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Développer la coordination gérontologique
Amyot Jean-Jacques et Marécaux Yves
La volonté de coordination du secteur gérontologique n'est pas nouvelle‚ cependant aucune réflexion à long terme n'avait jamais réellement été menée à son terme. Ce secteur‚ déjà complexe par nature‚ a connu une gestion à court terme et souvent contradictoire suivant l'échelon territorial. Le gérontologue aquitain Jean-Jacques Amyot‚ a publié en janvier 2006 (aux éditions Dunod)‚ avec la collaboration d'Yves Marécaux‚ un ouvrage à l'intention des professionnels de l'action gérontologique sur la coordination. Ce livre‚ intitulé Développer la coordination gérontologique est sans conteste d'un grand intérêt pour comprendre et penser de manière plus cohérente les enjeux‚ dispositifs et pratiques de la coordination dans le secteur gérontologique. Multiplicité des acteurs Les auteurs reviennent sur l'histoire‚ longue et pourtant toujours recommencée de la notion de coordination au sein du secteur gérontologique. On peut citer comme jalons la création‚ en 1981‚ des coordonnateurs qui ont pour fonction de concentrer l'information‚ l'animation et la concertation. La naissance brutale de cette nouvelle profession n'a pas été sans heurts. Aujourd'hui‚ on insiste plus sur le rôle de l'instance coordinatrice que sur celui du coordonnateur en particulier. Ainsi‚ en 1982 ont été créées les instances locales de coordination gérontologique. En 1999‚ c'est le poste de médecin coordonnateur qui apparaît. Et puis on ne peut pas ne pas parler de la circulaire du 6 juin 2000 qui donne naissance aux CLIC (Comités Locaux d'Information et de Coordination). Le CLIC est une organisation pluridisciplinaire qui prend en compte tous les aspects de la vie quotidienne des personnes âgées‚ qu'ils touchent aux soins‚ à l'accompagnement de la personne‚ à la qualité et au confort d'usage de l'environnement et de l'habitat‚ mais aussi à la vie sociale‚ culturelle et citoyenne. Le problème de la coordination est devenu de plus en plus aigu avec la multiplication des dispositifs de coordination : comment coordonner l'action des CLIC entre eux et l'action des CLIC avec les autres dispositifs déjà existants ? La coordination‚ problématique d'un secteur complexe Ce livre souligne les difficultés de mise en place d'une coordination efficace dans un secteur gérontologique extrêmement parcellisé‚ cloisonné en de multiples activités qui se déploient à des niveaux et en des lieux divers. En effet‚ ce secteur comprend des domaines aussi variés que le social‚ le sanitaire‚ le culturel‚ le curatif‚ le préventif‚ le médical‚ l'administratif‚ le privé‚ le public… La typologie des acteurs de la coordination gérontologique comprend les fournisseurs de ressources qui procurent des financements‚ des moyens‚ des informations et confèrent de la légitimité (élus‚ représentants de l'Etat‚ notables… )‚ les transformateurs de ressources tels que les directeurs d'organismes et d'institutions‚ les producteurs de services incarnés par tous les professionnels qui fournissent les services à la personne‚ les utilisateurs de service représentés par les destinataires du service quels que soient l'appellation (client‚ bénéficiaire… ) et le mode de financement. A cette complexité s'ajoute l'absence de définition précise de ce qu'est la coordination. De façon très générale‚ on peut dire qu'elle a pour objectifs généraux de construire des outils et un langage communs. Il lui appartient de mettre en contact les partenaires‚ de faciliter les échanges‚ de négocier leur accord‚ de choisir les moyens‚ de les organiser‚ de gérer les services et les ressources communs. Définir des objectifs opérationnels Les problématiques ne manquent pas concernant la coordination. La sectorisation en est une : le travail social se caractérise encore par une multitude de zonages qui demeurent une source de confusion pour les habitants mais aussi parfois pour les professionnels. Les territoires ont en effet été imposés sans étude préalable des besoins‚ ni prise en compte de la réalité des activités‚ ni participation des habitants ou des professionnels. Autre problématique : l'économie de la coordination. Celle-ci entraîne différents investissements : les investissements financiers‚ l'investissement temps‚ l'investissement des partenaires et l'investissement émotionnel lié aux conflits‚ résistances et attitudes qui mettent à rude épreuve les personnes‚ les systèmes et les organisations. Pour finir‚ Jean-Jacques Amyot donne quelques idées afin d'anticiper les risques de dysfonctionnements de la coordination. Elle nécessite une adhésion aux principes et un investissement dans l'action : elle ne va pas de soi. Dès le début de l'action de coordination‚ il faut définir des objectifs non pas généraux mais pragmatiques et opérationnels. Ces objectifs doivent être compatibles entre eux et avec ceux des différents protagonistes. Un autre conseil est que les acteurs qui ne s'engagent pas dans la coordination ne doivent pas être laissés pour compte. Les tenir informés‚ les inviter à des réunions permet de ne pas fermer hermétiquement les frontières. Carolyne Marcq
Dunod
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