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A
Abattement (coefficient d'). Lorsqu'un actif
fait valoir ses droits à la retraite sans justifier d'une
durée de cotisation nécessaire pour toucher une retraite
à taux plein, un coefficient d'abattement est appliqué
à sa pension et en réduit le montant. Dans le régime
général, ce coefficient est de 2,5% du montant de
la pension par trimestre manquant. Dans la fonction publique, il
est de 2% par année manquante. Mais le gouvernement menace
de le faire passer à 10% par année manquante pour
dissuader les fonctionnaires, les enseignants en particulier, de
partir avant l'issue d'une carrière complète.
Age de la retraite. La notion d'âge de
la retraite désigne à la fois, l'âge minimal
à partir duquel un salarié peut faire valoir ses droits,
l'âge auquel il cesse de travailler - qui peut ne pas coïncider
avec l'âge auquel il peut faire valoir ses droits - ou encore
l'âge de liquidation de la pension. Depuis 1982, les salariés
du secteur privé ont le droit de partir à la retraite
dès lors qu'ils ont atteint 60 ans (contre 65 ans auparavant).
C'est un droit et non une obligation. Cependant, rares sont ceux
à pouvoir partir, à cet âge-là, avec
une retraite à taux plein, faute de justifier de la durée
de cotisation requise (40 ans). On estime à 800 000
le nombre de salariés ayant rempli les conditions avant d'avoir
atteint l'âge de 60 ans et qui eux doivent attendre de l'avoir
atteint pour partir, même s'ils ont pratiqué des métiers
pénibles. Le gouvernement Jospin avait jugé trop élevé
le coût d'une mesure spécifique en faveur de ces salariés,
mais les syndicats maintiennent leur revendication à leur
bénéfice. L'âge minimal de la retraite varie
sensiblement d'un régime à l'autre. Il est encore
de 65 ans pour les professions libérales mais de 40 ans seulement
pour les danseurs de l'Opéra (voir aussi "Liquidation").
Age de cessation d'activité. Age auquel
un salarié cesse de travailler. L'âge de cessation
d'activité peut ne pas coïncider avec l'âge auquel
un salarié fait valoir ses droits à la retraite.
Agirc. L'Association générale
des institutions de retraite des cadres (Agirc) a été
créée en 1947 par le patronat et les syndicats. Il
s'agit du régime interprofessionnel unique et obligatoire
de retraite complémentaire des cadres du secteur privé.
Ce régime couvre également les cadres relevant des
assurances sociales agricoles. 1,8 million de retraités perçoivent
des pensions de l'Agirc. Plus de 3,7 millions de cadres actifs travaillant
dans 525 000 entreprises y cotisent (au taux global de 16%
sur la tranche du salaire comprise entre une fois et huit fois le
plafond de la Sécurité sociale). Le régime
Agirc - géré en répartition - fonctionne selon
un système d'acquisition de points, qui détermine
le montant de la pension.
AGFF. Les régimes complémentaires
du privé ayant été conçus, à
l'origine, pour financer les retraites à partir de 65 ans,
il a fallu, en 1983, créer une structure paritaire de financement
ad hoc. Longtemps appelée ASF elle a été rebaptisée
en 2001 Association pour la gestion du fonds de financement de l'Arrco
et de l'Agirc (AGFF). Les taux de cotisation à ce régime,
dont les règles doivent être renégociées
cette année, sont de 2% sur la première tranche de
salaire et de 2,20% sur la seconde.
Allemagne. Les retraites coûtaient 10‚8%
du PIB en 2000. 13‚5% sont prévus en 2050. Autrement dit‚
les pouvoirs publics dépenseront presque 3% du PIB en plus
pour le financement des retraites dans 50 ans.
"L'Allemagne veut accroître son taux d'activité et
son taux d'emploi"‚ souligne Laurent Vernière (Caisse des
dépôts et des consignations)‚ qui présente la
situation allemande‚ car modifier l'âge de la retraite ne
suffit pas pour "accroître le taux d'activité des 60–64
ans". Selon Béatrice Hertogs (Confédération
européenne des syndicats)‚ il s'agit aussi "d'augmenter le
taux d'emploi et le taux de croissance dans tous les pays".
Particularité rassurante‚ face à la myriade de spécificités
françaises‚ l'Allemagne dispose d'un régime unique
de retraite. "Il n'y a pas de régimes facultatifs d'entreprises"‚
note Laurent Vernière.
C'est pourquoi "un dispositif d'épargne retraite a été
créé sur une base unique pour inciter fiscalement
les salariés à épargner". Cet élément
de capitalisation deviendra à long terme "un régime
sur–complémentaire obligatoire"‚ affirme–t–il‚ faisant état
d'un taux maximal de cotisations–capitalisation s'étageant
jusqu'à 4% du salaire d'ici à 2008.
"Le niveau des pensions permet un taux de remplacement net de 70%
mais‚ ce taux doit baisser de 70% à 64% d'ici à 2020"‚
souligne–t–il. Quant à la durée de carrière‚
elle est de 45 ans mais le système prévoit‚ sous conditions‚
d'intégrer des périodes de formation en école
à l'assiette des cotisations.
Arrco. Créée en 1961 sur le modèle
de l'Agirc, L'Association des régimes de retraite complémentaire
(Arrco) coordonne de nombreux régimes existants et étend
la couverture obligatoire complémentaire de retraite à
l'ensemble des salariés non-cadres du commerce et de l'industrie.
L'Arrco est un régime unique depuis le 1er janvier
1999, avec une même valeur de point pour tous les affiliés.
Les non-cadres cotisent sur la partie de leur salaire inférieure
à trois fois le plafond de la Sécurité sociale
et les cadres sur la partie inférieure au plafond.
