leur avenir, leurs enfants, leur jules, qu'à 50 ans, c'est à peine le début de la maturité." Et toutes ses inquiétudes, elle sait, elle, y faire face… "Je crois que les femmes sont plus courageuses que les hommes. (… ) Nous avons vécu une période charnière où il nous a fallu porter les espoirs des militantes féministes sans être armées pour y parvenir." Les générations suivantes sont différentes, "nos cadettes comprennent les jeux de l'argent et du pouvoir". "A la cinquantaine, on peut se défendre simultanément sur le fond et sur l'image. Dans les milieux privilégiés, entre 40 et 60 ans, on ne change guère physiquement car on a les moyens de prendre soin de soi. Ca peut donc être une époque formidable, pour peu qu'on ait compris que la meilleure façon d'avancer, c'est de tout placer dans la tête. Dans l'énergie." confiait-elle à Irène Frain pour Paris Match. Le message tonique d'un roman-journal personnel encore plus personnel que le ton ne le laisserait supposer, écrit en gros caractères, "une exigence impérieuse de l'auteur" qui assume son âge et son début de presbytie.
Nolwenn Neveu
Fayard
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