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Offrir une vie meilleure à nos aînés
Provin Fabrice
La vie d'un pionnier au service de ses (m)amies Depuis qu'il a onze ans, Fabrice Provin consacre sa vie aux personnes âgées, les aidant au quotidien à faire leurs courses, à jardiner, et surtout à sortir. Quand il prend conscience, à l'âge de 21 ans, que le maintien à domicile ne peut se faire que si les personnes sortent régulièrement, il crée sa seconde entreprise, Age d'Or Services, pour développer cet accompagnement indispensable mais inexistant. Aujourd'hui âgé de 39 ans, il raconte son combat pour améliorer la vie de nos aînés dans un livre, "Offrir une vie meilleure à nos aînés", paru aux éditions Anne Carrière le 19 mars 2008. Depuis l'âge de onze ans, Fabrice Provin passe autant de temps avec des gens de son âge que des personnes âgées de plus de 75 ans. Malgré l'incompréhension de sa famille ou de ses amis (qu'il n'hésitait pas à payer pour le remplacer lorsqu'il partait en vacances avec ses parents), il n'a cessé de prendre soin de ses voisines, les accompagnant dans leurs sorties, nettoyant les tombes au cimetière, faisant les courses, nettoyant le jardin, discutant de longues heures avec elles... "Lorsqu'on discute avec des personnes de plus de soixante-dix ans, dont cinquante de vie d'adulte, il faut vraiment être sourd pour ne pas entendre tout ce qu'elles ont à raconter." C'est ainsi que face à la solitude et la détresse des personnes vieillissantes que Fabrice Provin décide de créer une entreprise "qui donne du travail à ceux qui n'en ont pas et qui apportent de la joie aux personnes âgées". Après avoir d'abord créé une entreprise de transport routier pour son frère à l'âge de 19 ans, Age d'Or Services était donc né, un soir de septembre 1990. A 21 ans, Fabrice Provin, tout juste diplômé en comptabilité, avait déjà remporté de nombreux prix pour sa société Transports Provin qu'il avait monté seul et sans subvention. Il multipliera les récompenses et sera notamment décoré de la médaille de l'ordre national du mérite en 2005. Il raconte sa vie au service des autres dans l'ouvrage "Offrir une vie meilleure à nos aînés, Le combat d'un pionnier" paru aux éditions Anne Carrière le 19 mars 2008. Une enfance au contact et au service des personnes âgées Après avoir peu à peu commencé à remplacer sa mère dans les tournées chez les voisines, Fabrice Provin s'est aperçu que les mamies auxquelles il rendait visite, se pomponnaient uniquement dans le but de cette visite ou préparaient à manger pour lui faire plaisir. "Juliette attendait ce moment. Elle mangeait si elle savait que je restais déjeuner ; elle prenait soin d'elle si elle savait que je passais la voir. Je compris que, lorsqu'on est veuve, qu'on a soixante-seize ans et que l'on vit seule dans une vieille bicoque sans salle de bains ni confort, on ne décide pas un beau matin de se faire sauter trois crêpes au chocolat pour se réchauffer le coeur et améliorer l'ordinaire ! Et je sus que le premier service que je rendais à Juliette n'était pas tant de passer la voir et de lui tenir compagnie que de lui redonner l'envie de faire des choses, de vivre." Lucienne, quant à elle, fit comprendre à Fabrice Provin que la livraison à domicile était tout de même beaucoup moins agréable que sortir, mais que sortir seule était impossible. Il prit également conscience des barrières imposées par notre société aux personnes âgées. Accès aux boutiques, aux transports, papiers administratifs, notices de médicaments... "Un laboratoire pharmaceutique a-t-il déjà proposé de tester auprès d'une personne âgée la taille de la police de caractères ? Illisible ! Je ne comprenais pas pourquoi les pharmaciens ne les lisaient pas eux-mêmes aux papys et mamie, ni pourquoi leur médecin traitant en faisait l'économie. Pouvais-je savoir, à l'époque, qu'aider une personne âgée à suivre son traitement médicamenteux était révolutionnaire ? (...) Certaines infirmières à domicile m'accusaient d'empiéter sur leurs plates-bandes, quelques pharmaciens de vouloir modérer leurs ventes. Je leur répétais sans cesse que je ne demandais qu'une chose : justement ne pas avoir à m'occuper de tout cela. Je préférais mille fois être présent auprès de mes vieux amis pour une conversation banale, une promenade. Etaient-ils conscients que si je m'en occupais, c'est parce que certains d'entre eux ne le faisaient pas ?" Age d'Or services pour favoriser la vie sociale des personnes âgées Après avoir créé une entreprise de transport routier pour son frère aîné, Fabrice Provin propose à sa belle-soeur alors au chômage de l'aider à s'occuper des personnes âgées, le temps qu'il prépare son diplôme d'expertise comptable. C'est ainsi qu'il crée la société Age d'Or Services pour favoriser la vie sociale des personnes âgées, "faire en sorte qu'elles sortent de chez elles et mènent une existence normale". La création de cette