Article 83. Certaines entreprises proposent
à leur salariés un régime surcomplémentaire
que régit l'article 83 du code des impôts. Il s'agit
d'un régime collectif à souscription obligatoire dont
les cotisations sont généralement définies
à environ 3% su salaire. Il est financé soit en partie
soit dans sa totalité par l'entreprise sous forme de cotisations
mensuelles. Les cotisations -salariales et patronnales - sont déductibles
du revenu si leur total (retraite et prévoyance) reste inférieur
à 19% de huit fois le plafond de la Sécurité
sociale (voir "Plafond"). Au moment du départ à la
retraite, le capital accumulé, augmenté des plus-values-
est transformé en rente viagère. Attention :
le salarié ne sait rien du niveau de la prestation qui lui
sera versée lors de son départ à la retraite.
Ce niveau varie en fonction du montant de l'épargne et de
la qualité du gestionnaire.
Assurance-vie. L'assurance vie multi-supports
est le produit d'épargne favori des Français. Enveloppes
fiscales adossées à des unités de comptes (valeurs
mobilières et autres actifs) et à des fonds en euros,
ils n'offrent plus d'avantage fiscal à l'entrée, mais
continuent à en garantir à la sortie et présentent
des intérêts majeurs. Ils n'imposent pas de limites
aux versements. Ils sont assortis d'un avantage successoral non
négligeable puisque toutes les primes versées avant
70 ans ainsi que tous les produits de ces primes sont exclus de
l'assiette des droits de succession jusqu'à 152 000
euros par bénéficiaire (au-delà, les sommes
sont soumises à un prélèvement forfaitaire
de 20%).
B
Balladur (Edouard). En 1993, Edouard Balladur,
alors Premier ministre, a engagé une réforme du régime
général qui s'est traduite par des modifications importantes
pour les salariés du secteur privé. La durée
de cotisation nécessaire pour disposer d'une retraite à
taux plein à été portée progressivement
de 37,5 à 40 années au 1er janvier 2003.
Le salaire moyen qui sert de base à la pension sera défini
à partir de 2008 en fonction des 25 meilleures années.
Enfin le montant de la retraite est désormais indexé
sur les prix et non plus sur l'évolution globale des salaires.
C
Calcul. Le calcul des droits à la retraite
varie d'un régime à l'autre. Dans le régime
de base du privé, la pension est déterminée
par le rapport entre le salaire annuel moyen des 10 meilleures années,
et un taux de pension, fonction de la durée de cotisation
et plafonné à 50%. Le calcul est passé progressivement
des 10 aux 25 meilleurs années depuis 1993. En 2008, les retraités
partant auront une retraite de base calculée sur les 25 meilleures
années (ce qui revient en fait à une baisse calculée d'au moins
20% par rapport au système antérieur).
Dans les régimes complémentaires, la pension est fixée
par le nombre de points acquis au cours de la carrière multiplié
par la valeur du point (révisée chaque année).
Dans le régime des fonctionnaires civils et militaires de
l'Etat, la pension est calculée par rapport au traitement
indiciaire des six derniers mois d'activité (hors primes).
Chaque année d'activité rapporte 2% de ce traitement,
avec un maximum de 75%. Dans la plupart des autres régimes
spéciaux, la pension est égale à 75% de la
dernière rémunération mensuelle.
Cancava. Les artisans bénéficient
de trois étages de retraite gérés par le réseau
des Assurances vieillesse des artisans (AVA). Il est composé
de 32 caisses régionales et professionnelles et d'une caisse
nationale, la Caisse nationale d'assurance vieillesse des artisans
(Cancava ; 512 000 cotisants pour 785 000 retraités).
Cette protection est assurée par un régime de base,
aligné depuis 1973 sur le régime général ;
un régime complémentaire obligatoire depuis 1973 ;
un régime surcomplémentaire facultatif créé
en 1987 dans lequel l'artisan choisit ses options et cotisations
correspondantes. Ce dernier niveau de retraite est géré
par la Mutuelle nationale de retraite des artisans (MNRA).
Capitalisation. Système dans lequel
les pensions de retraite sont financées grâce à
l'épargne accumulée par les cotisants. Les cotisations
sont placées et les revenus financiers qui en sont tirés
servent à payer les retraites (voir aussi "Fonds de pension").
La déconfiture des fonds américains a rendu moins
attractifs et "moins tendance" les projets de fonds à la
française envisagés par MM Jospin et Chirac dans leurs
propos de campagne présidentielle. M Raffarin a évoqué
dans son discours sur les retraites du 3 février 2003 son
fort attachement à la répartition.
Cavimac. Les ministres des cultes et membres
des congrégations religieuses bénéficient de
puis 1978 d'un régime de base obligatoire géré
par la Caisse mutuelle d'assurance vieillesse des cultes (Cavimac ;
20 000 cotisants pour 68 000 retraités). Ce régime
est intégré au régime général
depuis 1998.
CFA. Le congé de fin d'activité
(CFA) est un dispositif de préretraite ouvert aux fonctionnaires
qui donnait la possibilité de départ avec une cessation
progressive d'activité aux fonctionnaires ayant accompli
avant leurs soixante ans leurs 37,5 annuités de service.
Le gouvernement à mis fin au CFA dans le secteur public.
Charpin (rapport). En 1998, Lionel Jospin charge
Jean-Michel Charpin, Commissaire au Plan, d'élaborer "un
diagnostic aussi partagé que possible par les partenaires
sociaux et les gestionnaires des différents régimes"
sur la situation et les perspectives du système de retraite.
Le "rapport Charpin", rendu le 29 avril 1999, préconise,
entre autre de porter de 40 à 42,5 ans la durée de
cotisation nécessaire pour bénéficier d'une
retraite à taux plein.
Cnav. Créée en 1967, la Caisse
nationale d'assurance-vieillesse (Cnav) est l'organisme unique de
gestion de la retraite de base des travailleurs salariés.
Ce régime de "retraite de la Sécurité sociale"
correspond, au maximum hors majorations à 50% du salaire
moyen des 10 meilleures années, dans la limite du plafond
de la Sécurité sociale. Ce salaire moyen sera étendu
aux 25 meilleures années à partir de 2008 (voir "Balladur").
10 millions de retraités perçoivent près de
58 milliards d'euros de pensions. Près de 16 millions de
salariés cotisent au régime de retraite de base. En
réalité, les retraités perçoivent une
pension inférieure à la moitié du plafond SS,
en raison de l'indexation des retraites du privé sur les
prix depuis le dispositif Séguin (1987) pérennisé
par le gouvernement Balladur (1993)
Coefficient bonificateur. Voir "Majoration".
Compensation entre régimes. Les régimes
de retraite de base sont liés entre eux par un système
formalisé en 1974, de solidarité financière
destiné à aider ceux dont le rapport entre population
active et population retraitée est particulièrement
défavorable. Les montants en jeu sont considérables.
Au titre de la solidarité financière, les salariés
du privé versent, ainsi, plus de 5 milliards d'euros en 2003.
En 2002, plus de 800 millions ont ainsi été distraits
du régime général pour abonder des régimes
publics, par ailleurs alimentés par l'impôt.
Conjoint survivant. En cas de décès
de l'un des deux membres d'un couple, retraité ou non, le
conjoint survivant peut percevoir une part de la pension du défunt.
Plusieurs conditions sont à remplir : le conjoint survivant
doit avoir au moins 55 ans, être marié depuis deux
ans et être à la charge de la personne décédée.
Il touche alors une pension "de réversion" correspondant
à 54% du montant de la pension dont bénéficiait
- ou eût bénéficié - le défunt.
Les veufs ou veuves de moins de 55 ans peuvent prétendre
à une allocation de veuvage. La principale condition est
de ne pas disposer de ressources supérieures à 3,75
fois le montant de cette allocation qui est au maximum, de 638,47
euros par mois (voir "Réversion").
Conseil d'orientation des retraites. Créé
en mai 2000 par le gouvernement Jospin, le Conseil d'orientation
des retraites (Cor) est une structure permanente de concertation,
présidé depuis l'origine par Mme Yannick Moreau, Conseiller
d' Etat. Le Cor associe parlementaires, représentants des
partenaires sociaux, du secteur public comme du secteur privé,
représentants des associations familiales, des retraités
et personnes âgées, experts et des représentants
de l'État. Mais le MEDEF d'Ernest-Antoine Seillère
a refusé d'y siéger. Le Cor a pour mission de suivre
la situation du système d'assurance vieillesse, d'établir
des diagnostics et de faire des recommandations ou des propositions
de réformes de nature à répondre aux objectifs
de solidité financière et de solidarité. veiller
à la viabilité et la cohésion du système
de retraite par répartition, en assurant la solidarité
entre les régimes et le respect de l'équité,
tant entre les retraités qu'entre les différentes
générations. Le Cor doit formuler des recommandations
ou des propositions de réforme. Ce fut le cas en décembre
2001, date de la remise du premier rapport du Cor.
Coreva (contrat). Destiné aux chefs
d'exploitations et d'entreprises agricoles relevant du régime
de base de l'assurance vieillesse des travailleurs non salariés,
le contrat Coreva prend la forme d'une assurance-vie. Pour bénéficier
d'une retraite complémentaire, ils doivent verser une cotisation
annuelle minimale. Les sommes ainsi versées peuvent être
déduites du revenu professionnel pour l'établissement
de l'impôt sur le revenu et celui des cotisations sociales.
Un plafond de déduction est fixé à trois fois
le plafond de la Sécurité sociale (voir "Plafond").
Lors du départ à la retraite du cotisant, la sortie
se fait obligatoirement en rente.
Cotisation (durée de). La durée
de cotisation d'un actif est le déterminent principal du
moment du départ à la retraite, plus que l'âge,
légal ou conventionnel. En matière de durée
de cotisation, les écarts entre régime sont importants.
Les salariés du privé doivent justifier de 160 trimestres
(40 ans de cotisation) pour obtenir une pension à taux plein,
tandis que les fonctionnaires de l'Etat n'ont pas besoin de travailler
plus de 37,5 ans (ce qui était la règle dans le régime
général avant la réforme de 1993 ; voir
"Balladur"). Les salariés du privé qui justifient
de 40 ans de cotisation à 60 ans et poursuivent leur activité
n'acquièrent plus de droits dans le régime général
mais continuent à engranger des points dans les régimes
complémentaires, ce qui augmentera leur retraite complémentaire
au moment de la liquidation. Les allongements de carrière
volontaires pourraient bénéficier de bonifications
dans le futur dispositif Raffarin.
Cref. Le Complément retraite de la fonction
publique (Cref) est, avec la Préfon, un régime facultatif
de retraite supplémentaire par capitalisation de la fonction
publique. Il était jusqu'en 2002 géré en répartition
(pour 60%) et en capitalisation (40%). Après avoir dû
baisser brutalement le niveau de ses prestations-retraites, le Cref
est devenu un pur produit de capitalisation. Son nouveau profil
le fait ressembler à sa concurrente de la fonction publique,
la Préfon. Le complément de retraite facultatif des
fonctionnaires, devrait connaître une amélioration
de son état de santé avec la décision de son
assemblée générale de l'adosser à trois
importantes mutuelles santé de la fonction publique la MGEN
(la Mutuelle générale de l'Education nationale, la
MG (ex MGPTT) et la MFP (la Mutuelle de la fonction publique) (voir
aussi "Préfon").
CSG. Les pensions et la plupart des avantages
annexes servis par les régimes de retraites sont assujettis
à la contribution sociale généralisée
(CSG), au taux de 6,2% (dont 3,8 points sont déductibles
de l'impôt sur le revenu). Les retraités imposables
mais non soumis à l'impôt sur le revenu du fait des
réductions d'impôt doivent également acquitter
une CSG au taux minoré de 3,8%.
Cumul. Un retraité du privé peut
reprendre une activité professionnelle après avoir
liquidé ses droits. Cette activité ne doit cependant
pas être exercée chez le dernier employeur en date.
Les cotisations vieillesse sont, alors, actuellement, perçues
"à perte".
D
Démographie. L'équilibre financier
du système de retraite dépend principalement de l'évolution
démographique. C'est pourquoi la démographie est la
cause première de la réforme des retraites. Les perspectives
démographiques de vieillissement de la population mettent
en péril les équilibres financiers des régimes
car il y aura à l'avenir plus de retraités et moins
d'actifs pour financer les pensions (voir "2006" et "2040").