entreprise et des nombreuses franchises qui suivirent au niveau national ne sera pourtant pas de tout repos. Se heurtant d'abord au lobbying des taxis qui l'accuse de concurrence déloyale, il devra se battre pendant plus de dix ans, multipliant les procédures judiciaires. Malgré les réactions de ces derniers qui considèrent son service d'accompagnement comme "non utile aux personnes âgées et handicapées", il se lance dans des partenariats avec les commerçants qui acceptent de prendre en charge une partie de la facture d'Age d'Or Services. Ainsi, les personnes âgées qui n'auraient pas eu les moyens de faire appel à Age d'Or Services, le peuvent et se rendent chez les commerçants, au lieu de rester chez elles, favorisant entre autres leur vie sociale mais aussi l'économie. Penser à son propre vieillissement et construire la vie que nous aimerions avoir Outre les sorties chez le coiffeur ou le commerçant du coin, Fabrice Provin développe également les goûters et sorties, allant jusqu'à associer les maisons de retraite. Alors que la plupart de ces dernières se donnent bonne conscience en proposant des activités internes, Fabrice Provin souhaite inciter les personnes à sortir. "Avec l'Age d'Or Services, il était possible de leur présenter un programme à la carte, de les faire redevenir acteurs de leur propre vie. Quand j'allais discuter avec les personnes âgées, leur présenter le programme, je savais en partant qu'elles allaient passer la semaine qui les séparait de l'événement à l'imaginer et le rêver." "Finalement , n'est-ce pas parce que je m'étais mis à leur place que j'avais eu envie de leur rendre la vie plus agréable et de les aider ?" Mais ce n'est que lorsque Henriette, une cliente, fera part de ses inquiétudes à Fabrice Provin sur la vie des personnes âgées sur le reste du territoire que ce dernier prendra conscience que son concept est unique et n'existe nulle part ailleurs. Il se lance donc dans des campagnes pour créer des franchises, avec à l'appui des documents détaillant ses méthodes : les cartes d'anniversaire, les K7 dans la voiture, les horaires... sans oublier les argumentaires pour convaincre les interlocuteurs administratifs. Un développement croissant malgré les contraintes administratives Outre le lobbying des taxis, Fabrice Provin dut régulièrement se battre contre l'administration. Lors de la création de la Semaine bleue (semaine pour les personnes âgées), les services publics lui refusèrent par exemple de mettre à sa disposition des bénévoles pour permettre à toutes les personnes âgées de sa région de bénéficier de services gratuits, sous prétexte que sa société est privée et que cet événement lui fera de la publicité. "La seule chose que je demande à l'Etat est de me laisser travailler", annoncera-t-il lors d'une remise de prix. Soutenu par les médias et par des personnes influentes (notamment le groupe Sanofi, nouvellement actionnaire), il continuera son développement, créera l'Association des nouveaux consommateurs seniors, sera à l'origine de la première plate-forme de services sur papier, inventera le premier ticket service entièrement préfinancé, co-fondera le Syndicat des entreprises de services à la personne... Fabrice Provin sera également à l'origine de la circulaire Legendre (1996) qui précisera les spécificités du métier d'accompagnement de personnes âgées et le mettra ainsi à l'abri du lobbying des taxis. Plus tard, lorsqu'il évoquera les aides financières et fiscales, Jean Arthuis, ministre des Finances de l'époque, lui dira qu'il crée lui-même sa propre concurrence, ce à quoi il rétorquera : "Ma concurrence, comme vous l'appelez, c'est celle qui va intervenir auprès des 950 000 personnes qui sont isolées et ont besoin de soutien. C'est pour mes papys et mamies que je le fais". Fabrice Provin sera également un précurseur dans le domaine de la téléassistance, du service de retour à domicile après hospitalisation, de portage de repas choisis par la personne âgée... Il finira par céder Age d'Or Services au groupe CNP Assurances pour assurer la viabilité de son concept. Il en reste aujourd'hui le salarié. Après un poste de directeur général, il est aujourd'hui chargé de mission auprès du directoire, en charge des services à la personne. Il prépare également un lieu d'accueil pour les personnes âgées, en restaurant un château laissé à l'abandon. Fabrice Provin, dans cet ouvrage, nous raconte donc le parcours de sa vie, au service des autres et pointe les failles de l'administration qui, au lieu, de favoriser les initiatives pour améliorer le sort des personnes âgées, plombe souvent les projets dès leur naissance. Il nous livre également un formidable témoignage sur l'intergénération, sans oublier de donner des conseils à ceux qui souhaiteraient se lancer, tant d'un point de vue conceptuel que marketing. Nolwenn Neveu
Editions Anne Carrière
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