2006 (choc de). Professeur au Conservatoire
national des arts et métiers‚ Michel Godet estime que les
pouvoirs publics n'ont pas encore réagi face à ce
qu'il appelle "le choc 2006". En effet‚ cette année–là‚
l'année où les cohortes du baby-boom commenceront
à prendre leur retraite‚ marquera l'émergence de très
nombreuses inégalités devant les revenus‚ la fin de
vie... Avec moins d'actifs et plus de retraités‚ les cotisations
augmenteront‚ alors que la part de ressources redistribuée
à chacun diminuera.
La France manquera surtout de jeunes actifs et Michel Godet parle
déjà de "slow–business"‚ de ralentissement possible
de l'activité économique.
D'un point de vue sociologique‚ Michel Godet annonce une socialisation
croissante du "vieillisme"‚ c’est à dire de la propension
de la société à se penser à travers
ses classes d'âge dominantes‚ en dépit d'une paupérisation
possible de la jeunesse‚ souffrant alors d'un manque d'attention.
D'un point de vue financier, c'est à partir de 2006 que se
feront sentir les premiers déséquilibres dans les
régimes. Il se fera sentir avant 2005 pour les fonctionnaires,
vers 2010 pour le régime général et 2015 pour
les régimes complémentaires.
2040. Deux phénomènes vont se
conjuguer pour accroître le nombre de retraités d'ici
à 2040. Les générations du baby-boom, tout
d'abord. Nés entre 1945 et 1960, les baby-boomers commenceront
à quitter la vie active en masse à partir de 2005-2006.
Le nombre de nouveaux retraités devrait alors passer de 600 000
à plus de 800 000 par an. D'autre part, le gain d'espérance
de vie, actuellement d'un trimestre chaque année, entraîne
un allongement de la durée de la retraite. Lorsque l'on a
60 ans aujourd'hui, on a en moyenne 20 ans de retraite devant soi.
En 2040, on aura en moyenne 28 ans d'espérance de vie au
delà de 60 ans. Le nombre de personnes de plus de 60 ans
augmentera ainsi de 10 millions sur les quarante prochaines années.
Même sous réserve de flux migratoires importants, la
population active va considérablement diminuer. On estime
que dans quarante ans, la France comptera 8 retraités pour
10 actifs, alors que ce ratio est aujourd'hui de 4 retraités
pour 10 actifs.
E
Epargne retraite. Face aux incertitudes qui
planent sur le niveau futur des retraites, nombreux sont les Français
qui souhaitent épargner aujourd'hui, pour s'assurer un complément
de revenus une fois à la retraite. De nombreux produits sont
disponibles : assurance-vie, PEP, PEA.
Espagne. Le coût des retraites espagnoles
sera multiplié par deux d'ici 50 ans. Les dépenses
publiques pour les retraites passeront de 9‚4% du PIB en 2000 à
17‚3% en 2050. Pourtant‚ "l'Espagne est optimiste" selon Michel
Angel Garcia (Commissions ouvrières‚ Espagne). Avec un taux
de croissance de "3‚6% dans la réalité contre 1‚6%
prévu par la Commission européenne‚ l'opinion publique
n'est pas inquiète pour ses retraites"‚ affirme–t–il. L'Espagne
"pourrait ainsi maintenir un taux de croissance de 2‚5% dans les
cinquante prochaines années‚ en combinant politique d'immigration
et politique familiale"‚ selon lui. L'immigration pourra compenser
partiellement la forte dénatalité qui frappe le pays.
Mais faut–il‚ alors‚ songer à la capitalisation individuelle ?
L'Espagne compte bien faire une place à la capitalisation‚
mais "de façon collective et volontaire". Le tout étant
"d'augmenter la visibilité financière"‚ explique–t–il.
Cette réflexion sera précédée par un
autre geste‚ plus fondamental‚ plus urgent : "le système
public de répartition doit être préservé
et renforcé".
Un fond de réserve a déjà été
créé lors du pacte Tolède en 1995‚ soit quatre
ans avant la France‚ dont le fonds de réserve des retraites
(FRR) date de 1999.
Le pacte de Tolède consiste à verser "1% du PIB chaque
année pour le fonds de réserve". Comme dans la conception
française‚ ce fonds a surtout un rôle de régulateur‚
non d'opérateur premier. "Ce fonds de réserve ne doit
être en aucun cas le principal amortisseur"‚ précise–t–il‚
"car aucun régime‚ n'assure seul la fluidité d'un
système".
Toutefois‚ le coût des retraites espagnoles ira croissant‚
car‚ déjà‚ "les départs à la retraite
se font en moyenne à 61 ans alors que l'âge légal
est de 65 ans"‚ souligne M. Garcia. La durée de cotisations
en Espagne est faible : 35 ans. Les départs à
taux plein sont donc rares‚ le problème‚ aigu.
F
Financement. Tous les régimes obligatoires
de retraite sont financés par la technique de la répartition
(voir "Répartition"). Les cotisations versées par
les actifs sont directement utilisées pour verser les pensions
aux retraités. Ce faisant, les actifs acquièrent des
droits pour leur retraite.
Fonctionnaires. D'ici à 2016, plus de
la moitié des cinq millions de fonctionnaires actuellement
en activité auront pris leurs retraite. La charge de leurs
pensions inscrite chaque année dans le budget de l'Etat doublerait
d'ici à 2020. Elle passerait de 30 à 60 milliards
d'euros et triplerait en 2040. Les militaires (399 000 cotisants
pour 278 000 retraités) cotisent à la Caisse
nationale militaire de sécurité sociale (CNMSS). Les
fonctionnaires hospitaliers et territoriaux (1 699 000cotisants
pour 656 000 retraités) cotisent à la Caisse
nationale de retraites des agents des collectivités locales
(CNRACL). Les fonctionnaires civils de l'Etat sont soumis au régime
des fonctionnaires civils de l'Etat.
Fonds de pensions. Les fonds de pension sont
des plans de retraite par capitalisation d'épargne, souscrits
à titre individuel ou dans un cadre collectif (entreprise,
branche,...). Le principe consiste à accumuler des droits
personnels qui seront liquidés au moment de la retraite sans
dépendre de la solidarité intergénérationnelle.
Il existe deux grands systèmes de fonds de pension :
les régimes à prestations définies (répandus
en Europe) dans lesquels le gestionnaire du fonds assume le risque
financier. Il existe aussi des régimes à cotisations
définies, surtout développés aux Etats-Unis,
dans lesquels aucun engagement n'est pris sur le montant des prestations.
Après avoir plaidé pendant la campagne électorale
d'avril-mai 2002 pour l'introduction de fonds de pensions "à
la française", Jacques Chirac a assuré que l'objectif
premier de la réforme serait de garantir le système
par répartition tel qu'il existe aujourd'hui. Et si François
Fillon, ministre des Affaires sociales précisait récemment
que la capitalisation "n'était pas le choix de la France",
le gouvernement ne semble pas avoir totalement renoncé à
introduire une dose d'épargne dans les retraites. Le chef
de l'Etat insistait sur la nécessité de "rendre accessible
à tous les Français ce qui est l'apanage d'un petit
nombre", faisant allusion à la Préfon, le régime
complémentaire géré par capitalisation, réservé
aux fonctionnaires (voir "Capitalisation", "Préfon" et "Répartition").
Fonds de réserve des retraites (FRR).
Le gouvernement Jospin a mis en place en 1999 un fonds de réserve
des retraites, suivant l'une des recommandations du rapport Charpin.
Le FFR est destiné à accumuler des réserves
financières jusqu'en 2020. Ses revenus alimenteront les régimes
de retraites pour atténuer leurs charges et limiter les besoins
de financement. Il est prévu de le doter de 4,5 milliards
d'euros par an pour atteindre la somme de 152 milliards d'euros
en 2020. Ses ressources sont diverses (une partie des excédents
de certains régimes de Sécurité sociale, recettes
de privatisation, …) mais pas toujours garanties. Aujourd'hui, le
FRR n'est doté que de 13 milliards d'euros.
I
Indexation. L'indexation est le mode de revalorisation
des pensions liquidées (ou de la valeur du point dans les
régimes par points ; voir "Point") ou des salaires pris
en compte lors de la reconstitution de la carrière servant
de référence au calcul de la pension. Dans le régime
général, les pensions sont indexées - en pratique
depuis 1987 et législativement depuis 1993 - sur l'évolution
des prix et non plus des salaires. Dans le régime de la fonction
publique (indexation sur les salaires), où la pension est
le prolongement du traitement, les mesures indiciaires et certaines
mesures catégorielles se répercutent directement sur
les pensions. Dans les régimes complémentaires du
privé, l'évolution des retraites est déterminée
par celle de la valeur du point à la liquidation, laquelle
est, de facto, alignée sur l'inflation. L'indexation des
retraites est un élément déterminant d'évolution
de la pension moyenne.
Italie. 3% supplémentaires du PIB italien
iront progressivement au financement des retraites d'ici à
2050. La part du PIB qui y est affectée passera de 13% (2000)
à 16% (2050).
L'Italie est plus inquiète que l'Espagne. "Depuis dix ans‚
les syndicats de salariés tentent de collaborer avec le gouvernement
afin de gérer l'inquiétude face aux retraites"‚ souligne
M. Maurizio Benetti‚ de la CISL‚ la confédération
italienne des syndicats de salariés.
Ainsi "55 millions d'euros seront économisés d'ici
2015‚ grâce à la réforme de 1995. Les effets
de la réforme se feront sentir avant 2035"‚ souligne M. Benetti.
Avant‚ les retraites étaient basées sur le coût
de la vie et sur la croissance des salaires. Depuis 1995‚ l'indexation
ne porte désormais plus que sur le coût de la vie"‚
explique M. Benetti. Les retraités disposent donc d'un meilleur
pouvoir d'achat.
Mais favoriser les retraités ne revient pas à défavoriser
les jeunes. Le principe de "solidarité intergénérationnelle"
fondé sur la répartition évite de creuser l'écart
entre cadets et personnes âgées. La capitalisation
ne serait qu'un "élément additionnel"‚ au système
de base‚ nuance le syndicaliste italien. Mais son pays‚ pour régler
la question des retraites‚ a dû affronter des particularités
bien connues en France : pour plus d'équité‚
"il faut éliminer tous les régimes spéciaux".
Par le passé‚ par exemple‚ "des salariés devaient
cotiser 35 ans dans le privé contre 19 ans dans le public‚
pour obtenir une pension équivalente. Les retraités
du secteur public gardent un niveau de retraite élevé"‚
continue M.Benetti‚ mais le système de retraite avec départ
à la carte pour les 57–65 ans pourrait faciliter l'harmonisation.
Il contribuera aussi à "retarder l'âge de départ
à la retraite". La nouveauté italienne consiste aussi
à prendre en compte "l'espérance de vie comme l'un
des éléments de calcul des pensions (…). Le montant
des pensions est proportionnel aux contributions versées
mais celles–ci sont rapportées à l'espérance
de vie"‚ explique M.Benetti.
Son pays est–il définitivement sorti des difficultés
? "La réforme a d'abord déplacé le problème
financier car elle comporte un coût additionnel pour les entreprises.
Il faudra donc créer de nouveaux amortisseurs sociaux".
L
Liquidation. Liquider sa retraite, c'est faire
valoir ses droits à la retraite. La date de liquidation des
droits détermine le point de départ de la pension..
L'âge de liquidation, ou âge effectif de la retraite,
ne correspond pas forcément à l'âge de cessation
d'activité. Il tend même à s'en éloigner
de plus en plus dans le privé, du fait de l'exclusion des
travailleurs âgés du marché du travail. On estime
que l'écart moyen entre le moment où un salarié
du privé cesse de travailler (57 ans en moyenne) et celui
où il fait valoir ses droits est actuellement de deux ans
et demi.
M
Madelin (contrat). Le contrat "Madelin" permet
aux artisans, commerçants, gérants non salariés
ou majoritaires de SARL ou d'EURL de se constituer un complément
de retraite en allégeant leurs bénéfices professionnels.
Selon, La Croix (28/01/2003), les cotisations sont versées
sur un contrat d'assurance-vie. Les cotisations sont déductibles
du revenu imposable à hauteur de 19% de huit fois le plafond
de la Sécurité sociale. Mais elles englobent les cotisations
obligatoires et facultatives à d'autres régimes ainsi
que celles attachées aux régimes de prévoyance.
Lors de la retraite, les sommes économisées et les
intérêts qui s'y rattachent sont versés sous
forme d'une rente soumise au régime fiscal. des pensions.
Majorations. Les régimes de retraite
accordent à leurs cotisants des avantages, principalement
destinés à compenser les charges de famille. Ainsi,
la plupart d'entre eux (sauf professions libérales) majorent
de 10% la pension des retraités ayant eu ou élevé
trois enfants. Des majorations de durée d'assurance sont
également attribués aux mères de famille, afin
de compenser les interruptions de carrière (deux ans dans
le régime général, pour chaque enfant élevé
pendant neuf ans avant son seizième anniversaire ; un
an dans la fonction publique, à la RATP et à EDF-GDF).
Dans le secteur public, les mères de trois enfants peuvent
demander à liquider leur pension après seulement quinze
ans de service. Cette disposition représente une charge de
plus de 1 milliard d'euros par an pour le seul régime des
fonctionnaires de l'Etat.
Minimum vieillesse. Le minimum vieillesse est
un revenu minimal garanti, sans contrepartie de cotisation, par
le régime général, aux retraités dont
les revenus n'excèdent pas certains seuils. Depuis le 1er
janvier 2003, il est de 577,91 euros par mois. Moins de 900 000
retraités bénéficient du minimum vieillesse.
En 1970, ils étaient plus de 2,2 millions.
O
Organic. La protection des industriels et commerçants
est assurée par l'Organisation autonome nationale de l'industrie
et du commerce (Organic ; 639 000 cotisants pour 938 000
retraités) composée de 30 caisses locales ou professionnelles
et d'une caisse nationale. Elle comprend un régime de base
aligné sur le régime général depuis
1973 ; un régime complémentaire qui demeure facultatif
depuis 1978 ; un régime complémentaire en faveur
des conjoints. A partir du 1er janvier 2004, ce dernier
sera remplacé par un véritable régime complémentaire
obligatoire bénéficiant à tous les commerçants.
P
PEA. Le Plan d'épargne en actions (PEA)
est un produit d'épargne dont la spécificité
est d'autoriser l'achat d'actions en direct, ce qui n'est pas le
cas de l'assurance-vie multi-supports (voir "Assurance-vie"). Il
permet aussi d'investir en Bourse dans des conditions fiscales très
avantageuses : après cinq ans, les revenus et plus-values
sont totalement exonérés d'impôts et de prélèvements
sociaux. Depuis le 1er janvier 2002, ils est ouvert aux
actions européennes et, depuis le 1er janvier
2003, aux OPCVM comprenant des valeurs européennes dans leur
actif. Un avantage qui permet une exonération des plus-values
sur des titres autres que français et une meilleure diversification
géographique du portefeuille (voir aussi "PEP").
Pension. Prestation versée au titre
de l'assurance vieillesse par les régimes de retraite.
PEP. Le Plan d'épargne populaire (PEP)
est un produit d'épargne présentant deux avantages
incontestables. Après huit ans de détention, l'épargne
valorisée peut être récupérée
sous forme de capital ou de rente viagère totalement exonérés
d'impôt (hors prélèvements sociaux de 10%).
Et lorsque le contrat arrive à échéance, il
est possible d'opter pour un transfert auprès d'un assureur
et de bénéficier du traitement successoral de l'assurance-vie
(voir "Assurance-vie"). Handicap face à l'assurance-vie :
il impose un plafond de dépôt (120 000 euros pour
un célibataire et 240 000 euros pour un couple marié).
En revanche, les capitaux issus d'un PEP bancaire sont intégrés
dans la succession et soumis à l'impôt (voir aussi
"PEA").
PIB. Le Produit intérieur brut (PIB)
représente l'ensemble des richesses produites chaque année
par le pays. En 2000, l'ensemble des retraites représentaient
11,6% PIB français. Sur la base d'un maintien de l'indexation
sur les prix, le poids des pensions atteindrait 13,6 à 13,8%
du PIB en 2020, puis 15,7 à 16% en 2040. Si aucune réforme
n'est engagée d'ici là, le déficit global des
systèmes de retraite passerait à environ 1,7% du PIB
en 2020 et à 3,8% en 2040. Même en cas de réforme
où seule une variable d'ajustement (augmentation des cotisations,
allongement de la durée des cotisations ou recul de l'âge
de la retraite) serait retenue, par exemple l'augmentation des prélèvements,
il faudrait relever les cotisations vieillesse de 4 points d'ici
à 2020, puis encore de 5,2 points entre 2020 et 2040. Si
l'instrument retenu était le recul de l'âge moyen de
cessation d'activité - aujourd'hui de 58 ans -, il faudrait
repousser celui-ci de six ans d'ici à 2020, puis encore de
trois ans dans les vingt ans qui suivent.
Plafond. Le plafond de la Sécurité
sociale est fixé depuis le 1er janvier 2003 à
2 432 euros mensuels, soit 29 184 euros par an.
Point. Les régimes complémentaires
fonctionnent par point. L'assuré reçoit, chaque année,
des points en contrepartie de ses cotisations. Le nombre de points
est fixé en divisant le montant de la cotisation versée
par le salaire de référence. La valeur du point peut
être indexée soit sur les prix, soit sur les salaires.
PPESV. A côté des assurances-vie
(voir "Assurance-vie") et Plans d'épargne en actions (voir
"PEA"), existe aujourd'hui le Plan d'épargne entreprise (PEE),
produit d'épargne ouvert à toute structure comptant
au moins un salarié. Une variante du PEE est le Plan partenarial
d'épargne salariale volontaire (PPESV). Le PPESV permet d'épargner
à moyen-long terme dans d'excellentes conditions : tous
les produits dégagés par ce plan (dividendes, intérêts,
plus-values, …) sont exonérés d'impôts si les
sommes investies sont bloquées durant cinq ans. Dirigeants,
professions libérales et commerçant peuvent y participer.
Préfon. Les fonctionnaires ont la possibilité
d'adhérer à un régime complémentaire,
facultatif, géré en capitalisation, contrairement
aux salariés du privé. Le principal est la Caisse
nationale de prévoyance de la fonction publique (Préfon),
créé en 1967, sous forme d'association, par quatre
fédérations syndicales. L'objectif de ce régime
était à l'origine de compenser la non-prise en compte
des primes des fonctionnaires dans le calcul de leur pension. Ce
régime est surtout avantageux pour des fonctionnaires du
haut de l'échelle. Il connaît d'ailleurs un succès
limité. La Préfon compte moins de 200 000 actifs
adhérents et moins de 40 000 pensionnés. Il est
surtout utilisé comme instrument de défiscalisation
des revenus par les fonctionnaires. Un inconvénient de ce
placement est l'obligatoire sortie en rente des investissements
réalisés. L'autre régime par capitalisation
de la fonction publique est le Cref (voir aussi "Cref").
Préretraites. Dispositif permettant
aux salariés de plus de 57 ans et demi d'être indemnisés
jusqu'à leur retraite et d'être dispensés de
recherche d'emploi.. Le salarié doit être âgé
de 57 ans à 64 ans inclus, avoir appartenu à l'entreprise
pendant un an au moins, ne pas être en mesure de bénéficier
d'une pension de vieillesse pour inaptitude au travail. Il percevra
65% du salaire journalier (calculé sur le salaire moyen qu'il
percevait dans les 12 mois précédant sa préretraite),
dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (2432
euros par mois en 2003) et 50% du salaire journalier pour la partie
dépassant ce plafond et allant jusqu'à deux fois ce
plafond.
Utilisées massivement dans les années 1980 comme un
instrument de lutte contre le chômage, les préretraites
sont devenues une des principales mesures de gestion des effectifs
pour les entreprises. Qualifiés de "catastrophe nationale"
par François Fillon et de "gâchis économique
et humain" par Jacques Chirac, les préretraites sont dans
le collimateur du gouvernement Raffarin. Ces dispositifs devraient
être considérablement réduits. Aujourd'hui les
pouvoirs publics s'emploient surtout à recentrer ces dispositifs
sur des salariés qui ont connu des conditions de travail
difficiles ou pénibles au cours de leur carrière,
comme les travailleurs de l'amiante. En 2001, 64 500 personnes
ont accédé à un dispositif de préretraite.
Mais si les préretraités sont en diminution ces dernières
années, les chômeurs indemnisés de plus de 55
ans sont en revanche plus nombreux.
R
RATP. Voir "Secteur public".
Régime de base. Pour les salariés
du régime général, le régime de base
est celui que gère la Caisse nationale d'assurance vieillesse
(Cnav). Les artisans relèvent de la Cancava, les commerçants
de l'Organic et les salariés agricoles de la MSA. Ces trois
régimes sont dits "alignés" parce qu'ils appliquent
des règles alignées sur le régime de base du
régime général.
Régime complémentaire. Régime
de retraite venant en complément du régime de base,
notamment pour les salariés du privé (Agirc et Arrco)
ou pour les non-salariés (Ircantec).
Régimes spéciaux. A côté
du régime général de retraite (voir "Cnav")
qui concerne les salariés du secteur privé, il existe
un grand nombre de régimes spéciaux, créés
antérieurement par les travailleurs ou employeurs de certaines
professions. On peut, aujourd'hui, les distinguer en trois groupes :
les régimes spéciaux de retraite des fonctionnaires
(fonctionnaires, agents des collectivités locales,...), les
régimes spéciaux des autres salariés du secteur
public (EDF-GDF, SNCF, RATP, Banque de France) et les régimes
spéciaux de salariés de droit privé (mineurs,
clercs de notaire, marins). La plupart de ces systèmes vont
être confrontés à une importante dégradation
de leur situation démographique. C'est déjà
le cas de celui de la SNCF, dont près des deux tiers des
ressources sont d'origine externe (transferts, taxes et subventions).
Souvent, même, les employeurs ne versent pas de cotisation
identifiée mais une "subvention d'équilibre". C'est
le cas de l'Etat et c'est pourquoi ce régime n'est pas géré
par une "caisse" de retraite. Souvent proches de celui de la fonction
publique, les régimes spéciaux ne sont pas complétés,
comme dans le privé, par des régimes complémentaires
obligatoires. Ils versent un peu moins de 30% du montant total des
pensions.
Régime surcomplémentaire. Régime
s'ajoutant à la retraite de base et à la retraite
complémentaire.
Répartition (retraite par). La retraite
par répartition est le système en vigueur en France.
Il se fonde sur un "contrat" entre les générations :
les actifs payent les pensions des retraités d'aujourd'hui
et les actifs de demain financeront les retraites des actifs d'aujourd'hui
(voir aussi "Capitalisation"). L'avantage de la répartition
est de mettre les retraités à l'abri des aléas
financiers, ce qui ne serait pas le cas si les droits à pension
dépendaient de l'évolution des marchés financiers
et de leur volatilité. Mais cette technique est dépendante
de la démographie (voir "Démographie"), notamment
du rapport entre le nombre de cotisants et le nombrer de retraités.
En 2000, le total des cotisations aux principaux régimes
de retraite représentait, plus de 125 milliards d'euros.
Réversion (pension de). Alors qu'une
personne ayant cotisé à un régime de retraite
perçoit une pension de droit direct, une veuve – ou un veuf
– peut recevoir une partie de la pension de son conjoint décédé.
C'est la "pension de réversion".
S
Secteur public (salariés du). Les salariés
couverts par les régimes spéciaux (EDF-GDF, SNCF,
RATP, mines, marine, clercs de notaire, Banque de France, …) ne
pourront pas échapper à une réforme. Plusieurs
des régimes qui les concernent (comme celui des cheminots,
celui des marins, …) connaissent déjà un déficit
de cotisants par rapport aux retraités. Il ne subsistent
que grâce au mécanisme de compensation entre régimes
(voir "Compensation"). La question de l'égalité de
traitement entre les salariés est aujourd'hui clairement
posée par le gouvernement Raffarin, certains de ces régimes
disposant d'avantages particuliers.
SNCF. Voir "Secteur public".
Suède. Les dépenses suédoises
pour les retraites vont doubler d'ici 50 ans. Elles passeront de
9% du PIB en 2000 à 17‚7% d'ici à 2050. La réforme
des retraites a été précoce. Derniers à
être touchés par le papy boom‚ les Suédois ont
commencé leur processus de réforme en créant
une commission parlementaire ad hoc dès 1984".
"C'est la première fois qu'une réforme a été
préparée par tous les partis politiques. La crise
des années 90 qui a accéléré la prise
de conscience du problème"‚ précise Laurent Vernière.
La réforme a permis de faire table rase de l'ancien régime
de base qui était inégalitaire. Le régime des
retraites‚ qui était "un régime de base universel
forfaitaire"‚ favorisait les "cols blancs" et les cadres au détriment
des ouvriers. Il était donc difficilement "pilotable" à
long terme"‚ souligne Laurent Vernière. Un système
plus équitable lui a donc été substitué
qui comporte une base de retraite par répartition et un complément
de capitalisation–épargne retraite.
Ce complément est individuel mais il a un caractère
obligatoire. Les prestations du système par capitalisation
constituent à peine un huitième du total des prestations
dédiées. Mais la grande innovation réside dans
l'individualisation des parcours professionnels. Une agence publique
gère les comptes individuels de salariés. Cette agence
a‚ entre autres‚ pour "rôle d'assurer les personnes en transformant
le capital accumulé en rente (…). Comme l'épargne
et les droits sont acquis individuellement‚ explique M. Vernière‚
le capital est transférable d'une entreprise à une
autre et ne dépend pas de la branche professionnelle où
le salarié travaille."
Par ailleurs‚ "la réforme a instauré un système
de bonus progressif en supprimant l'âge obligatoire de départ
à la retraite"‚ que gère l'agence. L'âge minimal
de départ à la retraite est de 61 ans‚ l'âge
maximal‚ de 67 ans‚ cette limite ayant été négociée
par les partenaires sociaux"‚ explique Laurent Vernière.
Et‚ contrairement au couperet français des 37‚5 années
(fonction publique) ou 40 années (privé)‚ chacune
des années travaillées au delà de l'âge
minimal prévu pour le départ à la retraite
améliorent de façon significative la situation du
salarié.
T
Taux d'activité. Le taux d'activité
représente la proportion d'actifs occupés dans l'ensemble
de la population en âge de travailler. Phénomène
commun à la plupart des pays européens, le vieillissement
de la population et la baisse des taux d'activité sont responsables
de la diminution du nombre de cotisants et de charges supplémentaires
pour les régimes de retraite. En France, la chute du taux
d'activité s'accentue à partir de 55 ans : seuls
37% des 55-64 ans sont encore en activité ou en recherche
d'emploi (34% des 55-64 ans ont un emploi). Lors du sommet de Stockholm,
en mars 2001, les Etats membres se sont fixé pour objectif
de faire passer le taux d'emploi des 55-64 ans à 50% en 2010.
Taux de cotisation. Les taux de cotisation
diffèrent en fonction des régimes. Dans le régime
de base du privé, le salarié acquitte 6,55% et l'employeur
8,2% dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
L'employeur cotise, également, à hauteur de 1,6% sur
la totalité du salaire. S'ajoutent à cela les cotisations
de retraites complémentaires. Dans la fonction publique,
le taux de cotisation, précompté sur le seul traitement
(hors primes), est de 7,85%. L'Etat assure le service des pensions
sans verser de cotisation spécifique. Il coûtera cette
année 28 milliards d'euros.
Taux de remplacement. Le taux de remplacement
est le rapport entre le montant de la pension liquidée et
le dernier revenu d'activité. Il s'agit d'une notion clé
pour évaluer le niveau de sa retraite et comparer les régimes
entre eux. Net de cotisations, le taux de remplacement est en moyenne
de 84% dans le privé, contre seulement 77% dans le régime
de la fonction publique civile d'Etat. Mais cet écart s'explique
par un effet de structure : les bas salaires de fin de carrière
- mieux couverts par la retraite -, sont plus fréquents dans
le privé que dans le public. En raison de la réforme
de 1993 (voir "Balladur"), le taux de remplacement moyen du privé
est appelé à se dégrader sensiblement. En 2040,
il ne serait, en moyenne, plus que de 58% pour un cadre et de 67%
pour un non-cadre. Actuellement, à salaire identique, les
régimes garantissent des niveaux de pension comparables.
Taux plein (retraite à). Taux de liquidation
de référence s'appliquant au salaire de référence
pour calculer le montant de la pension. Si la personne qui liquide
sa retraite ne remplit pas les conditions d'âge ou de durée
de cotisation, la pension peut donner lieu à un abattement
ou à une décote.
Thomas (loi). Loi instituant les fonds de pension,
adoptée le 20 février 1997. Cette loi a été
proposée par Jean-Pierre Thomas, associé-gérant
de la banque Lazard Frères. Votée par l'Assemblée
Nationale et le Sénat après un long débat,
les décrets ont été pris mais jamais publiés.
Quatre ans plus tard (fin 2001) le gouvernement Jospin abroge cette
loi.
Trimestre. Le nombre de trimestres nécessaires
pour partir en retraite, entre 60 et 65 ans, avec une pension de
la Sécurité sociale au taux maximal est normalement
de 160, soit 40 ans, de cotisation, pour le privé. Certaines
périodes non travaillées donnent droit à des
trimestres supplémentaires : service militaire, maladies,
maternités, chômage. Il en est de même pour les
pères ou mères de famille dans certaines conditions
(bénéficiaire d'une allocation-jeune enfant…), pour
les personnes en congé parental, les personnes de plus de
65 ans. Les syndicats revendiquent pour les jeunes l'incorporation
de leurs années de formation universitaire dans le compte
des trimestres.

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